poèmes

Le réel et l’inimaginable

Ce geste tendre
ta main si douce
rien ne pourra jamais l’empêcher…

Ce baiser sur le front
ton rire aux éclats
rien ne pourra jamais l’empêcher…

Nos départs à l’aurore
nos promenades paisibles
l’émerveillement partagé…

Rien ne pourra jamais l’empêcher.

Un écho, dans le coeur, répond à la beauté du monde. Les couleurs or et pourpre de l’automne, comme celles du crépuscule, magnifient l’approche de l’hiver et de la nuit.

Quand il fera noir et très froid, il faudra essayer de ne pas avoir trop peur…

 

Avant la nuit

Douceur
les couleurs ne sont pas encore effacées
les lampes des maisons sont pourtant déjà allumées en prévision de la nuit

Douceur de l’instant
l’intensité du jour s’atténue pour accueillir le soir
le soir fait miroiter ses habits soyeux pour faire honneur au jour

Instant magique
qui abolit le temps
il ne fait plus jour mais il ne fait pas nuit
sensation un peu irréelle
qui donne le sentiment de l’éternel

A l’intérieur de la voiture chante la musique de Mozart
modulation infinie des notes claires
l’âme est légère, emportée par un ange espiègle
des guirlandes de lumières joyeuses jalonnent la route à travers la campagne

Invitation à la danse

 

Intemporel

Le paysage défile
la voiture file vite
trois gouttes de pluie
sur le pare-brise
dégoulinent
les éoliennes dans les champs
agitent leurs bras en cadence
le souffle de la brise apporte les parfums
du soir
l’angélus est passé, on ne s’arrête plus
pour prier
le ciel au-dessus de nos têtes
se couvre de nuages courroucés
mais le soleil n’est pas encore couché
il n’est pas cou coupé
la lumière est douce
elle tamise les soucis de la journée
la route est comme un pont suspendu
entre deux moments qui se repoussent
il n’y a plus d’avant, il n’y a plus d’après
le trajet est toujours identique
mais le voyage
toujours recommencé
s’émancipe, prend son envol
qui suis-je, où vais-je, quelle importance?
elle est où
l’éternité?

Passagère obligée

Un roulis dans l’oreille gauche; les yeux se ferment sur une fatigue hypnotique; l’œil droit s’enquiert parfois du paysage; les bribes d’information saisies renseignent sur l’avancement du parcours…

Le conducteur me transporte comme un ballot de paille; lui donner une forme reviendrait à faire de moi un épouvantail…

J’aimerais n’épouvanter que les corbeaux et attirer les mésanges… pour regarder leurs acrobaties sur la carotte qui me servirait de nez et à elles de perchoir !

Au volant, en passant

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La vitesse
ouvre l’espace

la route invente
un cinéma monotone
au décor immuable

seul le ciel change
et les saisons

aujourd’hui, le paysage est vert et jaune
autour de quelques éoliennes blanches
qui jalonnent le trajet

le soleil se couche en beauté
comme j’aimerais le faire
le soir de mon dernier souffle

la lumière est plus belle que le jour
avant la nuit
plus tendres sont les amours
au crépuscule

un parfum se répand
de fleurs caressées par le vent
dans l’habitacle de la voiture

l’air est léger
de chaque côté de la route
on dirait que les arbres ont envie de danser

Inexplicable

La joie quand même, la joie toujours, une joie triste, une joie qui ne sait pas qu’elle sait ou qui sait qu’elle ne sait pas, une joie têtue, une joie douce, une joie qui aime aimer, une joie enracinée, une joie plus difficile à arracher que les ronces, une joie fragile, une joie qui pleure, une joie qui doute, une joie qui regrette, une joie qui pense que le monde est mal fait, une joie qui voudrait se cacher, une joie qui est, une joie qui voudrait demeurer, une joie moins absurde que le mal, une joie qui soustrait du mal au mal, une joie vitale, une joie primordiale, une joie essentielle, une joie qui chante, une joie qui enchante, une joie magicienne, une joie qui change tout…

Mortelle absence

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L‘eau s’écoule et je demeure meurs
je lui avais donné mon coeur
le temps s’enfuit et nos amours
je ne crois plus à son retour
sous le pont gris de nos soupirs
coule la tristesse des jours
à venir, vides à en mourir

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La chanson est monotone
soleil noir des jours enfuis
traîtresse joie dans la nuit
son souvenir m’abandonne
caduques les promesses tombent
comme les feuilles en automne
elles m’emportent dans la tombe

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4173953323_5e3b60cd38_zTournez, manèges enfantins
tant que dure le bonheur
moins dur sera le destin
l’amour fait tourner les cœurs
écoutez la ritournelle
les rêveries ont des ailes
les amants n’ont pas de rancoeur

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Les corps fatigués se frôlent
dans la ville souterraine
les fantômes jouent leur rôle
pour consoler les âmes en peine
ils vont de tunnel en tunnel
chercher l’amour éternel
mais la nuit reste souveraine

3709476429_4d9eed4bf2_zElle cueillait le jour comme une fleur
mais tu as laissé tomber son coeur
écoute la ritournelle
elle n’avait pas de rancoeur
elle cherchait l’amour éternel
les rêveries ont des ailes
le temps s’écoule aujourd’hui sans elle

Texte écrit pour les Vases communicants du 2 décembre 2016
Photos : Marie-Noëlle Bertrand

 

 

 

 

Plaine qui court

Le vent qui souffle

Des tons fauves, étalés sur les bas-champs inondés. A perte de vue la plaine qui court, et le ciel rempli d’amour qui fait pleuvoir l’azur. Etrange assemblage qui étonne le regard, titille l’âme. L’eau s’est substituée à la terre, les saules ont déposé leurs pleurs sur les marécages gelés. Sur les nappes immobiles, sur la végétation figée, sur les teintes uniformément éteintes, la lumière réfractée fait flamber la vie. Dans ce reflet de l’été sur l’hiver, dans cet assemblage insolite d’éléments qui ne sont plus domestiqués, l’âme a reconnu le carrefour où elle campe, en attendant l’éther éternel été…

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