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Aux bords des mondes avec Isabelle Pariente-Butterlin

   Se retirer aux bords des mondes est possible ici avec Isabelle Pariente-Butterlin. Loin de la fureur et du bruit. Y respirer et y vivre en vérité est à la portée de qui veut bien se laisser guider par sa main expérimentée, amie, qui fraie un passage dans les endroits les plus reculés de la conscience que nous avons de nous-mêmes, de l’univers et du langage.

   Aux bords des mondes est un lieu unique d’intelligence, de sensibilité et de beauté. Cet alliage ou cette alliance élève et rend heureux. Isabelle Pariente est une artiste qui polit ses phrases comme les galets de l’océan qu’elle aime tant.

   « Il importe sans doute pour moi… que je me souvienne toujours avoir eu comme jouet préféré le langage. » Elle « continue dans le langage ce geste qui a été celui de [mon] son enfance ».

   Chaque phrase est un fil tendu à la frontière poreuse des bords des mondes. Elle traque à chaque instant le point de fuite où se frôlent les extrêmes et l’impensable.

   Le geste d’écrire est celui d’un promeneur solitaire dont la seule certitude est d’avancer un pas après l’autre. Je s’inscrit dans le monde comme le point d’insertion fragile de la lettre en contact avec la page, point noir sur fond blanc, fond brillant de nos écrans numériques.

   Car la dynamique des bords des mondes ne serait pas la même sur un simple support papier. « La structure des bords des mondes, explique-t-elle ( link ), est, depuis que j’écris sur Internet, une structure dynamique. » « Par exemple, je ne savais pas que les images pour moi avaient une telle importance, je ne considérais pas que le sens de la vue était aussi central dans mon expérience du monde » (link )…

   Le carnet des images d’Isabelle Pariente est une merveille où se croisent et s’interpellent le dit et le vu, l’interprétation du réel et le réel imaginé, imaginaire. La logique interne au langage et à la pensée épouse le mouvement du monde dans l’apparence même qu’il nous livre.

   Aux bords des mondes est une immense pulsation, le battement d’un coeur qui devient le nôtre, un grand livre à lire et à relire sans discontinuer.

6 juin 2013

cartographie littéraire établie par Isabelle Pariente-Butterlin

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 Invitation à lire Francis Royo

   Le soleil ne se regarde pas ou rend aveugle. Francis Royo est l’un(e) des rares à tenter et à réussir l’impossible. Les mots qu’il distille sont condensés jusqu’à la fulgurance du sens et le lecteur est comme frappé par la foudre. Il est donc possible de saisir l’éclair, de dire cela comme cela, avec des mots si justes, si justement choisis pour appréhender ce qui échappe?

     Francis Royo dit la condition humaine, la condition commune, avec des accents hors du commun . Son regard est implacable, mais tendre. Il dit mieux que personne à quel point nous sommes inconsolablesenfants perdus que nous restons à jamais. Sa parole est d’or et de silence. Elle coule sur le sablier de l’existence. Le puits sans fond de l’exil  où elle prend sa source lui donne des accents pascaliens, adoucis parfois, à la façon de Montaigne , par une méditation à la mesure de l’homme.

   Sur les chemins, nous respirons avec Francis Royo les odeurs de la terre mouillée, et nous ressentons le poids de nos pas . Rimbaud n’est pas loin, et Verlaine.

   Il lui arrive de céder à un rêve de bonheur.

     Là derrière les soleils et les ombres sur les pentes frayées à coups d’épaule il y a toujours

     cette merveille étrange qui n’a pas encore de couleur et qu’il faut inventer d’urgence

   Bribes 5.2- 25 avril 2013.

     [Voir Contrepoint: Blog à quatre mains de Francis Royo et Claudine Sales]

12 juin 2013 et 15 mars 2014

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[Retour à l’accueil]

Les couleurs de Claudine

 Elle avait commencé par dessiner. Pourquoi diable s’éloigner de la ligne pour aller chercher les couleurs? Claudine aimait le dessin comme on aime l’écriture. L’épure, la conceptualisation, une certaine idée de la beauté et de la vie, la recherche d’un sens gagné laborieusement une ligne après l’autre sur un chemin tracé chaque jour. Le dessin attire l’ombre comme la musique le silence [ link ]. L’âme de l’artiste s’y repose avec joie. Mais l’ombre finit toujours par faire parler la lumière et le silence par réveiller les notes. Claudine hésitait cependant à quitter son havre de paix. La tentation de se plonger dans le monde chatoyant des couleurs n’allait-il pas la priver de l’essentiel? C’est alors qu’elle découvrit de merveilleux petits bâtons de craie colorée appelés pastels. Elle se mit à les tenir entre ses doigts comme les crayons familiers de l’écriture-dessin. Puis, mue par la curiosité, elle souffla sur la poudre de pigments comme sur des braises. Il n’était plus temps de reculer. Comme Alice au pays des merveilles, Claudine venait d’entrer dans un nouveau monde fabuleux qui allait l’attirer dans des aventures incroyables [ link ].

Claudine-Alice tentait toutefois de maintenir son cap initial. Elle se surprenait en train de réciter pour la énième fois en son for intérieur le poème de Rimbaud qui donne un nom de couleur aux voyelles ou le nom d’une voyelle aux couleurs. Et, de façon insensible puis de plus en plus consciente, elle se mit en quête de la Couleur. Aujourd’hui, elle développe (ce n’est pas une maladie) une mystique de la Couleur. Ses ami-e-s ont profité avec bonheur de sa période bleue. L’expression est en réalité inexacte car, chaque couleur faisant individuellement l’objet de la même quête, les périodes se superposent [ link ].

Le projet de Claudine n’a, en dépit des apparences, pas changé d’un iota depuis sa période dessin. Elle continue d’exprimer cette idée de la beauté et de la vie à la fois singulière et universelle qui la caractérise, elle continue de rechercher l’épure et la conceptualisation de ses premiers dessins [ link ]. Et nous, nous nous laissons emporter par l’océan ou le ciel de ses tableaux, qu’elle élabore souvent en compagnonnage littéraire avec Isabelle Pariente-Butterlin  ou Francis Royo : voir et lire Contrepoint, le nouveau blog en duo de Francis et Claudine…

4 janvier et 7 mai 2014

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Mille petits riens qui font un grand tout

Brigitte Célerier  brode la toile du net avec les mille petits riens qui font la saveur de sa vie quotidienne, celle-ci devenant partie intégrante de la nôtre au fil des lectures. Ah, l’écriture inquiète de Brigitte Célérier! Elle avance sans en avoir l’air, d’un pas hésitant mais patient, d’une plume qui doute mais qui trace, accompagnée de photographies qu’elle prétend souvent ratées mais qui illustrent pertinemment l’objet de son propos (qui n’est pas tant de montrer une perfection achevée que  l’accompli imparfait, les modestes travaux des jours…), et se demande sans cesse s’il convient de continuer à nourrir Paumée (tout un programme!), son blog.

Brigitte Célerier cultive l’amour discret de l’humain, qui perdure en dépit de tout, la maladie, la malchance, les déceptions, les désillusions, les insuffisances, les limites des uns, des autres ou de soi-même. Ses sorties quotidiennes dans les rues d’Avignon sont l’occasion de cueillettes qu’elle nous fait partager dans les billets de son blog comme autant de pépites qui nous font admirer l’art avec lequel, mine de rien, elle promène son regard et son coeur sur le monde et sur les gens. C’est ainsi que, sur le chemin du retour vers ce qu’elle appelle « l’antre », chargée de cabas mais la tête dans les nuages, elle s’arrête soudain, « émerveillée par le coeur qui filait lentement, allongé dans le ciel, au dessus de ses [mes] pas » …

Evidemment, Brigitte Célerier nous fait profiter des merveilles qu’elle glane au cours du festival d’Avignon et, tout au long de l’année, à l’occasion des programmations du calendrier culturel de la ville, sans oublier le fruit de ses lectures, riches et denses, qui occupent le temps libre au fond de « l’antre ». Celui-ci devient ainsi – aussi – notre refuge. Et, dans le soir qui descend, nous faisons retour avec elle sur la journée écoulée, en tirons ce que pouvons, et nourrissons notre imaginaire de la cueillette du jour…

21 juin 2013

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A la source de la littérature avec Danielle Carlès

Alors que les autorités publiques ont pris la décision, depuis de nombreuses années, d’agir dans le sens de la disparition des études de lettres classiques, Danielle Carlès, professeur de lettres et de philosophie, met à la disposition des internautes, sur son site Fons Bandusiae [link], les textes latins qu’elle traduit chaque jour pour son plaisir et pour le nôtre. Nul besoin d’être un-e latiniste averti-e; avec générosité, Danielle Carlès conduit son lecteur pas à pas. Comme dans la prestigieuse collection Guillaume Budé, le texte ancien figure à côté de la traduction qui l’accompagne. Les difficultés particulières de chaque texte sont expliquées par Danielle. Le contexte littéraire et historique est abordé et commenté avec toute la finesse et la science de la traductrice. C’est avec gratitude que les latinistes de coeur se tournent désormais vers les publications de son site [link].

7 octobre 2013

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