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Procès-verbal

Les Cosaques des Frontières

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Procès-verbal

Punir les mots dits verbaliser la mal√©diction parodier la parole chanter faux psalmodier des rengaines d√©gainer plus vite que‚Ķ avoir peur de son ombre‚Ķ peur de vivre dans l‚Äôombre craindre la lumi√®re √©teindre les lumi√®res mourir faire de l‚Äôombre tenter de vivre se lib√©rer d√©lib√©rer tergiverser retourner sa veste tirer les ficelles partir sans se retourner tourner le dos √† soi-m√™me marcher √† reculons d√©fense d‚Äôentrer chasse gard√©e coeur bless√© chien m√©chant un homme averti‚Ķ votre attention s‚Äôil-vous-pla√ģt¬†!‚Ķ gardez vos distances apprenez √†‚Ķ d√©compter les addictions¬†engranger les profits compter les moutons d√©gager les pertes se d√©gager se d√©sengager s‚Äôabstraire sortir du r√©el entrer dans la fiction jouer avec les mots verser l‚Äôencre des larmes jeter l‚Äôancre faire une pause cr√©er du silence recr√©er le monde inventer l‚Äôinnocence se pr√™ter au jeu simuler faire semblant laver plus blanc que blanc lessiver tant et tant repasser recommencer pousser le rocher ne‚Ķ

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Off

S’endormir
pour oublier l’√©quivoque de la vie
le quiproquo fondamental
le triangle équilatéral
l’incompr√©hension absolue
la quadrature du cercle
en comptant les étoiles
qui tournent en rond

 

Puissance évocatrice

¬†¬†¬†¬† De loin, sa silhouette √©tonne. Il est seul, para√ģt fragile. Sa pr√©sence absorbe l’espace, je ne vois plus que lui. Qui est-il? Je l’ignore. Je suis ici par hasard. Il continuera son chemin, je m’√©loignerai de mon c√īt√©. Si je ferme les yeux, si je d√©tourne la t√™te, d√©j√†, il s’efface. Et pourtant, il est. Il est cette pr√©sence insolite qui retient la lumi√®re, arr√™te le regard. Il est cette image immat√©rielle qui s’est fix√©e dans ma m√©moire, cette photo prise √† son insu un soir d’automne, ce vent l√©ger qui nous caressait le visage, cette lumi√®re un peu floue qui le rendait irr√©el. Il est. Il est plus que je ne saurais jamais √™tre √† moi-m√™me. Pr√©sence pure, mat√©rialit√© vivante qui a pour toujours incis√© le r√©el, musique du monde, coeur battant de la vie. Il est ce par quoi le n√©ant (n√© en) n’a pas de sens. Il est une apparition au d√©tour de ma route. Il est cette forme un peu √©trange, habill√©e de blanc, qui semble pouvoir s’envoler √† tout moment.

Silence

Silence, rien que le silence… Silence des couleurs, paysage monochrome et gris de l’√Ęme… Gris p√Ęle et presque doux. Douceur du silence accept√© et habit√©. Aujourd’hui, il ne s’est rien pass√©. Se peut-il qu’il ne se passe rien? Rien, presque rien n’a travers√© mon espace mental. Je ne me suis pas barricad√©e, je ne me suis pas retranch√©e. Je me suis laiss√© vivre au gr√© de mon souffle fatigu√©. Silence un peu saccad√©. Gris l√©g√®rement scintillant.

Caduque

Que se passe-t-il ?

Les feuilles mortes ne s’accumulent pas encore sur le sol, le soleil ne dispara√ģt pas encore avant le soir sous l’horizon, pour un peu, nous pourrions encore croire √† l’√©t√©. Que se passe-t-il ? Je me d√©tache de ce qui n’a jamais √©t√©, je ne suis plus (l’ai-je jamais √©t√© ?) ce que je n’ai jamais vraiment √©t√© m√™me parfois en √©t√©.

Que se passe-t-il ? Cette inflexion, cette inclinaison, cette courbure de l’esprit trop facilement suivie par des pens√©es obscures, envahissantes et tenaces comme du chiendent, ce serait cela, cela, la tonalit√© r√©elle de mon coeur, la musique profonde qui commande l’architecture de mon squelette ? Cela, c’est-√†-dire la mort ? Non pas la mort in√©vitable, la mort connue d√®s la naissance, mais la vraie mort, l’alt√©ration, la destruction de soi-m√™me ?

Le don de la parole

Je voudrais te dire… Que je ne parviens pas √† te dire… Qu’il est impossible de dire… Que je n’ai pas les mots… Que quand bien m√™me… ¬†Te rends-tu compte? Cela est-il possible? Pourrais-tu le dire? Le formuler? Tenter de l’exprimer? As-tu les mots pour le dire? Je voudrais tant… Que tu me comprennes… Et pouvoir te comprendre… Comment dire… Il me semble que… Les mots sont-ils n√©cessaires?… As-tu besoin des mots? De mes mots? De tes mots? De quels mots? Est-ce que tu lis en moi? Que lis-tu? Je n’y vois pas clair… Je n’ai pas de r√©ponses… Je tente parfois une lecture… J’esquisse… J’esth√©tise… Je temporise… Silence. Pourquoi ne dis-tu rien? Je parle trop? O√Ļ sont les mots? Les miens? Les tiens? Je t’adjure… Je t’en supplie… Dis-moi un mot, un seul, qui soit vraiment de toi. Je le conserverais en moi comme un tr√©sor. Je le porterais comme un bijou. Ce mot. Unique. Qui me viendrait de toi…

Modernité, technicité, efficacité

L’art et le monde sont désenchantés comme le Boléro de Ravel ou Je m’en vais de Jean Echenoz. De l’instrumentation, de l’orchestration, plus de musique.

Rêver, malgré tout?

Ecouter de la musique,

tzigane.