population

Inégalités

Page sombre

(Récit en cours d’écriture)

     Les failles de la société américaine, mal colmatées ou camouflées par les classes dominantes, apparaissaient sous une lumière crue et cruelle… Les Etats-Unis étaient le plus inégalitaire des pays riches, mais riches, tous les Américains du Nord étaient loin de l’être! Moins de dix pour cent des actifs y accaparaient plus de la moitié des revenus. Les inégalités avaient explosé au point de menacer la cohésion du pays car la population hispanique et surtout noire en subissait les plus lourds effets, et les grandes luttes raciales du vingtième siècle avaient été réactivées une trentaine d’années auparavant…

    Le piano de Louis 

     2064

Une ville morte

(Récit en cours d’écriture)

     C’était l’attentat nucléaire le plus terrible qui ait jamais eu lieu sur un territoire urbain depuis le premier en date à Versailles en 2020. Les Autorités assuraient que les personnes irradiées avaient pu être prises en charge dans les hôpitaux de la région. Le reste de la population avait été évacué dans l’urgence. Boston, en l’espace de quelques heures, était devenue une ville morte.

     Le piano de Louis 

     2064

 

L’aveu

Page sombre

(Récit en cours d’écriture)

     Manifestement, la puissance étatique dont semblait se réclamer Martin connaissait un degré de développement scientifique et technologique très avancé. En attestaient les objets informatiques miniaturisés trouvés en sa possession. Les meilleures équipes d’ingénieurs américains et européens avaient uni leurs efforts pour en percer les secrets sans réussir toutefois à entrer dans le système principal qui les commandait à distance, au point de craindre l’intrusion d’un cheval de Troie dans nos propres systèmes. Pris de panique, les généraux de l’OTAN avaient exigé leur destruction. Des fuites d’information relayées par la presse et démultipliées par les réseaux sociaux étaient à l’origine de la montée soudaine de l’intérêt des populations du monde entier pour l’espion arrêté par les Français. Une espèce de psychose paranoïaque s’était alors emparée des politiques et la pression sur Jean-François était devenue extrême. Il était le fusible idéal à faire sauter en cas de problème, mais la question n’était pas là. Le FBI trépignait d’impatience et la France ne voulait pas que ses services de contre-espionnage puissent être taxés d’incompétence. Il fallait que Martin se lâche, qu’il raconte par le menu tout ce que nous désirions savoir, à n’importe quel prix… J’avais été l’instrument de la méthode douce utilisée jusqu’alors par Jean-François, jusqu’où irait-il pour obtenir des aveux?…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

En Marche arrière toute!

     Dans ses meetings, Emmanuel Macron lançait des « Je vous aime (comprendre EM) » à la volée, que son auditoire souvent jeune, diplômé et branché, lui renvoyait en miroir dans le champ clos de l’entre-soi. Emmanuel Macron et son public se regardaient les yeux dans les yeux avec une profonde admiration mutuelle et un certain dédain allant de soi pour tous ceux qui ne faisaient pas partie de leur monde. Les fans d’Emmanuel Macron étaient jeunes, beaux, en bonne santé, entreprenants et conquérants, à l’aise en toutes situations, seulement frustrés de ne pas pouvoir encore plus, désireux de repousser les limites, d’élargir jusqu’à plus soif le champ de leur réussite. Il fallait donc « libérer les énergies », vieille lune néo-libérale du siècle dernier, reprise sous de faux airs de modernité par le jeune leader charismatique du mouvement En marche, « En marche arrière toute! » ironisaient ses détracteurs de gauche. Son électorat potentiel ne se sentait pas concerné par le chômage et la précarité, le montant du salaire minimum, la pénibilité au travail, l’âge de départ à la retraite et le niveau des pensions, les conditions de remboursement des frais médicaux par la Sécurité Sociale, les allocations logement, le RSA… Pour cette partie de la population qui gagnait bien sa vie, le smic était bien trop élevé et le prix du travail des autres était un coût, les cotisations sociales une charge, les prestations sociales un poids ou un boulet, la solidarité avec les plus faibles un frein à l’expansion économique… Libérer les énergies consistait donc à rendre les pauvres encore plus pauvres en diminuant le prix du travail sous prétexte de compétitivité, et en stigmatisant les chômeurs coupables de ne pas trouver de travail dans un monde qui licenciait et supprimait des emplois sans discontinuer depuis des décennies… Emmanuel Macron ne remettait rien en cause et pourtant, il avait écrit un livre qui s’appelait « Révolution ». Le novlangue fonctionnait à plein. Il fallait selon lui changer les hommes et les idées, mais, en guise de révolution, il ne proposait que la nouveauté de sa propre personne dans le microcosme politique, et la vacuité de son absence de vision sur le nouveau monde qu’il fallait bâtir de toute urgence pour enrayer les catastrophes environnementales et sociales en cours… Son omniprésence médiatique et le phénomène de matraquage publicitaire qui en résultait faisait pourtant croître de jour en jour son aura d’homme providentiel, soigneusement entretenue par les journalistes politiques alignés comme un seul homme sur les positions de la pensée économique dominante…

      * Ce texte est rédigé au passé car il sera inséré dans le cours d’un récit écrit depuis l’avenir avec le point de vue d’une narratrice en train de vivre les derniers jours de l’Humanité et qui cherche, a posteriori, à comprendre pourquoi et comment on a pu en arriver là, en essayant de mettre en évidence les forces à l’œuvre dans le faisceau d’événements, de mouvements profonds et de décisions malencontreuses qui ont conduit à la plus grande crise écologique et sociale que l’Humanité ait jamais connue.

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

Sidération

     La population était sidérée. Tout ce qui concernait le nucléaire avait été enfoui dans l’inconscient collectif. Cet attentat qui se situait pourtant dans une certaine logique des choses et qui n’avait rien d’absolument imprévisible prenait tout le monde de court. Dans le cadre du plan Orsec, rien n’avait été prévu dans un tel cas de figure à Versailles!… Les premières réactions des pouvoirs publics furent lentes, trop lentes. Le cafouillage des premières heures détruisit le peu de confiance qui existait encore envers le gouvernement. On décida de distribuer aux gens des pastilles d’iode mais il n’y en avait pas sur place. Chaque mesure prise l’était avec un temps de retard et l’angoisse de la population exposée grandissait. Ainsi du confinement dans les maisons ou appartements, puis de l’évacuation d’une zone de trois kilomètres (pourquoi trois plutôt que deux ou quatre ou cinq?…) autour du château! Les habitants étant d’origine sociale plus privilégiée que dans d’autres secteurs de la région parisienne, une armée d’avocats se leva très vite pour dénoncer les carences de l’État et le déclarer à l’avance responsable des maladies qui seraient déclenchées par l’exposition à la radioactivité, ainsi que des pertes financières que ne manqueraient pas de subir les propriétaires de biens immobiliers, définitivement vidés de leurs occupants ou délaissés et dépréciés parce que trop proches de la zone évacuée…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

Touchées dans leur propre chair

     Martin n’était pas un islamiste et ne ressemblait pas à Al Capone. Nous nagions en pleine confusion. L’ « affaire Martin » venait troubler le cours habituel des enquêtes menées systématiquement dans les milieux suspects depuis les attentats spectaculaires du 11 septembre, il  y avait presque cinquante ans. Les islamistes, qui avaient réussi à porter sur le sol américain la guerre qu’ils avaient déclarée à l’Occident, n’avaient eu de cesse ensuite de la porter aussi sur le sol de chaque pays européen. Les populations les plus riches de la planète, qui vivaient paisiblement à l’abri des conflits qui affectaient le reste du monde, furent touchées dans leur propre chair et, face à la montée en puissance du djihad, les démocraties organisèrent une riposte de plus en plus dure, tombant ainsi  dans le piège tendu par l’Organisation de l’état islamique qui désirait cette escalade. Entraînée dans la spirale nihiliste, la France reniait petit à petit ses valeurs sans tarir à la source la rébellion interne qui s’emparait de certains jeunes prêts à mourir en kamikazes… Car le terrorisme n’était pas seulement exporté, il se nourrissait aussi de la dérive de jeunes Français qui ne trouvaient pas leur place au sein de la République, et il ne s’agissait pas seulement de jeunes issus de l’immigration mais aussi de Français dits de souche (?!), qui trouvaient dans le djihadisme ce qu’il faut bien appeler une raison d’être qui les conduisait paradoxalement à mourir pour tuer. Si beaucoup vivaient dans la précarité, tous n’étaient pas pauvres, et les explications sociologiques ne rendaient pas compte de la totalité du phénomène.

     Drôle d’Histoire

     2055

Etat d’urgence

   

(fiction en cours d’écriture)

     Les démocraties cédaient aux sirènes de la peur, que des dirigeants incompétents ou peu scrupuleux entretenaient au sein de la population pour se maintenir au pouvoir ou y accéder. Guantanamo, la prison construite spécialement pour les auteurs de l’attentat du 11 septembre 2001, que le président Barack Obama avait pourtant promis de fermer, avait été non seulement maintenue mais agrandie vingt ans plus tard au moment des premiers attentats terroristes nucléaires. Les régimes d’exception s’étaient multipliés, généralisés, renforcés partout en Occident. En France, ce sont les attentats du 13 novembre 2015  commis à Paris et en Seine-Saint-Denis quelques mois seulement après ceux du 7 janvier contre un magasin juif et  le journal satirique Charlie Hebdo, qui avaient accentué le virage vers un état d’urgence permanent, deux mots normalement incompatibles mais réunis dans des formules martiales destinées à rassurer le commun des mortels et à justifier des pratiques douteuses qui escamotaient le pouvoir judiciaire. Les démocraties se reniaient sans soulever de grande protestation tant les peurs latentes étaient grandes malgré les fanfaronnades des uns ou des autres appelant à la résistance. Contre qui? Contre quoi? Poser la question paraissait incongru, pire, suspect aux yeux de beaucoup, puisque l’ennemi leur paraissait évident; il s’agissait de barbares, d’hommes et de femmes qui n’appartenaient plus à l’Humanité et qui ne méritaient plus qu’on les traite comme des humains. Il fallait s’en protéger à tout prix, à n’importe quel prix…

     Drôle d’Histoire

     2064

Repérage

Lui qui était si économe de mots, dans cette lettre étonnamment prolixe du mois d’octobre, il s’était laissé aller à lui décrire les splendeurs du Tiergarten qui flamboyait à cette époque sous les feux de l’automne. Il disait s’y promener fréquemment le jour et s’amuser la nuit du clinquant colossal de l’avenue du « Ku’damm », qui hypnotisait la multitude des flâneurs par les néons démesurés de ses enseignes lumineuses qui paraissaient les happer comme de malheureux papillons. La vitrine du monde libre étalait ses trésors de pacotille et dressait son propre mur de verroterie pour camoufler ses tares. Il disait aussi avoir un copain militaire qui avait le privilège de se rendre souvent à l’Est. Malgré l’interdiction de communiquer avec la population, celui-ci en rapportait des impressions, des anecdotes, et qui sait, mais là, elle s’était rendu compte qu’elle s’était mise à délirer, des contacts pour Stéphane… Cette lettre du mois d’octobre avait été envoyée de l’aéroport de Tempelhof. Toutes les autres, même les cartes postales, l’avaient été de l’arrondissement du Wedding, à proximité, semblait-il, du quartier Napoléon où résidaient les militaires français.

L’avenir improbable