Fragments de jours

 

(Mai 2006/Mai 2007)

 

***

(Suite)

18/05/2017

Passagère obligée

Un roulis dans l’oreille gauche; les yeux se ferment sur une fatigue hypnotique; l’œil droit s’enquiert parfois du paysage; les bribes d’information saisies renseignent sur l’avancement du parcours…

Le conducteur me transporte comme un ballot de paille; lui donner une forme reviendrait à faire de moi un épouvantail…

J’aimerais n’épouvanter que les corbeaux et attirer les mésanges… pour regarder leurs acrobaties sur la carotte qui me servirait de nez et à elles de perchoir !

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16/05/2017

Au volant, en passant

La vitesse
ouvre l’espace

la route invente
un cinéma monotone
au décor immuable

seul le ciel change
et les saisons

aujourd’hui, le paysage est vert et jaune
autour de quelques éoliennes blanches
qui jalonnent le trajet

le soleil se couche en beauté
comme j’aimerais le faire
le soir de mon dernier souffle

la lumière est plus belle que le jour
avant la nuit
plus tendres sont les amours
au crépuscule

un parfum se répand
de fleurs caressées par le vent
dans l’habitacle de la voiture

l’air est léger
de chaque côté de la route
on dirait que les arbres ont envie de danser

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15/01/2017

Inexplicable

     La joie quand même, la joie toujours, une joie triste, une joie qui ne sait pas qu’elle sait ou qui sait qu’elle ne sait pas, une joie têtue, une joie douce, une joie qui aime aimer, une joie enracinée, une joie plus difficile à  arracher que les ronces, une joie fragile, une joie qui pleure, une joie qui doute, une joie qui regrette, une joie qui pense que le monde est mal fait, une joie qui voudrait se cacher, une joie qui est, une joie qui voudrait demeurer, une joie moins absurde que le mal, une joie qui soustrait du mal au mal, une joie vitale, une joie primordiale, une joie essentielle, une joie qui chante, une joie qui enchante, une joie magicienne, une joie qui change tout…

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30/11/2015

Silence

     Silence, rien que le silence… Silence des couleurs, paysage monochrome et gris de l’âme… Gris pâle et presque doux. Douceur du silence accepté et habité. Aujourd’hui, il ne s’est rien passé. Se peut-il qu’il ne se passe rien? Rien, presque rien n’a traversé mon espace mental. Je ne me suis pas barricadée, je ne me suis pas retranchée. Je me suis laissé vivre au gré de mon souffle fatigué. Silence un peu saccadé. Gris légèrement scintillant.

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13/11/2015

Vendredi noir

     L’année se terminera donc en France comme elle avait commencé le 7 janvier, dans les larmes et le deuil, dans la sidération provoquée par l’assassinat délibéré de victimes innocentes qui ignoraient tout de leur destin quand elles s’étaient attablées à la terrasse des cafés ce vendredi soir-là, au début d’un week-end comme les autres qui commençait bien après la semaine habituelle de travail, ou quand elles s’étaient rendues gaiement vers cette salle de spectacle devenue le théâtre d’un crime contre l’humanité qui, s’il peut et doit être expliqué, ne peut recevoir aucune excuse, ou quand, en famille, elles goûtaient d’avance le plaisir d’assister à un match de foot amical entre les équipes de France et d’Allemagne, au stade de la Seine Saint-Denis. Comme le 7 janvier et dans les jours qui suivirent, le besoin de faire front contre l’adversité réunit tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui ne veulent plus jamais ça dans des rassemblements solidaires où chacun se recueille en trouvant le réconfort auprès des autres personnes présentes. Comment en est-on arrivé là? Il n’est pas juste d’opposer la réflexion à l’émotion. Celle-ci, profonde et sincère, nous engage au contraire à rechercher la vérité, au-delà des réflexes primaires suscités par la peur engendrée par de tels événements. Sommes-nous vraiment en guerre? Faut-il se laisser guider par ce vocabulaire guerrier? Quelle est la genèse de l’Etat islamique couramment appelé Daech ? Comment lutter efficacement contre lui ? Quels sont les véritables problèmes du monde ? Quels sont les rapports de force ? Quelles sont les bonnes décisions à prendre et les actions à mettre en oeuvre pour que la planète soit vivable et que nous vivions en bonne intelligence les uns avec les autres ? Un certain nombre de textes mis en ligne par des blogueurs/blogueuses ou des revues numériques nous aident dans cette nécessaire réflexion, qu’il faudra bien mener à son terme pour avoir une chance qu’en effet, nous ne revivions plus de telles horreurs.

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10/03/2015

Le prix du quotidien: actualisation

     Le 19 décembre 2008, la baguette de pain m’avait coûté 0,85 euro, je l’ai payée aujourd’hui 0.95 euro (soit 12% de plus) chez mon boulanger habituel, bien plus que le prix retenu par l’Insee, qui est de 0.86 euro, pratiqué dans ma ville seulement par la chaîne commerciale Auchan (mais – je l’ai goûté – leur pain n’est pas vraiment bon) et le journal que j’achète parfois (de moins en moins souvent) coûte aujourd’hui 2,20 euros au lieu de 1,30 euro il y a un peu plus de six ans, soit une augmentation de 70%, pour une inflation moyenne annuelle de 2,8% en 2008, et de seulement 0,5% en 2014. [Un euro valait 1,4659 dollar le 18 décembre 2008, et la Livre Sterling, qui avait fortement chuté, valait seulement 1,06 euro et six centimes; l’euro, qui vient d’atteindre son plus bas niveau depuis douze ans et baissera vraisemblablement encore, ne vaut plus aujourd’hui que 1,0755 dollar, alors que la Livre Sterling est remontée à 1.35 euro.]

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10/01/2015

In memoriam

     Si   la  sol

il s’est posé comme une plume

a effleuré le sol

et repris son envol

sol   la   si

le temps de jouer son rôle

l’artiste

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07/01/2015

JE SUIS CHARLIE

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30/10/2014

Consommation

     Le parking de l’hypermarché est plein. Tout me semble trop grand et saturé. Les allées sont bondées. J’abandonne mon caddie à plusieurs mètres d’un rayon vers lequel j’essaie de me faufiler pour attraper un pot de confiture. Les courses. Parcours du combattant. Aucune possibilité de ne pas comprendre que je perdrai de l’argent si je n’achète pas la promotion du jour, la sono est réglée au maximum du supportable pour des tympans en bonne santé. Les mots du bateleur se gravent dans ma tête, me gavent. A la caisse, les gens sortent leur carte de fidélité et tous leurs bons de réduction. Patience. Le bateleur est censé me distraire par ses boniments, voire m’intéresser par les annonces folles et les prix fous que sa voix répercute dans tout le magasin au moyen d’un  réseau  d’amplificateurs.  Je  lève  les  yeux  pour reposer mon regard sur un espace vide d’acheteurs et de produits. Une pancarte tournoie au bout d’un fil. Pour votre sécurité, vidéosurveillance

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28/10/2014

Géopolitique

     Mes hôtes d’un soir ont établi leur demeure au centre du monde. Le nord du pays leur paraît misérable, sinistre ou sinistré, et le sud méprisable, trop riche et dédaigneux. Il est aussi question de l’Est, en termes qui ne sont pas élogieux. A l’Ouest, les habitants se comportent comme de grands enfants mal élevés, ce qui, au vu du tableau général, n’est certes pas, selon eux, le plus grave. Leurs paroles me font douter du centre, glisser vers les extrêmes, perdre le Nord.

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18/10/2014

Changement climatique

Ciel d’un bleu intense, température supérieure à 20 degrés, regain de l’été.

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21/07/2014

Hostilité du monde

L’eau et le vent mêlés me renversent, me battent comme un îlot, il est clair que je ne vaux pas plus qu’un grain de sable…

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20/07/2014

Cabotage

Une flotille s’accroche à une crête de vagues, pour combien de temps?…

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15/07/2014

Couleurs

     Bleu (turquoise, émeraude, outremer…), blanc (la page et le sable), rouge (le sang qui bat dans le drapeau)…

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13/07/2014

Bleu (blanc) rouge

Dans mon jardin, entre les pâquerettes, le vent a semé coquelicots et fleurs de lin.

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01/07/2014

Ch u t !

L’intime est tu.

   Tu es mon privilège.

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30/06/2014

Visiteur

Est-ce possible? Un écureuil est monté sur la terrasse par l’escalier.

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24/06/2014

Albatros

J’ai vu des oiseaux étranges, peut-être un albatros.

Je suis déjà si loin de cet autre monde…

Les oiseaux d’ici se cachent, ou bien je ne les vois plus.

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21/06/2014

Fête à volonté

     Fête de la musique, fête dans la ville, fête des pères, des mères, des enfants, des grands-parents, des jardins et des voisins, des musées, des plantes, du patrimoine, du vélo, des piétons, de l’équinoxe, de l’équilatéral…

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20/06/2014

Hébé[at(t)i]tude

     Moment privilégié de douceur et de bien-être. Pourtant, la radio est allumée et j’entends les nouvelles, mauvaises, sinistres, macabres. Je n’y suis pas insensible mais je me sens à distance, protégée à l’intérieur d’une sensation d’équilibre que je sais provisoire mais néanmoins récurrente, avec un paradoxal petit goût d’éternité. Je me surprends, d’ailleurs, à l’optimisme. Qui sait? A force de tisser, chacun(e) de nous, obstinément, comme on marche, step by step, des liens de qualité? Je sirote mon café comme un breuvage précieux, capable de filtrer le flux du temps en ne gardant que le bon et le beau. Le soleil de midi s’épanche sur la table et l’ombre de la croisée des fenêtres y découpe des rectangles réguliers. Un nuage les efface en passant, petit drame intime qui bouscule la représentation lumineuse du monde que je venais de faire mienne pour m’accommoder de son désordre…

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18/06/2014

Naufrage

Roses blanches, roses pourpre, leurs pétales sombrent au pied de la pergola.

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17/06/2014

Le ciel pour dessiner

La flèche de la cathédrale pointe le ciel, je regarde le dessin des pilotes de ligne.

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16/06/2014

Assez!

La coupe du monde est pleine.

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14/06/2014

Transport durable ?

     Promenade le long d’un canal. En deux heures, j’aurai croisé six péniches, quatre en aval, deux en amont, soit un trafic de trois véhicules à l’heure dans les deux sens de la circulation.

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13/06/2014

Liquidité

     Parole d’expert en développement durable cueillie dans les pages d’un journal:

     l’eau serait devenue une « matière », première qui plus est.

     Une gamine qui sautait dans les flaques s’étonne au fond de moi. A tort semble-t-il, puisque « solide, liquide, gazeux » sont, d’après un exemplaire déjà ancien du Nouveau Petit Robert, en I.1, les états possibles de la matière. Cependant, en II.2, mes sensations primitives reprennent le dessus. La « matière première » n’est qu’un produit de base résultant d’opérations diverses et s’emploie généralement au pluriel. Les « matières premières » sont dotées d’un cours et font l’objet d’importations.

     Les derniers mots renvoient la gamine à son ignorance. L’eau suit son cours et ses porteurs ont plus que jamais besoin d’elle.

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11/06/2014

Il était temps!

Pot de l’amitié, la collègue fête son départ, nous faisons connaissance…

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19/03/2014

Premières notes

jaunes ou roses ou parme

dans les jardins et les parcs

des bouquets s’épanouissent

sobrement consensuels

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12/03/2014

Rythme

     Hachures sur le mur blanc, j’ai relevé la tête, les lamelles du store de mon bureau scandent l’espace.

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13/02/2014

Déplacer le regard

     J’éteins le néon au moment de quitter mon bureau. Sa lumière crue cachait la douceur du jour. Je m’approche d’une fenêtre. Heure magique. J’allais rater l’un des plus beaux couchers du soleil.

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01/01/2014

Ouverture annuelle

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23/12/2013

Ange mon amie

     Chaque jour à la même heure, pendant que je prends mon petit déjeuner, une mésange charbonnière picore amicalement en face de la fenêtre de la cuisine, en me racontant les nouvelles du jardin. L’écureuil avec lequel j’ai des accointances pose en passant des questions à l’aide de son panache en forme de point d’interrogation. Le chat du voisin qui rôde en permanence essaie de les balayer à coups de griffes. Mes petits amis sont plus vifs que lui, heureusement, mais pour me rassurer moi-même, j’ouvre la fenêtre en général juste à temps pour apercevoir le hérisson sorti de son sommeil et le sauver, lui aussi, des mauvaises intentions du chat. On entend alors souvent le cri rauque d’un faisan suivi d’un coup de carabine. Quand je vais me promener ensuite dans le champ au bout du jardin, je m’amuse à repérer les terriers des lapins et les gîtes des lièvres. Je suis les traces laissées par les chevreuils et je m’aventure vers les bois en ayant un peu peur de me retrouver nez à nez avec le sanglier qui a marqué le sol de ses empreintes. Surtout, je lève le nez et je contemple le ciel immense. Toute seule et à n’en plus finir, je ris aux anges…

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21/12/2013

Vue aléatoire

     En traversant la ville en voiture, je fais soudain la constatation (pourquoi aujourd’hui plutôt qu’hier?) que tous les arbres ont enfin perdu leurs feuilles. Non, au bord de cette avenue, en ligne, cinq ou six platanes (tilleuls?) se prennent pour des sapins, verts comme en été, verts de haut en bas. De surprise, je perds un peu le contrôle de mon véhicule, qui se déroute puis se redresse. La scène de collision contre un platane ne s’est pas produite. J’ai eu le temps d’apercevoir sur le trottoir des petits tas de feuilles caduques. Dans le rétroviseur, mon regard emporte quelques feuilles volantes. La représentation que je me fais du monde retrouve son sens habituel.

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20/12/2013

L’inespéré

Tous les jours, aux alentours de treize heures, parfois à peine perceptible mais réel, un rai de lumière. Ouvrir l’oeil.

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8/11/2013

Fourches caudines

     J’ai passé la journée à me battre sans succès contre un logiciel. J’ai plié, je me suis rendue à ses ordres sans doute contestables mais bien formatés…

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8/11/2013

Gag dans le sous-sol

     Deux hommes se garent en même temps de chaque côté d’une place de stationnement vide. Ils n’ont pas vu la flaque d’huile laissée par le véhicule absent. Ils tendent le bras l’un vers l’autre pour se serrer la main au-dessus du piège gluant. Leurs pieds dérapent, ils tombent en s’embrassant.

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17/10/2013

Insolite

     Cris insolites de plusieurs couples de goélands qui recommencent à planer au-dessus de la cour de l’immeuble où je travaille, à 100 km de toute plage!

(suite)

Un Zodiak est stationné dans la cour…

(suite)

Les riverains protestent: « les cris de ces oiseaux sont insupportables »…

(suite)

Des nids de goélands en détresse seraient ramenés clandestinement dans les bureaux par l’équipe environnementale chargée de surveiller le littoral…

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14/10/2013

Abstraction

     Les couloirs de mon lieu de travail sont de couleur marron foncé. Fraîcheur des murs blancs entre lesquels je manipule abstraitement des données qui concernent des besoins concrets de logements. Asepsie des chiffres. L’immeuble est un ancien hôpital.

Et je remontai les couloirs en enjambant des corps.

(Saint-Exupéry, Terre des hommes)

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02/10/2013

Dédoublement

     En marchant dans la cour, j’aperçois la fenêtre de mon bureau. Les lamelles du store sont perpendiculaires aux vitres. Leur position me rappelle que la veille, j’avais souhaité (s)trier mon espace intérieur avec la lumière filtrée du soleil de l’après-midi. On dirait qu’une ombre se penche. Elle me ressemble…

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01/09/2013

Petit voyage dans le temps 

     Il m’est arrivé une chose étrange… Pendant quelques heures, j’ai perdu une partie de ma mémoire. Mais je n’ai aucun souvenir de ces quelques heures. On me l’a raconté. Quand j’ai repris conscience, j’ai douté de la pertinence des témoignages. Pas longtemps. Car les personnes qui avaient été présentes n’avaient pas l’air de rire et la façon dont je me souvenais qu’elles se comportaient dans le continuum espace-temps normal était on ne peut plus sérieuse. J’avais rétrogradé dans le passé au niveau des années 2000/2004. L’année 2013 me paraissait relever de la science-fiction. Les événements de la décennie écoulée s’étaient effacés de ma mémoire. Ce qui m’étonne le plus n’est pas tant leur disparition cognitive que l’effacement total des affects qui leur sont liés. Ainsi donc, ce qui me tient tant à coeur et dont j’ai retrouvé l’importance en même temps que la mémoire n’existait plus dans le champ de mes émotions? Comme si j’avais été égarée dans un couloir du temps sans rapport avec le monde réel qui était pourtant encore le mien au moment de la privation de mémoire. Evidemment, ce genre d’expérience pose la question de l’identité. Qui suis-je s’il peut arriver que je ne sois plus moi? J’étais dans la position d’un-e humain-e victime d’une machine à remonter le temps et coincé-e dans une portion du passé. Les autres me parlaient depuis l’avenir. Ces autres connaissaient avec exactitude la partie de mon passé qui était devenue pour moi un avenir que je pouvais certes m’efforcer d’imaginer en fonction  des désirs que je projetais à l’époque où j’avais régressé mais dont j’ignorais totalement la teneur précise. Retour vers le futur? On m’a dit aussi que je posais sans cesse les mêmes questions car j’oubliais instantanément les réponses. Un jour sans fin? L’imagination des cinéastes a peut-être reçu le coup de pouce d’un « ictus amnésique » tel que celui que j’ai subi. Le hasard veut que j’aie commencé une série de textes censés avoir été écrits en 2028. Aurais-je déjà vécu à l’horizon de cet avenir? Qu’est-ce que la prémonition? Aurais-je fait une sorte de rêve dont je ne me souviendrais pas mais qui me laisserait un vague goût de « déjà vu, déjà oublié »? Dans ces conditions, puis-je encore dire Cogito sum? Et si nous étions collectivement enfermés dans une sorte d’illusion? Il me plaît parfois d’imaginer que le couloir de temps dans lequel nous vivons débouche sur une espèce d’espace-temps paradisiaque qui dénouera un jour tous nos problèmes. Comme le petit prince de Saint-Exupéry quand il désire retourner dans sa planète, il nous faudrait pour l’atteindre abandonner sur place l’écorce de nos corps. Mais que garderions-nous alors de nous-mêmes? J’aime les contes. Je préfère oublier que ma mémoire est corporelle et qu’elle s’anéantira vraisemblablement tout entière en même temps que s’effondreront mes neurones au moment de ma mort. Mais, qui sait?…

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23/07/2013

Scénographie

     Les arbres s’inquiètent, s’agitent dans tous les sens. La température affichée sur le thermomètre extérieur baisse à toute allure. La chaîne hi-fi s’est mise en route toute seule. Le soleil s’éclipse, ciel de nuit en plein jour. Un tambour lointain a commencé ses roulements. Des branches tombent au pied des arbres blessés…

     La pluie pianote, s’arrête; les rayons de soleil réussissent une percée; le chant flûté des oiseaux tient la note; le mercure remonte; l’orage n’aura pas lieu; le vent a repris son souffle…

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17/07/2013

Intimité

     Le bureau où je travaille, à l’étage d’un vieux bâtiment, est un réduit heureusement éclairé par une large fenêtre qui me place en tête-à-tête avec la cime d’un arbre, si proche que j’en perçois tous les bruissements, tous les battements de vie.

(tendre une main tendre

demander la lune)

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02/07/2013

Abandon

Redécouvrir que par moi-même…

je ne peux rien.
Vivre une nouvelle fois

la réitération de cette prise de conscience

comme une libération…
En être submergée de bonheur

et dire oui
je ne peux rien et c’est bien ainsi
car ainsi je me tourne vers toi

17/06/2013

Voeu

Douceur inattendue de l’âge vieillissant…

Puisse-t-elle étendre son voile bienfaisant jusqu’à la fin des jours et au-delà encore…

03/06/2013

Pas de côté

Eblouissement à cent mètres! Vertige à la pensée de tout ce que je n’ai pas vu à cent mètres de moi-même…

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17/04/2013

Ecart

     J’arrive à pied par l’arrière de l’immeuble où je travaille. La barrière rouge et blanche se lève à chaque entrée/départ d’un véhicule autorisé. Un pot d’échappement me grille la politesse, je fais un saut de côté.

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11/04/2013

Cimetière militaire

     Au coin d’une rue, à ma droite en allant, à ma gauche en revenant, des alignements de croix et de stèles uniformes jettent des éclats blancs à travers la verdure d’un quadrilatère qui a la dimension d’un terrain de foot.

     La guerre est dans la ville.

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01/04/2013

Résonanc/t/es

     Une vieille amie de Nantes a laissé sur mon répondeur un message qui me renvoie à des souvenirs agréables de pluie et de voyages…

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23/03/2013

R-G

     Rond, plastronnant, bonhomme, j’ai rencontré le rouge-gorge à l’endroit habituel où, sentinelle, il veille sur son territoire le jardin.

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21/03/2013

Maladresse

     En glissant sur une marche de la cour, j’ai cassé une vitre de la porte. Un courant d’air froid s’introduit dans la cuisine. Je ramasse les morceaux de verre, puis je découpe un panneau de carton aux dimensions du carreau. L’ouverture est obstruée. Je boîte un peu, je me suis foulé la cheville droite. Au repos sur une chaise longue, je médite sur la matérialité de la vie.

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18/03/2013

Retour

     Je me suis promenée dans la ville. Bonheur. Bonheur de la découvrir changée, bonheur de la reconnaître, embellie. Mon regard évite celui des passants, s’attarde sur les façades, les nouveaux aménagements, les jeux de la lumière, encore hivernale. Je contourne une forme affalée sur le sol. Je le sais. Il y avait déjà des clochards autrefois. Des associations s’en occupent. Aujourd’hui, je redécouvre ma ville. Une femme, jeune, m’accoste. Je suis en train de manger un pain chaud. Elle a faim, me dit que j’ai l’air bonne. Je sors de ma poche gauche un euro, le pain garni de jambon et de fromage que je tiens de la main droite m’en a coûté trois. Elle me demande un ticket-restaurant. Les passants autour de nous sont sans doute pour la plupart des employés qui prennent l’air à l’heure du déjeuner. Je cherche au fond de ma poche un billet que je réussis à extraire : dix euros. La jeune femme est rayonnante. Je m’éloigne et me retourne, je la vois qui agite le billet pour le montrer de loin à la forme que j’avais contournée tout à l’heure, de l’autre côté de la rue piétonne. La forme s’est redressée et me sourit. Je hoche la tête, je lui rends son sourire et, sans réfléchir, le cœur content, je traverse à nouveau la rue en sens inverse, sors quelques pièces que je laisse tomber dans le gobelet posé à côté d’elle. Elle ne m’a rien demandé. Je m’éloigne vite alors que je pourrais parler à cette femme, plus âgée que l’autre mais, vraisemblablement, moins que moi. Nouer un début de lien pour tisser avec elle l’ouvrage toujours à recommencer de l’humanité. Je continue pourtant mon chemin car, aujourd’hui, je suis de retour, et j’ai rendez-vous avec ma, notre ville…

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26/02/2013

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lettres noires sur page blanche

mots blancs sur fond de nuit

fonte des neiges ou pluie

« « « « « « « « « « 

« « « « « « « « « `

« « « « « « « « « `

« « « « « « « « « 

de souvenirs bleus

qui tombent de mes yeux fatigués

sous la forme de flocons de papier

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25/02/2013

Métamorphoses

     Je ne les avais pas vus depuis plusieurs années.

J’ai dû confronter leurs nouveaux visages à mes souvenirs.

Superposer, recomposer.

     Le temps est un peintre avant-gardiste qui trouble le jeu des apparences et le je

qui ne se reconnaît plus tout à fait dans le miroir.

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06/02/2013

Couloirs du temps

     Il m’ouvre la porte. J’entre chez lui pour la première fois. Je le connais depuis peu, de réputation. Tout devrait nous séparer, l’âge, la culture, le langage… Je me sens étonnamment à l’aise. Il m’offre un coussin, m’invite à me réchauffer auprès d’un brasero. Nous échangeons quelques paroles. Nos silences prennent forme comme des mots. Nous regardons les pins à travers la vitre, rougis par les rayons obliques du soleil couchant. La journée avait été pluvieuse et grise. Il se souvient de l’Ecosse, je m’y suis rendue en 1971. J’avais vingt ans, il était mort depuis déjà plus de cinquante ans. Je me sens comme le personnage de *Toyo, surpris par une voix qui le nomme comme dans son pays natal, et qui le transporte soudain là-bas à nouveau, comme si l’émotion ressentie dans l’instant abolissait l’espace et le temps.

                                (* in Natsumé Sôseki, « Petits contes de printemps », 1909 )

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01/02/2013

Déroulement

1er moi(s) imaginaire

2 moi(s) imaginaire(s)

3 moi(s) imaginaire(s)

4 moi(s) imaginaire(s)

5 moi(s) imaginaire(s)

6 moi(s) imaginaire(s)

7 moi(s) imaginaire(s)

8 moi(s) imaginaire(s)

9 moi(s) imaginaire(s)

10 moi(s) imaginaire(s)

11 moi(s) imaginaire(s)

12 moi(s) imaginaire(s)

13 moi(s) imaginaire(s)

14 moi(s) imaginaire(s)

15 moi(s) imaginaire(s)

16 moi(s) imaginaire(s)

17 moi(s) imaginaire(s)

18 moi(s) imaginaire(s)

19 moi(s) imaginaire(s)

20 moi(s) imaginaire(s)

21 moi(s) imaginaire(s)

22 moi(s) imaginaire(s)

23 moi(s) imaginaire(s)

24 moi(s) imaginaire(s)

25 moi(s) imaginaire(s)

26 moi(s) imaginaire(s)

27 moi(s) imaginaire(s)

28 moi(s) imaginaire(s)

 etc…………………..

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31/01/2013

Sans apparat

     Les arbres dansent en demi-cercle autour du jardin. Dépourvus de leurs feuilles, marronniers, hêtres, chênes, tilleuls, découvrent leur personnalité première, princière. Leurs corps sont élancés vers le dôme de leurs ramifications. Ils dansent dans des figures déliées à l’extrême, tracées à l’encre de chine sur un fond de ciel variable, du bleu de l’or pur à la cendre terreuse. Moulés dans leur écorce d’hiver, ils construisent leur chorégraphie immobile, en suivant le vent. Souffle léger ou tempête, orchestre de chambre ou drame symphonique, les cordes et les cors vibrent et se déploient dans l’air. Assise sur un banc public, je suis à l’Opéra…

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20/01/2013

Inspiration

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19/01/2013

Vieillir

Prendre de l’âge m’amuse, comme si je me jouais un bon tour à moi-même…

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18/01/2013

Le nez sur le guidon

Garder la tête baissée sur les kilomètres de rapports à relire.

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02/01/2013

Répétition-récréation 

l’un dit

(m) hardi

merc (red) i

je dis

vendre (di)

ça me dit (!)

dix manches

diversions

sept (cette)

litanie (s)

recommencer

chaque jour

date mois année

moi

après moi

succession

de métamorphoses

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 01/01/2013

Igitur

     J’ai dû m’endormir. L’écran du téléphone affiche deux paires de zéros séparées par deux points qui clignotent (pourquoi?), celui du poste de radio posé sur la tablette de la salle de bains en affiche seulement trois avec deux points qui clignotent aussi entre 0 heure et 00 minute, le réveil analogique réglé sur l’horloge de Francfort ne fait plus qu’1 avec la grande et la petite aiguille réunies… Il est donc minuit!  Il ne manque plus que les douze ou quatre cents coups…

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30/12/2012

Surinformation

Au péage, la barrière qui s’abaisse, rayée de rouge et de blanc, porte en plus la mention STOP…

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29/12/2012

Tissage de soi

     Elle rayonne. Elle parle d’un sujet sur lequel elle a construit un savoir qui se confond (sans qu’elle se rende compte à quel point?) avec son identité. De quelle(s) matière(s) sommes-nous donc faits, défaits…

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23/12/2012

Subterfuge

Difficile d’accepter l’arrivée de la nuit, vite, cacher la noirceur des vitres en tirant les rideaux!

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22/12/2012

Echec et mat

déclinaison des jours

déferlement de vagues d’obscurité

givre du matin, repli des chemises noires

la nuit n’en finit pas de grignoter la lumière

partie d’échecs, jeu de titans

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30/11/2012

Passage

Ramifications

Tombent

les dernières

feuilles                           papillons

flocons                       de l’automne                      je  marche

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leur épaisseur ocre crissant             /////////////////////////////////////////////

dans la lumière oblique d’un souvenir bleu

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20/11/2012

Lugubres néons

Journée sombre: les réunions s’enchaînent dans une salle sans fenêtres.

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19/11/2012

Assez !

     Aujourd’hui, je me sens fatiguée. Goutte d’eau qui fait déborder le vase, mon courrielleur professionnel ne s’ouvre plus. Je suis fatiguée d’avoir à subir la dictature ( ?!) de la haute technologie, qui s’immisce partout, au domicile comme au travail. A chaque objet numérique son mode d’emploi, particulier et sophistiqué, particulièrement compliqué. La mémoire vive de mon cerveau, organe vivant, est saturée.

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08/11/2012

H (être)

Mon (h)être flamboie de toutes les feuilles orange qui lui restent.

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01/11/2012

Etre passé

Dans cette ville où j’ai des habitudes, des gens passent, des gens meurent. Le journal m’apprend que le cercle des trépassés se rapproche.

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19/10/2012

Cinéma

     L’automne a commencé sa superproduction en technicolor. Les variations de verts, de bruns, d’ocres et de rouges s’accentuent, se déplacent, font trembler le paysage…

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17/10/2012

La lumière, la pluie et le vent

Ma promenade s’annonçait routinière.

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Elle fut mouillée, ventée.

02

Avec des jeux de lumière sans doute banals, mais dont la beauté reste surprenante…

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09   10

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Et moi aussi, j’ai joué avec la lumière, la pluie et le vent.

J’ai fait semblant de dérouler mes tours,

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de commander aux éléments.

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Le ciel s’est vidé et le paysage est redevenu plat.

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J’ai eu envie de l’encadrer.

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C’est alors que le vrombissement de ce petit avion a traversé le ciel bleu.

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Je l’ai regardé survoler le clocher du village.

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10/10/2012

Enfantillage

     Mes mains sont placées sur le volant à dix heures dix. Je conduis calmement le véhicule automobile qui me transporte. J’ai le temps de regarder le théâtre des rues que j’enfile méthodiquement. Je fais plusieurs fois le tour d’un rond-point car je me souviens de Véronique Janzyk et de Nicolas. La voiture qui me suit a l’air déroutée par mon manège. Le pompon serait que je décroche une amende.

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01/10/2012

Cliché

Je les ai pourtant bien vues, ces portées d’hirondelles alignées comme des notes sur les fils électriques tendus à travers la campagne!

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23/09/2012

L’été pourtant s’achève

Je nage entre deux eaux, vacuité du temps à prendre, aucun désir précis.

Une rouille encore discrète attaque les arbres au nord du jardin.

Je revêts peu à peu mes habits de routine.

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21/09/2012

Journée utopique

Egalité du jour et de la nuit…

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09/09/2012

Clair-obscur impressionniste

     Je roulais dans l’arrière-pays, au crépuscule. Je traversais des champs roussis de lumière, sur des chemins bordés de haies. Je pénétrais dans des bois sombres, aux arbres, chênes, hêtres, centenaires. Un hibou s’envolait. Je souhaitais descendre vers laCôte de grâce. Je souhaitais saisir encore un peu du bleu désiré de la mer. Je me perdais. Bois et campagnes se refermaient comme un piège. Dans les trouées, je guettais la puissance des rayons obliques du soleil, qui déclinait. A la sortie d’une travée encore plus sombre, je constate que les ombres portées par les champs moissonnés sont étirées à la limite de l’horizon. Le soleil se couche, le soleil est en train de disparaître. Alors, je renonce. Il est trop tard. Un petit panneau de bois blanc que j’aperçois à peine m’indique enfin la direction de la côte. Je sais que c’est inutile. Je ne verrai plus, pas aujourd’hui, pas ce soir, la transparence bleue du ciel et de la mer. Si je suis ce panneau que je cherchais depuis le début de ma promenade, je ne devinerai qu’une masse déjà obscurcie, inquiétante, hostile. Je m’abandonne enfin aux charmes de l’arrière-pays. Un moulin, une chaumière, une paisible église romane, une grange dans laquelle je pourrais dormir. La nuit tombe. Je vais rentrer, phares allumés, en prenant un étroit chemin de traverse. Je frôle un talus, évite un lapin, effectue quelques virages dans une sorte de forêt de Brocéliande. Merlin, sans doute, me guide, car j’aperçois soudain des sortes de reflets, des taches de couleurs claires qui clignotent entre des paquets noirs. Je ne sais plus, pas, où je suis. Mon véhicule dégringole une pente. Je ralentis, je freine, je désire voir, comprendre, recomposer le tableau, la scène. Libéré du toit des arbres, le ciel s’est ouvert, limpide, bleu transparent, fuschia, turquoise. Sous moi, à droite de la route, entre les feuilles des arbres qui la bordent, Honfleur, qui miroite. Je descends jusqu’au port. J’admire.

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30/08/2012

Borgésien

     Je contemple, incrédule, une paire de lunettes rongée par l’eau et le sel, qui semble avoir échoué de ce côté-ci de la mer intérieure, à la lisière des vagues et du sable, devant mon nez. J’avais perdu les miennes de l’autre côté de la Méditerranée en chahutant dans les rouleaux de la plage d’Alger, de nombreuses années auparavant. Les verres correcteurs sont très abîmés, piquetés, opacifiés. Je risque un oeil, les indices sont confondants.

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25/08/2012

Prendre de la hauteur

     Survol des Alpes. Le pilote intervient pour nous aider à localiser le Mont-Blanc. Neiges éternelles (?) et glaciers (menacés?) étincellent. Sensation irréelle, inversion des rôles ou des pôles, le monde est à l’envers et si bas qu’il faut pencher la tête pour l’admirer.

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20/08/2012

De vrille en vrille

     Chaque été, la ville est en travaux. Par la fenêtre ouverte, un marteau-piqueur donne la réplique aux instruments à vrille qui oeuvrent dans le cabinet du dentiste. Je me sens perforée de la tête aux pieds.

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15/08/2012

In memoriam

     Cette très vieille femme, surprise entre les deux pôles de son passé qui resurgit condensé dans le mot oued, qu’elle prononce avec hésitation devant le cours d’eau caché qui semble pourtant avoir creusé une vallée au bas de la colline où elle vient d’être portée/conduite; puis dans le mouvement qu’elle esquisse pour essayer de rejoindre des rires d’enfants invisibles qui s’amusent à quelques mètres de nous derrière des arbres… Elle paraissait inerte, elle s’est soudainement animée et j’ai cru apercevoir son âme: tout son être-passé tendu entre l’oued de son enfance et les enfants qu’elle a aimés…

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13/08/2012

L’autre

     Les bureaux voisins sont vides, le couloir qui les distribue est désert, le distributeur automatique de boissons, outre sa mission première, me désaltérer, remplit celle de me tenir compagnie.

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11/08/2012

Tapis roulant

     Les champs de blé viennent d’être moissonnés; la paille est rassemblée en rouleaux qui ressemblent à de grandes roues, et j’imagine qu’elles se glissent sous la terre pour la faire avancer!

Tapis roulant

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06/08/2012

Etre ailleurs…

     Dans la salle d’attente du dentiste, je lis le magazine Géo. Terres lointaines, photographies d’exception, l’envie de partir me tenaille.

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02/08/2012

Mondialisation

J’ai acheté par correspondance des vêtements qui m’arrivent de l’autre bout du monde. Fabriqués par quelles petites mains?

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26/07/2012

« Nouer les mains errantes de la nature »

Aujourd’hui, la lumière fait flamber les couleurs.

Je quitte la ville, je remonte vers le village. Que manque-t-il?

Pour que la progression des arbres et des maisons,

vers le clocher carré,

emporte la conviction comme sur une toile de Cézanne?

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25/07/2012

Sati-été

Ocres de l’été

Bleu lavande

Bleu des fleurs de lin

Bleu azur

Bleu sans mesure

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19/07/2012

Les oiseaux

     Les piverts deviennent fous. Ils quittent le sommet des arbres où ils traitent habituellement leurs affaires. L’oeil cruel, précédés de leur bec dur, ils s’approchent de la maison entourée de pins. Je les observe de l’intérieur en pensant au film de Hitchcock. L’attaque a lieu contre une pièce voisine, j’entends les coups répétés de leurs becs qui défoncent une porte. Je décide de ne pas bouger, complètement décontenancée. Les coups de becs sont accompagnés d’autres bruits violents et confus. Des pans de mur se sont sans doute déjà écroulés. Je risque un oeil: j’aperçois un oiseau vert d’assez grande taille qui agite ses ailes pour rester au niveau des vitres de la porte, plus solide que je ne le pensais. La chaleur est accablante mais le soleil décline. Je finis par comprendre que le pic-vert s’attaque au reflet de l’écorce d’un pin dans les vitres de la porte. Je prends le temps de leregarder, je fais des gestes pour le chasser, il s’envole et se pose à proximité, revient, mêmes gestes, même fuite, même pose sur une branche basse, il me regarde, crie comme s’il se plaignait, m’en voulait, s’envole plus loin, me regarde encore, l’air profondément contrarié, pousse un dernier cri de colère, s’éloigne pour de bon, me laisse avec l’impression bizarre d’avoir échangé des sentiments avec un être instinctif et mécanique… Scène observée le 19 juillet 2006.

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12/07/2012

Hors champ

La pluie a verni le paysage.

J’écoute son tempo tranquille.

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11/07/2012

Enchantement

Je me repose à l’ombre d’un arbre si majestueux qu’il cache peut-être à lui seul la forêt de Brocéliande.

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10/07/2012

BD

Le chemin serpente entre les vallons. J’ai l’impression de marcher sur une bande dessinée. Dans une bulle, un petit prince me fait signe.

S

(le chemin qui serpente)

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09/07/2012

Le temps qu’il fait

Bain de pluie à l’orée d’un bois, dans l’eau vert tendre des feuilles.

Ajouter à l’aquarelle un champ (chant?) de coquelicots.

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30/06/2012

Questions-réponses

Bras légèrement écartés, mains légèrement arrondies, j’interroge l’écran de mon ordinateur pour lui répondre au clavier.

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14/06/2012

Point de basculement

Le chant des oiseaux qui se réveillent m’informe que je m’endors au point du jour.

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13/06/2012

Les arbres sont paisibles

     Je me repose sous un hêtre. Enveloppée par ses feuilles qui ondulent et bruissent doucement, je me sens à l’abri des prédateurs, dans un repli bienfaisant du monde.

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 09/06/2012

Entre deux notes

Les nouvelles du jour sont cruelles, je n’ai pas zappé assez vite. Repli vers une chaîne musicale, entre deux notes, une ut opie.

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16/05/2012

Palmes et plumes

     Un couple de canards au col vert papote au bord de l’étang, au pied d’un banc. Une bande d’hirondelles virevolte, pique, picore l’eau, devant leur bec.

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09/05/2012

Sas psychédélique

     Entre le parking en sous-sol et l’escalier qui conduit au self-service, traversée d’un long couloir aux murs peints d’une couleur fluorescente. De la pénombre surgit un univers flottant.

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08/05/2012

L’art de combiner les sons

     Je reçois la visite d’une amie d’enfance pour une remontée sereine dans le temps… Elle me récite des poèmes en langue allemande, que je ne comprends pas. J’aime le son de sa voix, sa diction. La musique des mots qu’elle libère en sachant, elle, ce qu’elle dit, me procure une émotion forte malgré l’absence, pour moi, de sens… Je l’emmène sur des chemins déserts que j’ai l’habitude d’emprunter. Il y a longtemps, nous avions fait ensemble quelques voyages. Devant nous, le paysage est neuf.

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02/05/2012

Tout est signe

les géraniums devant la fenêtre

trois bouquets alignés comme un point de suspension

la fenêtre est quadrillée comme du papier

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23/04/2012

A la Prévert

     Chaque jour, il est possible d’entendre à la radio l’énumération des valeurs du CAC 40. La voix n’est jamais inspirée mais essoufflée, pressée d’en finir avec la succession des + ou – x euros, qui supprime ce que peut avoir de poétique une liste alphabétique de noms.

Accor(d-s?)

Cap Gemini (Canaveral?)

Carrefour (de l’Odéon?)

Essilor (du Pérou?)

Michelin (Micheline?)

Renault (Billancourt!)

Vinci (Léonard de ?)

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22/04/2012

Ce ne sont pas des tournesols…

     Mais de toutes petites fleurs jaunes, tout en haut de fines tiges vertes, qui étendent leur pointillisme monotone à perte de vue, sur toute la campagne, entre les clochers éloignés de quelques kilomètres. Des groupes d’éoliennes blanches bavardent auprès du ciel bleu, qui se dégrise après l’averse. J’aime l’envol des moulins modernes qui brassent le vent, mais la culture intensive du colza comme agrocarburant n’est pas de mon goût, comme si la moutarde me montait au nez!

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17/04/2012

Hirondelles

    V  V

V  V    V V     V   V   V  V     

V   V     V   V    V  

       V V

      V

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03/04/2012

Le Sacre du Printemps

Les ondes du printemps vibrent en moi et j’en deviens la source.

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02/04/2012

Plénitude

Aujourd’hui, le ciel est bleu comme un tableau d’Yves Klein.

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29/03/2012

Courage !

Aller à B…

Retrouver M…

Ressentir définitivement que je ne suis plus là-bas chez moi.

Faire mes adieux aux lieux, aux liens !

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27/03/2012

L’arbre des voyelles

     L’oeuvre s’inscrit parfaitement dans le paysage. Elle change au gré des saisons, soulignant l’ambiguïté entre l’artifice et la nature. De loin, on pourrait ne pas l’identifier comme une création humaine tant l’arbre se confond avec la végétation.

Arbre-des-voyelles-Guiseppe-Penone-3

     L’arbre des voyelles est un moulage en bronze d’un chêne de quatorze mètres de long et au contraire de son modèle déjà retourné à la terre, il ne pourrira pas. Contredisant la maxime d’Héraclite l’obscur, Ta panta rei, ouden menei, tout change, rien ne perdure, Giuseppe Penone suspend le temps, jouant avec la notion de pourrissement et d’intemporalité. C’est une méditation romantique sur la fragilité des choses. La sculpture nous renvoie ainsi à la terrible tempête de 1999, la tempête du siècle, qui a dévasté la forêt française. Réminiscence ou plutôt prémonition d’un cataclysme (l’oeuvre date elle aussi de 1999), l’arbre est simplement beau, d’une force brutale liée à la violence des éléments qui l’ont terrassé. D’une beauté aujourd’hui apaisée au milieu des herbes et des fleurs qui chaque printemps l’encerclent un peu plus. Un memento mori qui nous renvoie à notre propre mortalité. Texte et photos de Catherine-Alice Palagret – 01/2008 link

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25/03/2012

Passage à l’heure d’été

Impression bizarre d’une fausse maîtrise du temps?

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 23/03/2012

Temps circulaire

Comme chaque année, la pie fait son marché dans mon jardin; elle choisit des tiges souples, les coupe de son bec fort.

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16/03/2012

Sur mon île

Cette journée est un Vendredi que je dédie à Robinson.

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15/03/2012

Après l’averse

Bleu délavé du ciel, suspendu au-dessus du franc décolleté des jonquilles.

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09/03/2012

Apesanteur

     Longue journée de confinement derrière mon écran d’ordinateur. Je ne suis pas sortie à midi et, ce soir, la légèreté de l’air me surprend: je le respire goulûment.

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06/03/2012

Adret, ubac…

Des tiges de jonquilles fusent au-dessus des perce-neige qui s’accrochent encore à la saison.

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05/03/2012

L’après-midi d’un faune…

Giboulée joyeuse, senteur hospitalière du bois qui flambe.

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02/03/2012

Oxygène

Le jour s’étire, les dents de la nuit se desserrent.

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01/03/2012

Chant du premier jour…

Nouveau départ, martial.

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29/02/2012

F i èvre

L’intranquillité prévaut en ce dernier jour du mois.

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28/02/2012

Minuit

Dans le coin, derrière un pli, se cache peut-être un monstre?

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 23/02/2012

00:00

Vers minuit, j’ai relu L’homme révolté.

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22/02/2012

Lonesome !

     Le tissu social, son délitement. L’individu seul sous les projecteurs ou dans la nuit profonde. I’m a poor lonesome cowboy…

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20/02/2012

Mise en abyme

     L’homme, cadre supérieur, se vante d’avoir fait craquer un membre de son équipe. Lui-même se plaint, en faisant craquer ses doigts, d’avoir été traité de la plus mauvaise des façons par son propre supérieur, etc…

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17/02/2012

Profits

     Le bénéfice de TOTAL pour l’année 2011 s’élève à 13 milliards.

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05/02/2012

Quelques propos s’obscurcissent…

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01/02/2012

Pour un i…

La f i èvre monte!

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31/01/2012

Clôture des vœux

Je voudrais être meilleure.

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30/01/2012

Jeu vidéo

Stage de formation à un logiciel dans une salle dédiée aux ordinateurs. Les souris cliquent mais ne dansent pas.

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28/01/2012

Affirmation de soi

Un bambin à qui vous demandez de fermer ses petits yeux et qui vous répond « non, mes grands yeux »…

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27/01/2012

Veillée

Dans la cheminée, le feu murmure. Dehors, le jour s’éteint. Les vitres prennent leur tain de nuit.

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26/01/2012

Heur

Ils vont, ils viennent. Je ne suis que l’axe du, de la pendule.

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25/01/2012

Perles

Dans l’encadrement de la fenêtre, qui découpe le paysage comme un tableau, une rangée de fines gouttelettes souligne les branchages nus.

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22/01/2012

Vétusté

Parce que le bailleur social a décidé la démolition de son ancien logement, une famille a été relogée dans un immeuble encore plus vieux, humide.

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21/01/2012

Vent

     Les sirènes des véhicules de pompiers annoncent de la casse. Une rafale soulève le couvercle d’une poubelle d’où s’envolent des pages de dossiers périmés: le recyclage du papier est pris en flagrant délit d’omission.

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20/01/2012

La fin et les moyens

     Pour un curriculum vitae, l’homme de l’art choisit le meilleur profil avec un franc sourire qui engage. Pour la Préfecture, il veut un visage inexpressif, de face, le regard vide. J’ai besoin de renouveler mes papiers. Un moment plus tard, j’ai mon portrait entre les mains, censé être plus vrai que nature. Quand même, je n’imaginais pas avoir cette tête de mise en examen.

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07/01/2012

Nés pour consommer

La vie, la vraie!

Slogan d’une grande enseigne…

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05/01/2012

Dilemme

     Indiquer sur la boîte aux lettres que je ne souhaite plus recevoir les quarante kilos annuels de papier imprimé par les grandes enseignes pour les publicités qu’elles me destinent, mais rendre ainsi encore plus précaire le travail de la personne qui les distribue. Ne pas apposer l’autocollant, mais continuer à participer au gaspillage des forêts, au réchauffement climatique…

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04/01/2012

Pantomine

Je l’ai décidé, je le veux, je suis bon public. Du théâtre que m’offrent les autres et de mon propre spectacle.

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01/01/2012

Vœux à l’infini

°°°°°

Y Y

(verres qui trinquent)

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30/12/2011

Ecrin

Dans la nuit dense, les lumières de la ville brillent intensément. De loin, sur la rocade, elles s’offrent comme un bijou.

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 29/12/2011

Avant la nuit

Poussière dorée de la lumière qui s’éclipse…

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28/12/2011

La vie chère

     J’écoute mi-amusée, mi-agacée, une sorte de feuilleton radiophonique imaginé par une grande enseigne. Les auditeurs sont invités à s’identifier aux membres d’une famille moderne. Les courses sont faites par le père qui justifie chaque jour ses achats en homme qui sait tout sur les prix et la qualité des produits de la grande enseigne. Les promotions qu’il rapporte sont des cadeaux parfois contestés. L’effet de surprise est à l’origine de menus événements. Je me sens entraînée dans la vie de cette famille par la politique de marketing de la grande enseigne, qui fait fonction de Père Noël.

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24/12/2011

Les rois mages sont en marche

*

i i i

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19/12/2011

Entre midi et deux

Repas de fête, au self. Bougies sur les tables, regards qui brillent, rires qui pétillent, convivialité légère.

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18/12/2011

Prendre le bus

     Je me suis dirigée vers un abri-bus en même temps qu’une femme qui hésitait. Pendant que je faisais les cent pas au bord du trottoir en scrutant le fond de la rue, elle s’est assise sur le banc à l’intérieur de l’abri. Quand je me suis éloignée, elle déroulait un emballage qui enveloppait de la nourriture. Elle n’est pas montée dans le bus. Le vent était vif, la pluie cinglante. Je l’ai regardée encore quelques instants à travers une vitre fouettée par l’averse.

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14/02/2011

L’or noir

     Deux jours après l’ouverture du procès de l’ErikaTOTAL annonce plus de douze milliards de bénéfice pour l’année écoulée. Le groupe estime n’avoir aucune responsabilité dans « ce naufrage nautique ». Pour compenser des « difficultés » d’approvisionnement en hydrocarbures, il annonce une « diversification » dans le nucléaire!

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09/08/2010

L’eau et le feu

     Un couple a été photographié* sur la place Rouge. Ils sont jeunes, se tiennent par la main. Leur visage est masqué par un morceau de tissu blanc. Ils avancent, semble-t-il, dans une sorte de brouillard. Le ciel pourrait être étincelant et les ombres des promeneurs ou des monuments, clairement découpées. L’été, cette année à Moscou, est caniculaire, mais la ville est grise. Des fumées toxiques rendent l’air irrespirable. Elles proviennent de gigantesques incendies de forêts qui cernent la capitale. Le feu, incontrôlable, s’avance vers des zones contaminées par la catastrophe technologique de Tchernobyl.

     (* Photo publiée dans « Le Monde », dimanche 8/lundi 9 août 2010)

     En Inde et en Chine, les pluies de la mousson sont torrentielles. Au Pakistan, elles provoquent des inondations d’une ampleur inégalée depuis le Déluge biblique. Des millions de villageois quittent leurs fermes ravagées. Les photos qui circulent autour du monde les montrent avec de l’eau jusqu’à la poitrine, un maigre baluchon tenu au sec à bout de bras, soutenant qui, un enfant, qui, un vieillard, en lutte contre la force du courant, en marche (?) au travers de l’étendue liquide qui s’est substituée à leurs champs, qui a noyé leurs cultures, anéanties par une sorte de monstre que les experts appellent « catastrophe naturelle ».

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02/08/2010

Quelques nouvelles du début de l’été 2010

  • Un bateau humanitaire parti de Turquie vers la bande de Gaza a été violemment arraisonné par Israël.
  • Déluge dans le sud de la France : la montée des eaux a causé la mort d’une vingtaine de personnes.
  • Psychodrame chez les Bleus ; après avoir refusé de s’entraîner, l’équipe de France est éliminée de la Coupe du monde de football.
  • Les Français se mobilisent contre le recul de l’âge de la retraite ; le ministre en charge du dossier, Eric Woerth, est mis en difficulté par la révélation d’un possible conflit d’intérêt entre sa fonction précédente de ministre du Budget et le poste occupé par sa femme Florence auprès de Liliane Bettencourt, première actionnaire de L’Oréal, troisième fortune de France.
  • Quatre ans de prison ferme ont été requis contre Jérôme Kerviel, ancien trader de la Société Générale, pour avoir fait perdre à la Banque cinq milliards d’euros ; son ancien PDG, Daniel Bouton, récuse toute forme de responsabilité, notamment au niveau des systèmes d’alerte qui auraient pu protéger l’établissement.
  • Des révélations sur le train de vie de la classe politique française conduisent Christine Boutin, ancienne ministre du logement, à renoncer à un cumul de rémunérations.
  • Sous la pression de l’opinion internationale, Israël assouplit le blocus de Gaza.
  • Le Bangladesh est victime d’un nouveau cyclone.
  • Chaque footballeur de l’équipe de France défunte (défaite) gagne 10 millions d’euros par an.
  • La Belgique, menacée de partition ?
  • Massacre interethnique au Kirghizistan.
  • La Chine annonce, juste avant la tenue du G20 à Toronto, qu’elle pourrait réévaluer le yuan…

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21/06/2010

Une catastrophe de plus

     « Tchernobyl de l’industrie pétrolière » pour le quotidien espagnol El Païs, « 11 Septembre écologique » pour le président Obama… Le puits dont British Petroleum a perdu le contrôle il y a déjà deux mois dans le Golfe du Mexique, à 1500 mètres de profondeur, continue de déverser goulûment son poison. Le seul moyen d’arrêter cette orgie consiste à dériver le flux qui s’échappe de l’écorce terrestre dans un tunnel latéral. Les travaux ne seront pas achevés avant août. L’Océan avalera donc sa potion empoisonnée pendant deux autres mois. La dose journalière est soumise à une inflation galopante. Estimée à 1.000 puis à 5.000 barils au début de la catastrophe, elle est évaluée aujourd’hui à plus de 60.000…

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18/05/2010

British Petroleum

     Dans le Golfe du Mexique, la marée noire contourne les barrages dérisoires et commence à déposer sur le littoral les traces de l’une des plus grandes catastrophes écologiques de l’Histoire!

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20/04/2010

La vitesse et le pétrole

     Aujourd’hui, 20 avril 2010… j’ai laissé filer le temps dans ma maison blottie au creux d’un bois. Je me réveille au milieu des fumées invisibles d’un volcan islandais qui sème la panique dans les couloirs aériens. L’Eyjafjöll cloue au sol les avions des descendants de Prométhée. Paul Virilio, le philosophe de la vitesse, jubile. Cet « accident » révèle la simultanéité de tous nos instants à satisfaire… Des écolos calculent… Quel sera le solde, négatif ou positif, des émissions de CO² rejetées dans l’atmosphère par les éruptions de cendres, moins celles des 63 000 vols qui ont été annulés entre le jeudi 15 et le dimanche 18 avril ? En temps normal (?), le transport aérien en rejette quotidiennement plus de 200 000 tonnes…

     Nous habitons les lieux de façon mobile (un à deux millions de Terriens prennent l’avion chaque jour) et c’est tant mieux pour la paix et la démocratie, relève Paul Virilio, sans paraître s’inquiéter de l’après-pétrole. Pourtant (nouvel « accident » ?), voici qu’une plate-forme pétrolière sombre au fond du Golfe du Mexique…

     « De nos jours, l’ordre économique capitaliste est un immense cosmos… dont les contraintes écrasantes déterminent le style de vie de tous les individus nés dans ses rouages – et  pas seulement de ceux qui exercent directement une activité économique – et le détermineront peut-être jusqu’à ce que le dernier quintal de carburant fossile soit consumé. » Max Weber, « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »(2ndeéd), 1920…  

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21/03/2010

     Les Français votent (second tour des élections régionales)… … défaite écrasante des représentants de la majorité présidentielle.

22/03/2010

Les Français sont dans la rue : troisième tour social ?
Petit remaniement ministériel (Xavier Darcos, ministre du travail en charge du dossier des retraites, paie les pots cassés) et rangement de la taxe carbone au magasin des accessoires (la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, pourtant maintenue à son poste, se dit désespérée !).

      Pendant ce temps, aux Etats-Unis : YES, WE DID !

    Le Waterloo de Barack Obama, annoncé par les républicains, n’a pas eu lieu. La Chambre des représentants vient d’approuver par 219 voix (il en fallait 216 !) le projet de loi d’assurance-maladie (presque) universelle, défendu par le Président et l’aile gauche du parti démocrate. (Un philosophe glané sur France Culture pense qu’il est temps d’en finir avec le pessimisme de Schopenhauer, car nous serions capables du Bonheur…)

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10/02/2010

« La Richesse des nations » est un livre limpide. Un mot trouble, pourtant, cette eau pure. Si la condition des ouvriers est effroyable, ce monument de transparence économique, dépourvu du pilier de la dignité humaine, ne peut (d’un point de vue éthique mais aussi logiquement, preuves historiques à l’appui) que s’écrouler comme un décor. Un autre mot sonne faux. La liberté n’est pas naturelle. Elle est ce que concèdent les sociétés humaines. La liberté a besoin de la Loi. Ni organe naturel, ni mécanique bien huilée, l’économie est une Politique. Adam Smith ne pouvait sans doute pas deviner ce que serait le troisième point faible de sa théorie du libéralisme pur. Externalisées (évacuées, rayées), les nuisances – euphémisme – environnementales (de la même façon que les nuisances sociales : atteintes « effroyables » ! à la dignité humaine) sont censées contribuer inévitablement à la richesse des nations. Ce tour de passe-passe (de blanchiment ?) a pour conséquence absurde l’épuisement même de la richesse.

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9/02/2010

     Mouvements de spéculation sur les emprunts des Etats les plus endettés de l’Union européenne (Grèce, Portugal, Espagne, Irlande…). La valeur de l’Euro baisse à mesure que les primes de risque augmentent. La dette publique sert de prétexte aux zélateurs du libéralisme pur et dur pour tenter de parachever leur œuvre de déréglementation, privatisation, dé-socialisation… Une oligarchie financière, composée des dirigeants de très grandes banques alliées à quelques hedges founds, mise sans vergogne sur l’appauvrissement ou la faillite d’Etats qui ont déversé de l’argent public pour éviter l’effondrement même du système ! En 1992, George Soros avait réussi à faire craquer le serpent monétaire européen… alors que les CDS (Credit Default Swasps) n’avaient pas encore été inventés ! L’unité de mesure des grands spéculateurs (bandits de la finance mondiale ?) est le millier de milliards de dollars… (Impossible de ne pas penser à Proudhon : la propriété, c’est le vol !)

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6/02/2010

Barack Obama tente d’obtenir un consensus a minima sur un projet de loi d’assurance-maladie universelle : ses adversaires l’accusent de vouloir l’avènement du socialisme ou du communisme !

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2/02/2010

     Les démocraties secouent leurs élites. Des commissions d’enquête se constituent. Guerre en Irak, sauvetage de l’assureur AIG, gestion de la pandémie de grippe : quels ont été les véritables mobiles de nos dirigeants ? Ont-ils réellement agi dans le sens de l’intérêt général ? Leur action a-t-elle été complètement transparente ? Tony Blair a menti mais ne se repent pas : l’axe du mal passait bien par Saddam Hussein… Pour sauver le système financier, Henry Paulson et Timothy Geithner étaient prêts, semble-t-il, à faire des folies… Les experts de l’Organisation Mondiale de la Santé et, dans son sillage, la ministre Roselyne Bachelot, en France, ne remettent pas en cause leur décision de traiter le virus AH1N1 selon les plans qu’ils avaient prévus pour enrayer la survenue d’une pandémie de grippe aviaire, dont la gravité, en cas de transmission humaine, est sans commune mesure avec le caractère finalement bénin du H1N1…

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28/01/2010

  « Paraître, faire de l’argent, être beau, consommer : comment penser que ces buts dérisoires exaltés avec un ridicule confondant par la publicité suffisent à donner du sens à nos vies ? » Le philosophe Abdennour Bidar, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, pense que « dans ce contexte où l’homme réduit à une image masque toute grande image de l’homme qui serait visible au-delà, la burqa exprime quelque chose comme le refoulé de la psychologie collective : le refus d’afficher la moindre image de soi, refus qui correspondrait à la réponse de l’inconscient au règne totalitaire de l’image. Le trou noir de la burqa dans l’espace public ou la tache aveugle dans un paysage dédié aux apparaître vides… L’identité totalement cachée derrière la burqa, c’est l’identité profonde du moi moderne devenu introuvable derrière la profusion de ses images… étalées dans le vide laissé par l’absence de tout grand projet d’existence. » Sans doute, mais la burqa est portée par des femmes, et c’est un homme, en l’occurrence, qui théorise leur choix ( ?) !

     Le thème de l’identité nationale est cher à notre président de la République ! Il cherche à l’ancrer dans la chrétienté en louvoyant, au besoin, du côté de la laïcité (« positive » ou « constructive »…). La burqa le sert infiniment. Qui peut vraiment soutenir le port de la burqa ? Elle rassemble contre elle toutes (tous) les féministes, et les laïcs aussi bien que les chrétiens.

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20/01/2010

Catastrophes et pauvreté, la double peine

     Aujourd’hui, 20 janvier 2010… en première page du n° 20214 du journal Le Monde, une photo de Barack Obama, derrière un pupitre, l’index gauche pointé vers son auditoire… « Nous avons déployé l’une des plus vastes opérations de secours de l’histoire récente… Mais, en ce nouveau siècle, nous ne pourrons répondre seuls à aucun grand défi… notre mission sera d’aider le peuple d’Haïti à poursuivre sa route vers un avenir meilleur… les Etats-unis seront aux côtés du gouvernement haïtien et des Nations unies… ».

     L’ONU, selon Régis Debray en page quinze du même journal, devrait déclarer Haïti « pupille de l’humanité » et créer un statut juridique dépourvu de « connotations condescendantes » auquel toute « nation, victime d’une catastrophe naturelle, en dessous d’un seuil de pauvreté (moins de 1000 dollars per capita), privée de facto de gouvernement, de services publics et d’infrastructures, mise en situation temporaire d’invalidité » pourrait « prétendre ». La France prendrait l’initiative de cette proposition, « non pas parce qu’Haïti, très ancienne colonie française, a fait la fortune de Nantes et de Bordeaux »… « ni même parce que ce pays paria lui a versé en francs-or, chaque année et pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’en 1883, des indemnités destinées aux anciens propriétaires d’esclaves »… « il s’agirait d’une logique d’avenir, tournée vers l’entrecroisement des intérêts bien compris et un sens partagé des responsabilités morales. » (Il conclut par une phrase étrange qu’il attribue au général De Gaulle : « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde » !)

Eric Toussaint et Sophie Perchellet, du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), lui reprochent sur la même page d’ « écarter l’idée d’une restitution » de la « rançon colossale » payée à la France , « 150 millions de francs-or (soit le budget annuel de la France de l’époque) », par la « première république noire au monde ». Leur analyse est que « la dette devient l’instrument néocolonial pour entretenir l’accès aux multiples ressources naturelles de ce pays. Le paiement de cette rançon est l’élément fondateur de l’Etat haïtien. Elle a été reconnue par un régime despotique et utilisée contre les intérêts des populations. La France puis les Etats-Unis, dont la zone d’influence s’élargit à Haïti environ un siècle plus tard, en 1915, en sont pleinement responsables. En 2004, alors qu’il aurait été possible de faire face aux douloureuses responsabilités du passé, le rapport du comité de réflexion présidé par Régis Debray préfère écarter l’idée d’une restitution de cette somme en prétextant qu’elle n’est pas fondée juridiquement… La France ne reconnaît pas non plus son rôle dans l’ignoble cadeau qu’elle fit au dictateur Jean-Claude Duvalier en exil en lui offrant le statut de réfugié politique et l’immunité sous le dur climat de la Côte d’Azur… Une enquête récente a démontré que la fortune de la famille Duvalier représentait 900 millions de dollars, soit une somme plus élevée que la dette totale du pays au moment de la fuite du dictateur… Selon les dernières estimations, plus de 80% de la dette extérieure d’Haïti est détenue par la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) à hauteur de 40% chacune. Sous leur houlette, le gouvernement applique des politiques d’ajustement structurel dramatiques pour la population haïtienne. En échange de la reprise des prêts, on concède à Haïti quelques timides effacements de dette qui ne changent rien à la logique aujourd’hui à l’œuvre tout en donnant une image bienveillante des créanciers. L’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) qui a intégré Haïti voilà quelques années seulement est une manœuvre typique de blanchiment de dette odieuse comme cela a été le cas avec la République démocratique du Congo… » (« Catastrophes et pauvreté, la double peine », titre, en page 2, le journal Le Monde daté du samedi 23 janvier 2010 : … Au cours des deux dernières décennies, les dérèglements de la nature ont tué plus de 2 millions de personnes, et 98% d’entre elles vivaient dans des pays à faibles ressources…)

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19/12/2009

Nouveau monde

     Le 19 décembre 1944 paraissait le premier numéro du journal Le Monde. Au sommaire, le traité de la nouvelle alliance franco-soviétique du 10 décembre 1944, les dernières opérations de guerre, un article d’Emile Henriot intitulé « Le général De Gaulle et ses témoins ». L’éditorial « A NOS LECTEURS » appelait à « une révolution par la loi ». (Le numéro coûtait trois anciens francs, soit environ cinq centimes d’euro.)

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18/12/2009

La lutte pour le climat n’aura pas lieu

L’échec du sommet de Copenhague révèle le peu de poids de l’Europe, qui ne parvient pas à réaliser son unité politique, malgré le traité de Lisbonne.

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7/12/2009

Plus on avance, plus on recule

     « L’avenir de la planète » se jouerait à partir d’aujourd’hui à Copenhague, qui accueille 192 pays pour un sommet mondial sur le climat. La planète en a vu d’autres ! La langue de bois politico-économico-médiatique préfère contourner l’avenir de l’humanité et le présent des hommes. Des informations passent, toutefois. J’apprends que la désertification, qui s’est accélérée depuis les années 1970, contraint les Touaregs à se sédentariser. (Impression étrange que de réentendre, une trentaine d’années plus tard, des thèmes, des préoccupations énoncées dans les mêmes termes (décroissance, croissance zéro…) que ceux de ma génération. René Dumont, candidat à la présidence de la République française après la mort de Georges Pompidou en 1974, avait été l’un des précurseurs de l’écologie politique.)

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08/12/2009

Rappel

     La peste ou le choléra ? Ni l’une, ni l’autre. La grippe AH1N1 est statistiquement bénigne, plutôt moins grave que la grippe saisonnière, à l’origine chaque année en France d’environ quatre à six mille décès. Il reste que le virus pourrait se recombiner à tout moment et devenir redoutable. A ce jour, et comme la majorité des Français qui ne sont pas « potentiellement à risque » (de complications), je n’ai pas encore reçu le bon de vaccination indispensable pour recevoir la précieuse injection. Le temps nécessaire au processus d’élaboration, de fabrication, puis d’administration du vaccin, est trop long pour imaginer qu’il soit possible d’enrayer à temps, avant les premières déferlantes de victimes, un fléau qui serait massivement mortel (Un collègue cinéphile se demande quelle pouvait être la force intérieure du hussard sur le toit !)…

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30/10/2009

Mort de Claude Lévi-Strauss

Il avait déchiffré le « solfège de l’esprit », montré l’universel dans la diversité des cultures…

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21/10/2009

Souffrance au travail

Epidémie de suicides chez France Telecom-Orange…

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14/10/2009

Lecture vivante

     J’ai emprunté à la bibliothèque municipale les trois livres traduits en Français (sur une vingtaine d’œuvres) de Herta Müller. Ils étaient confinés dans une réserve de la section « Patrimoine ». Je les ai parcourus, fébrile, pour me faire une idée (forcément inadéquate, voire stupide). Et je me sens stupide au sens propre (stupéfiée, figée, incapable de me remuer) comme au sens figuré, moi qui ai entrepris d’écrire de temps à autre quelques lignes faciles, pour retrouver la trame d’un destin collectif, qui se fait ou se défait sous nos yeux (« Ensemble, c’est tout », comme dirait Anna Gavalda)…

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10/10/2009

Littérature et politique

     Le prix Nobel de la paix vient d’être décerné à Barack Obama, celui de littérature à Herta Müller, dans un contexte géopolitique où les poussées totalitaires reprennent racine comme du chiendent.

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30/09/2009

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     Changement de culture au bureau : nous ne nous faisons plus la bise… Les premières séances de vaccination collectives contre le virus AH1N1 devraient commencer, en France, courant Octobre. Un grand nombre de médecins et d’infirmières n’aurait pas l’intention de s’y soumettre. Les autorités s’inquiètent de la propagation de ce mauvais exemple. Un syndicat des personnels de la santé a révélé, quant à lui, la dangerosité possible d’un vaccin fabriqué dans l’urgence. Certains rappellent le précédent américain de 1976, quand une vaccination de masse destinée à enrayer une grippe de l’époque avait été suivie de plusieurs centaines de cas de maladie invalidante. D’autres ne comprennent pas la politique coûteuse des gouvernements qui font tourner à plein régime les industries pharmaceutiques pour lutter contre une grippe bénigne. L’imagination, ici ou là, s’emballe. Ne s’agirait-il pas d’une simulation à l’échelle mondiale, orchestrée par l’OMS, d’un scénario pandémique catastrophique, pour entraîner gouvernements et populations à réagir correctement en cas d’acte terroriste bactériologique ? Plus sérieusement, des experts de la mondialisation pensent que l’humanité doit se préparer à la survenue de pandémies redoutables, causées par des virus qui peuvent à loisir se combiner et se recombiner sur le terrain (prospère pour eux!) de la misère. Il paraît qu’un développement équitable (et donc durable) serait un antiviral de premier plan.

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23/09/2009

Patience dans l’azur

Il ne s’agit pas d’être idéaliste, ou naïf… Plutôt de suivre une direction. Celle des étoiles ?

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21/09/2009

Droits de l’homme

     Un ancien premier ministre de la République française accuse l’actuel président de la République française de l’obliger à comparaître de façon inique devant un tribunal de la Justice française, dont il déclare néanmoins qu’il sortira blanchi. Son cas serait exemplaire. « Cela se passe », a-t-il dit en pesant ses mots, « en France, en 2009. » Puisse-t-il faire jurisprudence pour tous les prisonnier-ère-s politiques du monde entier !

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22/09/2009

     Les migrants avaient surnommé le petit bois où ils avaient trouvé refuge « la jungle ». A 7H 30 du matin, leurs abris de secours ont été détruits sur l’ordre du ministre de l’identité nationale – et de l’immigration ! – Eric Besson, ancien socialiste.

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18/09/2009

« L’empathie : se vivre soi-même comme un autre… »

        L’émission Sciences publiques de France Culture porte sur le développement durable. Le débat tourne autour de l’ampleur des futurs désastres, fonction de la plus ou moins forte volonté actuelle d’en atténuer les effets.

      L’un des intervenants s’intéresse aux oxymores (quatre-quatre urbain, moralisation du capitalisme…). Sa thèse est que seule la prise de conscience du risque encouru personnellement peut déclencher l’action. L’intervenant qui a cité Paul Ricoeur déplace la discussion sur le terrain des tragédies d’aujourd’hui. Sa thèse est que la meilleure façon de prévenir les catastrophes du futur serait de mettre en œuvre, maintenant et tout de suite, un développement équitable pour tous les habitants de la planète.

     Quelques heures plus tard, sur France Inter, autre émission, même thème. Une scientifique expose les raisons de son optimisme. Face à la contrainte, l’Homme a toujours réussi à se tirer d’affaire ! J’écoute d’une oreille distraite, je mets du temps à comprendre mon malaise. L’Homme, peut-être, mais les humains ? Chacune des personnes qui peuplent ou peupleront la Terre ? Je me souviens alors à quel point la voix de l’intervenant (Jean-Claude Ameisen?) qui se préoccupait, au début de l’après-midi, des malheurs présents vibrait d’empathie. La voix de la scientifique me paraît froide. Je n’aime pas cette voix (e)-là.

au fond de la conscience
venu d’avant le big bang
de la naissance

Toujours

rayon de lumière
aveugle
évidence de l’obscurité
désir priant
prière désert

Eau

de tant de soifs

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(Business as usualBusiness as usuaBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usual Business as usualBusiness as usuaBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usual Business as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usual Business as usualBusiness as usuaBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usua Business as usualBusiness as usuaBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usuaBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usuaBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusiness as usualBusin…)

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14/08/2009

Poussée de fièvre des indices boursiers

Le CAC 40 a testé les 3.500 points, soit un bond de 40% par rapport au plus bas de la fin février.

     La planète Terre au sens propre est possédée, cartes foncières à l’appui. Les plus misérables le sont par les plus riches, les plus faibles par les plus puissants, le Terrien lambda par les auteurs de désastres, les décideurs de catastrophes par leur folie démesurée. (Et Cassandre n’a qu’à se taire…)

ils cheminaient

Job

à la révolte justifiée

Abraham

à la confiance folle

et Philoctète

et Antigone

loin devant

l’humanité

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1/08/2009

Théocratie

     Les procès des opposants au régime de Khamenei-Ahmadinejad ont commencé. Le président proclamé réélu par sa garde doit prêter serment ( ! ) le 5 août.

     En circulant dans un quartier périphérique de la ville, j’ai aperçu une jeune femme vêtue de noir des pieds à la tête. Son visage était visible, ce n’était pas la burqa. Les religieuses de mon enfance étaient comme elle, avec en plus, sous leur voile, une coiffe blanche amidonnée qui ne laissait pas dépasser un seul de leurs cheveux. En ce temps-là, dix à quinze ans après la publication du Deuxième sexe par Simone de Beauvoir, les femmes françaises n’avaient pas le droit d’ouvrir un compte en banque. L’autorité parentale était celle du père ; l’éducation des filles, sous surveillance. (Vote de la population afghane le 20 août…)

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27/07/2009

Le réveil de la Chine

Sommet sino-américain à Washington.
« Les relations entre les Etats-Unis et la Chine façonneront le XXIe siècle », dixit Barack Obama…

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20/07/2009

Science-fiction

     Aujourd’hui, 20 juillet 2009, « l’humanité se prépare », disent les médias, « à célébrer le pas de géant accompli en 1969 sur la lune »… (Je me trouvais ce jour-là, ou cette nuit-là, dans le massif central, près du Puy-en-Velay, où j’encadrais une équipe d’enfants en tant que monitrice de colonie de vacances ; notre équipe s’appelait « Les cosmonautes »…)

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16/07/2009

Priorités

     Au courrier d’aujourd’hui, une lettre d’Amnesty International pour présenter le rapport annuel de l’association. Elle commence par cet extrait de l’introduction rédigée par la secrétaire générale, Irène Khan : « En septembre 2008, à New York, j’assistais à la réunion de haut niveau organisée par l’ONU sur les Objectifs du millénaire pour le développement, ces buts que se sont fixés les membres de la communauté internationale afin de tenter de réduire la pauvreté d’ici à 2015. L’un après l’autre, les délégués ont pris la parole et réclamé davantage de moyens financiers pour en finir avec la faim, pour réduire la mortalité des enfants en bas âge et des femmes en couches, pour que chacun ait accès à l’eau potable et à des installations sanitaires, pour que le droit des filles à l’éducation soit respecté. La vie et la dignité de milliards d’êtres humains étaient en jeu ; pourtant, on ne voyait se manifester qu’une volonté limitée de dégager l’argent qu’appelaient tous leurs discours. En quittant le siège des Nations unies, mes yeux se sont posés sur des écrans où il était question de tout autre chose, d’un événement survenu à l’autre bout de Manhattan : l’effondrement de l’une des plus grandes banques d’affaires de Wall Street. (…) Les gouvernements de pays riches et puissants qui disaient ne pas disposer des ressources nécessaires à la lutte contre la pauvreté, ont soudain trouvé des sommes infiniment supérieures pour voler au secours de banques à la dérive (…). »

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12/07/2009

Violence sociale

     La Réforme Générale des Politiques Publiques (RGPP) a conduit, en France, à une vaste restructuration de l’administration, que certains fonctionnaires vivent comme un désastre. Un ancien ministre voulait « dégraisser le mammouth », mais il s’agissait seulement de l’Education Nationale. Celle-ci est désormais sinistrée.

     « De l’histoire du développement de la violence à l’école à la fin du vingtième siècle » pourrait être l’intitulé d’une thèse, qui apporterait probablement quelques éléments de réponse aux questions que se pose Nancy Huston après la lecture, qu’elle recommande vivement, d’un essai publié par Olivier Maurel, « Oui, la nature humaine est bonne ! ». « Quid », se demande-t-elle, « des autres causes (autres qu’une « misopédie généralisée ») de la violence ? » La « misopédie généralisée », de l’Antiquité à nos jours en passant par Freud, serait à l’origine de toutes les formes de violence, de tous les crimes, de tous les régimes totalitaires… Quid du contrat social ? Les parents de l’enfant devenu enfin roi au cours de la seconde moitié du vingtième siècle sont désormais chômeurs, mal logés, mal traités, adultes de plus en plus précaires…

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2/07/2009

Changement climatique

L’été pourrait être caniculaire…

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25/06/2009

Humanité

     Jour de deuil en Iran. Des dizaines de manifestants ont été tués, des centaines ont été blessés. Le régime d’Ahmadinejad-Khamenei a imposé sa vision de l’ordre à ce prix. (Dieu est grand, Dieu est parole, Dieu est amour…) (A Calais, des centaines de migrants pachtounes et somaliens survivent dans une zone qu’ils appellent la jungle, hors de toute civilisation. Sans eau pour se laver, ils attrapent la gale…)

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19/06/2009

Tyrannie

     Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, a pris position en faveur du président sortant. Les candidats réformateurs déclarés battus sont rendus responsables d’un éventuel bain de sang, alors que leurs partisans manifestent de façon non violente.

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15/06/2009

Liberté

Des foules se lèvent en Iran pour contester les résultats de l’élection présidentielle du 12 juin…

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7/06/2009

Portion congrue

     Les Européens devaient élire leurs députés. Soixante pour cent ont préféré s’abstenir. La majorité des votants a choisi les listes conservatrices et libérales. En France, les Verts se sont hissés au niveau du parti socialiste. Avec, au total, une cinquantaine d’élus pour environ 750 sièges, la part des Verts au Parlement européen ne sera que de 6,5%.

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4/06/2009

Spiritualité

     Discours historique de Barack Obama, prononcé au Caire de la part des Etats-Unis pour les musulmans du monde entier. En citant le saint Coran, la sainte Bible et le Talmud, il a relancé le dialogue interreligieux qui avait été quelque peu malmené par le pape Benoît XVI. Les laïcs ne devraient pas en prendre ombrage, puisqu’il invite tout le monde à se demander : « Qu’est-ce que la démocratie  » ?

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26/05/2009

Sauve qui peut…

     En face des maladies, des catastrophes, quelles volontés ?Le nombre de décès attribués à la grippe est, à ce jour, de quatre-vingt-onze. Les victimes du paludisme sont innombrables et non comptées. Après le bulletin météo, les résultats du loto et l’état d’avancement de l’épidémie grippale, le flot ou le lot des informations rapporte qu’un cyclone, une fois de plus, a ravagé le Bangladesh. Les gouvernements occidentaux, qui ont pourtant inventé le principe de précaution, paraissent laisser se développer la crise économico-écologique. Rousseau, pour défendre la Providence, prétendait, à propos du tremblement de terre de Lisbonne, que les habitants des collines dévastées n’auraient pas dû y construire leurs pauvres masures…

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27/04/2009

Mondialisation

     Mexico, encore. L’enfer, déjà ? Un foyer de grippe (sorte de peste ?) se développe dans la capitale mexicaine, à tel point que le monde entier se prépare à une pandémie.

      (Les jonquilles ont baissé la tête, elles se renfrognent et se plissent.)

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16/04/2009

Questions de foi

     Le sociologue demande au journaliste : « Croyez-vous à l’égalité entre tous les êtres humains ? » Le journaliste : « Oui, oui… »

     Le sociologue, en appuyant : « Donc, vous y croyez ? » Le journaliste reste silencieux. Le sociologue : « Et bien, puisque vous y croyez – moi aussi d’ailleurs, et nous avons raison d’y croire ! – c’est un dogme. »

     Il ajoute qu’il ne faut pas regarder les autres comme un entomologiste étudiant les insectes, façon Lévi-Strauss…

    Scientisme ? L’économie a été dotée d’un pseudo « prix Nobel » et prétend fonctionner comme les siences physiques. Prestidigitation ? La sphère financière a créé ses propres actifs virtuels, déconnectés de la masse monétaire. La vie réelle avance masquée. La moindre annonce qui pourrait augurer la fin de la crise entraîne une poussée de fièvre des indices boursiers, comme si les sorciers de l’économie ne demandaient qu’à relancer la machine dans la direction du mur…

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15/04/2009

Alerte

     Mexico manque d’eau. Les difficultés d’approvisionnement pourraient tourner au cauchemar ou à l’enfer si la mégalopole continue de croître…

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6/04/2009

Silence!

     Les infos et leur flux ininterrompu de mauvaises nouvelles : séïsme en Italie, attentats ailleurs… Je pense à Belinda Canonne, qui vient de publier un roman dont le personnage principal est un ingénieur du son qui lui apprend à « débruiter ».

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3/04/2009

Changement d’ère

Sommet de l’OTAN à Strasbourg. Vieux monde en déclin ?

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2/04/2009

Création d’un G20, réunion à Londres. Nouveau monde en gestation ?

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9/03/2009

Finance toxique

     Le CAC 40 valait 1.000 points en 1987, 7.000 en septembre 2000, 2.700 en mars 2003, 6.000 en janvier 2008. Il vient de tomber à 2.500 points, soit 2,5 fois plus que vingt ans auparavant. Où est le problème ?

  La crise de confiance interbancaire perdure depuis août 2007, malgré la panoplie impressionnante de remèdes administrés par les banques centrales et les Etats. Le virus s’est introduit dans le système financier via les crédits hypothécaires à risque, désormais appelés produits toxiques. Puis la toxicité s’est propagée à l’ensemble des crédits à la consommation. Chaque jour ou presque apparaît une nouvelle forme du poison. Crédits douteux accordés aux entreprises (Leverage BO, …), et même aux collectivités locales (par l’intermédiaire, en particulier, de la banque Dexia, l’ancien et respectable Crédit Local de France…). Cantonner les produits toxiques dans des bad tankers reviendrait, dans ces conditions, à mettre en quarantaine toute la finance mondiale.

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23/02/2009

La Crise (suite)

    Nouvelle chute mondiale des indices boursiers. Les banques sont en quasi faillite. Des Etats sont menacés de banqueroute.

   Retour en arrière : l’opinion dominante était que la crise des subprimes serait cantonnée au secteur immobilier, que les économies des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…) soutiendraient la croissance mondiale, que la crise de 2008 n’était pas comparable au krach de 1929, que l’Europe, ce n’était pas les Etats-Unis, que la France, ce n’était pas le Royaume-Uni, etc…

     Sassen, professeure de sociologie à l’Université Columbia, estime que le sauvetage du système financier est impossible. Les dettes se comptent par milliers de milliards de dollars. Les capitaux non financiers, issus de l’économie réelle ou de fonds publics, mobilisés pour garantir ces sommes astronomiques, sont comme des lilliputiens.

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20/01/2009

J’ai fait un rêve…

     Aujourd’hui, 20 janvier 2009, en assistant, par écran de télévision interposé, à la prestation de serment de Barack Obama, je me souviens de tous les rêves des années soixante. (En 1968, un journaliste français s’apprêtait à publier « Le défi américain »…)

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21/12/2008

Décroissance

Au bilan de cette fin d’année 2008, la chute de la construction automobile. Des millions de voitures neuves en moins sur de nouvelles places de parking qui ne seront pas construites. (J’aurais le droit d’écrire la phrase qui précède si je n’utilisais plus ma voiture personnelle et si j’avais perdu mon emploi.)

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19/12/2008

Le prix du quotidien

     Je sors d’une boulangerie avec un pain de 250 grammes qui m’a coûté 0,85 euro. J’ai payé mon journal 1,30 euro. Je lis que la Livre Sterling ne vaut plus qu’un euro et six centimes. Que des fonds d’investissement achètent des terres dans les régions les plus pauvres de la planète pour assurer la « sécurité alimentaire » de leurs actionnaires, à moins que ce ne soit pour spéculer sur les rendements de l’agriculture…

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9/11/2008

Tautologie

     Au nombre des liens qui relient les êtres humains, l’argent? Avant le passage à l’Euro, la Banque de France avait imprimé un billet de cinq francs à l’effigie du Petit Prince. « Respect de l’Homme! Respect de l’Homme!… Si le respect de l’Homme est fondé dans le coeur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le système social, politique ou économique qui consacrera ce respect »: Saint-Exupéry, « Lettre à un otage », 1944.

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8/11/2008

Les faux monneyeurs

     Le krach de 2008 montrerait à quel point l’Occident a rejeté les fondements juridiques du capitalisme. Les banques ne savent plus ce qu’elles possèdent, leurs papiers ne reflètent plus la réalité, toute l’information est devenue fausse. La titrisation des crédits hypothécaires à risque a séparé la finance du système de la propriété au sens noble du terme, entendue comme un ensemble de droits et de devoirs: Hernando de Soto, interviewé par Le Monde 2.

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20/08/2008

*Le sourire innombrable

     Aujourd’hui, 20 août 2008, devant un poste de télévision peu différent (je n’ai pas d’écran plat) de ceux qui étaient fabriqués quarante-quatre ans plus tôt, je regarde les JO de Pékin et je me souviens qu’en 1964 (JO de Tokyo), une enseignante nous avait demandé d’imaginer l’an 2000. Robots, soucoupes volantes, vacances sur la planète Mars dans la maison de « Mon oncle » au carré, le vieux monde faisait place à un univers de science-fiction spectaculaire… Aujourd’hui, la planète Terre est un village, mais les villes sont des mégalopoles. La révolution est microscopique, sur le marché aux puces électroniques. Le nouveau monde est emballé dans une toile, tissée par l’Internet. A Pékin, des survivants de l’ancien monde essaient d’empêcher la Toile de véhiculer les informations qui les gênent, mais Bouddha continue de sourire.

     Tous les jours, sur tous les points du globe terrestre, les nouvelles circulent à chaque instant. Le Terrien lambda, à moins de vivre dans un bois, est témoin de tous les malheurs du monde. Ainsi, une éruption géopolitique s’est produite le 8/08/2008. Les Géorgiens ont envahi l’Ossétie du Sud et les Russes ont envahi la Géorgie.

     Les Français, pour se distraire, vont voir en masse un film sur le bonheur des Ch’tis.

   Un professeur de philosophie vient de publier une nouvelle traduction de la métaphysique d’Aristote. Ses étudiants capables de lire le Grec ancien se comptent sur les doigts d’une main. Il se demande qui pourra discuter du sens de l’Ousia. Ecrire, à cause de cet étonnement primordial.

     [*Le sourire innombrable est un titre emprunté à Jacqueline de Romilly.]

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26/06/2007

 Sous les pavés, la plage

La mairie de Paris a décidé d’offrir aux habitants un décor de vacances.

Pour installer abris-bains et parasols, elle fait démonter des tentes de SDF…

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17/03/2007

Salon du livre

     Un éditeur connu parle littérature sur le podium de France Culture: les milliers de manuscrits qu’il reçoit chaque année lui servent de « terreau »; la littérature anglo-saxonne en serait restée à Charles Dickens…

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12/03/2007

Télescopage

     Le président a préparé sa sortie, le président s’en va, le président n’a pas encore quitté le pouvoir. Ses adieux préliminaires aux Français comportent des recommandations dont la première est de « ne jamais composer avec le rejet de l’autre ». Nicolas Sarkozy vient d’annoncer la création, sous sa future (?) présidence, d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Simone Veil lui apporte sa caution d’ancienne déportée (!)…

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25/02/2007

Rendre à César

     Lors de la cérémonie de remise des César, Pascale Ferran, qui venait de recevoir celui du meilleur film français pour Lady Chatterley, a dénoncé « la violence économique » destructrice de la création cinématographique française…

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23/11/2006

Vieille lucarne

     Alléchée par la prestation annoncée d’un homme politique, je regarde le Journal Télévisé. Je me souviens des speakerines de jadis. Le présentateur me paraît inutile. Le JT est un pot-pourri d’informations. L’événement géopolitique devient un fait divers parmi d’autres. Je ferme les yeux pour éviter des images dures. L’émotionnel est en prime time. Le monde du spectacle fait partie intégrante du JT. J’apprends que telle vedette a fait ses adieux définitifs entre les résultats d’une enquête de l’Insee sur la pauvreté et l’annonce d’une fausse alerte à la bombe. Le dit du présentateur me paraît en contradiction avec une illustration-logo. J’ai entendu « bons » (les résultats de l’Insee), c’était sans doute le message à retenir. Les sujets se succèdent à vive allure, sans transition, sans ordre. Le Présentateur-Vedette marmonne. Vers la fin des trente minutes sacralisées, il marmonne plus vite. En guise de conclusion, il résume pour les millions de téléspectateurs qui le contemplent l’information importante du jour. J’ai perdu. La nouvelle que j’avais trouvée capitale était autre. Il enchaîne en annonçant les « rendez-vous » de la soirée. Surtout, ne pas quitter la chaîne. J’éteins. Je me sens gavée comme une oie. 

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10/08/2006

Le nucléaire, un fait divers ?

     Cet entrefilet dans un journal: « Une catastrophe de type Tchernobyl (!), due à la surchauffe d’un réacteur dans une centrale nucléaire suédoise, a été évitée de justesse (!) en juillet dernier. »

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