monde à l’envers

La jeune fille et la mort : In memoriam

De braises et d'ombre...

Si, comme on veut le lire en raccourci dans une sourate du Coran, tuer un homme c’est tuer l’humanité tout entière, alors, tuer un enfant, crime ultime, ne serait-ce pas, de surcroît, aller jusqu’à vouloir priver cette humanité de la possibilité même de sa renaissance ?

Nice - Promenade des Anglais (vers 1970) Nice – Promenade des Anglais (vers 1965)

Puisse ce lied de Schubert, interprété dans l’intimité de leur salon, par deux des plus merveilleux artistes lyriques du XXème siècle, à l’automne de leurs vies, m’aider à exprimer toute ma compassion envers les habitants d’une ville, Nice, qui abrite à chaque coin de ses rues un de mes souvenirs d’enfance, d’adolescence, de jeunesse ou de maturité. Il n’est pas rare, encore aujourd’hui, à chacune de mes visites, que d’une fenêtre ou d’une autre un ami me salue…

Que ce chant sensible nous aide à ne pas attendre les dernières lucidités de la vieillesse pour…

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Sans toi

Lueur zébrure nuit encre

heure bleue horizon fermeture rien
que le ciel    rien
que la nuit    rien
à l’horizon    il me souvient tant
dans un jardin parfumé de jasmin

jadis

à l’heure tendre du crépuscule tendu de rose                                                                                                                                               le rossignol chantait                                                                et ton cœur battait contre le mien

ce temps n’est plus     il me souvient tant     pourquoi s’en est-il allé     ses ailes noires t’ont emporté     dans la nuit obscure je veux aller      pour te rejoindre et recommencer

jadis est une pierre précieuse         dans la nuit noire de la mémoire en deuil     de mille feux elle brille

jet d’eau de paroles et de larmes    qui disent et pleurent      l’absence                   faisceau de soupirs qui s’écoulent en silence     sur le seuil de la maison        vide           poignée de        pétales    éparpillés sur les marches

il me souvient tant      tant et tant de souvenirs          disparaissent et s’éteignent                                les bouquets de souvenirs    ont la beauté    d’un feu      d’artifice

Quelques pensées au sujet d’être Paris…

sillage

Je suis Paris, tout comme j’ai été Beyrouth, et Metrojet, et … tant d’autres : le Yemen, tous les jours depuis des semaines et des mois …

Je fouille ma mémoire … je récite intérieurement une liste de drames qui s’allonge, dans le temps, et dans l’espace …

La frustration, la colère, toute la gamme des émotions, au cours de cette soirée du 13 novembre, et à chaque fois que cela se produit …

Je me souviens …


Montréal. Aéroport de Dorval. Septembre 1971.

Comme tous les autres passagers, je m’installe dans mon siège, prêt pour le départ. J’ai 23 ans. C’est ma première envolée outremer vers l’Europe, sur un vol de la BOAC. Le temps passe. Les préposés à bord se retirent. On attend toujours. Puis une voix nous annonce que le départ sera retardé. De plus, on nous demande de sortir calmement de l’avion, rangée par…

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Cimetière militaire

La der des der…

Les Cosaques des Frontières

Cimetière

Le chant les cors l’écorce les corps

le champ le camp les troupes les troupeaux

les mines les champs de mines les visages

les coups l’effroi les tirs les rafales les râles

les larmes les armes blanches les mitraillettes noires

les bombes les tombes les morts les os

le vent le chant les cris les crimes

les chrysanthèmes le souvenir l’oubli

le sel de la terre

le poison des âmes

la toison d’or des braves

l’autel des pauvres diables (pire que des bêtes!…)

nous étions innocents nous n’étions pas des criminels

en joue on joue tu fais le mort je fais semblant

nous étions des enfants nous ne voulions pas faire la guerre

nous étions des humains nous n’étions pourtant pas des bêtes

nous avions un visage un nom un cœur

des parents des frères des sœurs

des amours un amour

nous étions tous un peu candides un peu poètes

croix de bois…

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Ne plus…

Oublier… aimer
le souffle de ce peu de brume
au petit matin
quand l’aube du monde paraît possible
et que la rosée pleure
ses pétales fanés

oublier… supplier
les tambours de la peur
pendant la tempête de la nuit
quand tous les sens du monde se brisent
et que le temple s’écroule
en écrasant les coeurs

oublier… désirer
la douceur du jour au midi de la vie
quand le ciel est pur et que la beauté du monde
semble rendre le mal irréel
comme un mauvais rêve
abolir… oublier

L’étranger

Brume
l’esprit les yeux
brume
lourd matelas d’impuissance
mur mou de mots impossibles à dire
cris étouffés de rage inutile
coeurs lacérés devant les barbelés
poings fermés
nom de Zeus
dans l’épaisse viscosité de l’air ambiant
faire éclater l’orage
souhaiter la colère et la justice divines

Psychose.7

Trois quatre

grues sur une aire de terre

les pieds en l’air une brouette trois

plumes s’ébrouent

une madame Plume à son balcon secoue ses édredons

les hommes

sont au boulot
les marmots à l’école

les femmes

neurasthéniques   fumeuses
elle c’est

Sylvie   elle c’est Viviane   et elle

Fantasme

ou la cousine Bette
au Centre culturel
quand elle était elle
Fantasme a lu

Quasimodo

l’étendard s’est levé il est noir un jour

on en a planté un sur la tête à quelqu’un

quand

les blocs caserneux résonnent

et que les songe-creux divaguent

sur l’uniformité sans vagues

des murs vides
qui bétonnent

Psychose.6

Elle voulut ouvrir ce soir-là

une boîte de conserve vide

car elle n’avait pas de réchaud

mais elle n’avait pas d’ouvre-boîte

elle trouva finalement sa pitance au hasard d’un ruisseau

contre un caniveau

Psychose.4

Il neige
le halo de la lune
déverse sur les joues de Pierrot à sa fenêtre
une pluie de larmes blanches

pas un souffle
pas un baiser
pas un sourire

le vent se glace
les flocons se figent
les lampes se gélifient

il est glacé
ils sont figés
elles éclairent

l’Absence          et Pierrot pleure?

non Pierrot se marre non Pierrot se tait
Pierrot s’écrase
Pierrot se minéralise
fluide onctueux lourd se colle
à la nuit colloïdale

se fixe s’épaissit se pétrifie

tremble
sans frémir grelotte
sans trembler
inerte
blafard

immense       dérisoire
panthéiste
boulette
tête d’épingle
lourde
pesante
écrasante        obsédante
impalpable

se secoue       coule

frissonne        se cogne

souffle             souffre

halète        suffoque

chute     chut

tombe

meurt

Psychose.3

J’entends mon trou       mon coeur

qui se creuse
dans cette gélatine où je m’enfonce
ponctualité des coups

coups de gong
ou coups de pioche
intervalles invariables
silence lourd de sens ou silence de
non-sens
de deux choses l’une

Psychose

Derrière ma vitre   je n’entends

rien       j’emploie des mots

à blanc

l’univers concret

s’est vaporisé       je ne vois pas

ce qu’on me dit

je n’ai plus de choses

prête-moi ta plume       je n’ suis plus personne

Meilleur des mondes

La rumeur martèle tous les mots

il n’est plus permis de penser haut

dans le siècle ambiant la voix se perd

les médias ont tout dit

ils ont relégué le médium à la porte du rationnel

rassasiés de néant et couronnés par la logique de l’absurde

les hommes rois fléchissent

sous le faix de leur conscience

hypertrophiée

et les morts n’ont plus qu’à se taire

ils ont voulu fermer les portes aux voyants du mystère

on n’entend plus à longueur de vie que les béatitudes des spots publicitaires

ont fini de crier entre les murs de notre     corps

les molécules de l’infiniment grand ou petit

et ne suinte plus

à la surface de notre    peau

à force de calmants

l’angoisse d’être nu

ils nous ont habillés de verroterie luisante

et nous admirons notre reflet fétiche

en rendant le présent éternel

l’homo sapiens a perdu la mémoire

de son avenir

son regard vers les étoiles

est quelquefois davantage

que celui d’un astronome studieux

Naufrages

en   bê

tes   de somme enfour

chant la tumeur des trou

peaux grossissant la crou

pe des cargos tremblant

de tous leurs membres

des lueurs déplorent

à grosses larmes les épaves

font couler la mort

écou

te   goutte à gout

te   les plain

tes   qui débordent

du désespoir de

ceux qui ne sont rien

 

 

 

La lutte antiterroriste: changer d’orientation et renforcer les échanges diplomatiques, la négociation et la paix:

À rebours du politiquement correct, mais néanmoins intéressant…

histoireetsociete

Il y a quelque chose de fou dans l’idée actuellement dominante celle de prétendre encadrer la lutte antiterroriste par la seule répression. Vu la nécessité de la surveillance d’une croissance exponentielle des suspects un puits sans fond- la logique du système étant effectivement une croissance que la paranoïa, le non traitement des inégalités ne peuvent qu’agmenter, si en effet on admet que la relégation, le chômage de masse et le traitement par la police en ennemi intérieur ne cesseront de fournir des clients. Effet difficilement contrôlable surtout s’il s’accompagne au plan international de la poursuite de l’entente avec les meilleurs producteurs des filières djihadistes au plan international, à savoir nos alliés saoudiens et autres qataris flanqués de leurs alliés en pétrodollars, les USA.

Donc bien sûr, il faut prendre des mesures au plan intérieur pour résorber non seulement les ghettos de misère et de discrimination, mais assécher le flot au plan…

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Désagrégation

Vertige

des sensations désenchantées

des impressions-désillusions

qui mirent leurs vestiges

dans l’eau froide d’un regard

devenu soudainement étranger

et juge

question de jauge, de poids et de mesures

descente et désolation

sous le poids de ce regard qui fouille

la conscience démystifiée

décomposée

c’est l’écroulement d’un empire, l’éboulement du rêve, la dérision du rire

ma personne éclatée tremble et cherche en se mourant

des yeux soleil

 

Porte de Vincennes, un salarié de l’épicerie a caché les otages

histoireetsociete

un jour j’écoutais un débat sur la Palestine, il y avait deux camps qui s’affrontaient… Tout à coup je me suis rendue compte qu’ils étaient tous juifs, les « pour » et les « contre », j’éprouve un peu la même impression depuis le début de cette affaire de terroristes… Il y a les trois tueurs complètement fanatisés, leurs épouses qui ont l’air pas mal dans le genre, mais il y a aussi les victimes, d’abord un policier du nom d’Ahmed abattu de sang froid, puis une policière martiniquaise, victime d’une autre à la peau aussi brune qu’elle, puis le correcteur un Algérien amoureux de la culture française, Wolinski qui est juif et qui s’en fout royalement… Puis comme nous sommes un vendredi, jour de prière pour les juifs comme les musulmans, le tueur de la policière atterrit dans un magasin casher et descend quelques clients, d’autres sont sauvés par cet employé malien, musulman…

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] 7 & 8 … janvier 2015 – chantage permanent

TEMPS CONTRAIRES

Je suis Charlie - Dessin de KAP أنا تشارلي

—————————————————–« (…) ? »   Arthur Koestler, Le Zéro et l’Infini

Abjection – Abattement, nausée, tristesse, inquiétude, incertitude, impatience. Des mots… l’existence vidée d’être, crevée. Envie de se la boucler sans pouvoir s’empêcher de l’ouvrir, des phrases d’un coup forcément bancales, sans point d’appui, en boucles inachevées et pleines de nœuds, stupeur, la pensée qui vrille, qui plisse les yeux, anomie, discerner, perdue dans des fragments d’arrière-plan (l’Ukraine, la terreur, les clandestins sur les mers et les camps, la guerre numérique, les pays arabes, la Grèce, l’Allemagne, l’Espagne, l’Europe, les élections, les robots) … tout passe, et sommes en plein dedans, bien inutiles  // « Tous Charlie », très louable échos à, et on a vu comment, « nous sommes tous américains » … glossolalie, logo, slogan, garde-fou (à d’autres slogans qui marinent dans les antichambres) espoir de donner corps à son indignation, se rassembler, main dans la main, Charlie Rajoy, Charlie Samaras, Charlie Cameron, Charlie…

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Attentat contre Charlie Hebdo – Elan de solidarité dans le monde

On n'est pas des moutons

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L’attaque qui a décimé mercredi 7 janvier la rédaction de l’hebomadaire satirique français Charlie Hebdo a soulevé une vague d’indignation internationale. Mercredi soir, en France mais aussi dans plusieurs pays du monde, des rassemblements ont eu lieu en signe de solidarité, derrière le slogan  « Je suis Charlie ».

Dans plusieurs villes de l’Hexagone, 100 000 personnes se sont rassemblées pour rendre hommage aux victimes de l’attentat, mercredi soir.

A Paris, la place de la République était noire de monde. Un rassemblement spontané, organisé sur les réseaux sociaux, auxquels ont participé de nombreux Parisiens, lecteurs ou non de Charlie Hebdo. « Ensemble, unis pour la démocratie », scandent les manifestants. Ils ont posé sur le sol quelques bougies et une vieille édition de Charlie Hebdo.

François et ses amis sont arrivés sur la place de la République à Paris, dès la fin de l’après-midi. Sur le front, ils portent une simple…

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Monde à l’envers

A-sociale? Sans doute, mais ce n’est pas ma faute, c’est la vôtre, oui, la vôtre, vous les médisants, les malveillants, les mal-intentionnés, vous bien sûrs de vous, bien installés, bien emballés, bien tamponnés, conformes et bien sous tous rapports, bien adaptés, bons pour le service, lisses, coulissants, huilés, brillants, luisants, lustrés, bien nourris, bien habillés, bien préparés, préfabriqués et travaillés, bonne pâte, croustillante, bonne à manger, au café du commerce, vous parlez pour ne rien dire, balivernes à avaler, conversations mondaines, people, traits d’esprit, flèches empoisonnées, promotions, la carotte et le bâton, considération, sidération, le premier venu, si… Si seulement? A votre bon cœur? Non, vous êtes trop… Au top du top, performants, gras et puissants, pourvus, rassasiés, méprisants, contempteurs, faibles avec les forts et durs avec les faibles, lâches, menteurs, profiteurs, imposteurs, indignes de vos places, le monde marche à l’envers, vous êtes nuls, au propre comme au figuré, dégagez, du balai, mais vous vous accrochez, à vos jouets, à vos hochets, vous avez le pouvoir et nous, nous sommes les a-sociaux, ce n’est pas notre faute, c’est la vôtre, oui, la vôtre, vous les bien-nés, vous qui avez de bonnes dents, une bonne élocution et une bonne déglutition, ne vous méprenez pas, nous ne vous envions pas, nous vous plaignons, tellement…