chroniques

Intemporel

Le paysage défile
la voiture file vite
trois gouttes de pluie
sur le pare-brise
dégoulinent
les éoliennes dans les champs
agitent leurs bras en cadence
le souffle de la brise apporte les parfums
du soir
l’ang√©lus est pass√©, on ne s’arr√™te plus
pour prier
le ciel au-dessus de nos têtes
se couvre de nuages courroucés
mais le soleil n’est pas encore couch√©
il n’est pas cou coup√©
la lumière est douce
elle tamise les soucis de la journée
la route est comme un pont suspendu
entre deux moments qui se repoussent
il n’y a plus d’avant,¬†il n’y a plus d’apr√®s
le trajet est toujours identique
mais le voyage
toujours recommencé
s’√©mancipe, prend son envol
qui suis-je, o√Ļ vais-je, quelle importance?
elle est o√Ļ
l’√©ternit√©?

Passagère obligée

Un roulis dans l’oreille gauche; les yeux se ferment sur une fatigue hypnotique; l’Ňďil droit s’enquiert parfois du paysage; les bribes d’information saisies renseignent sur l’avancement du parcours…

Le conducteur me transporte comme un ballot de paille; lui donner une forme reviendrait √† faire de moi un √©pouvantail…

J’aimerais n’√©pouvanter que les corbeaux et attirer les m√©sanges… pour regarder leurs acrobaties sur la carotte qui me servirait de nez et √† elles de perchoir !

Au volant, en passant

image

La vitesse
ouvre l’espace

la route invente
un cinéma monotone
au décor immuable

seul le ciel change
et les saisons

aujourd’hui, le paysage est vert et jaune
autour de quelques éoliennes blanches
qui jalonnent le trajet

le soleil se couche en beauté
comme j’aimerais le faire
le soir de mon dernier souffle

la lumière est plus belle que le jour
avant la nuit
plus tendres sont les amours
au crépuscule

un parfum se répand
de fleurs caressées par le vent
dans l’habitacle de la voiture

l’air est l√©ger
de chaque c√īt√© de la route
on dirait que les arbres ont envie de danser

Silence

Silence, rien que le silence… Silence des couleurs, paysage monochrome et gris de l’√Ęme… Gris p√Ęle et presque doux. Douceur du silence accept√© et habit√©. Aujourd’hui, il ne s’est rien pass√©. Se peut-il qu’il ne se passe rien? Rien, presque rien n’a travers√© mon espace mental. Je ne me suis pas barricad√©e, je ne me suis pas retranch√©e. Je me suis laiss√© vivre au gr√© de mon souffle fatigu√©. Silence un peu saccad√©. Gris l√©g√®rement scintillant.

Vendredi noir

13/11/2015

¬†¬†¬†¬† L’ann√©e se terminera donc en France comme elle avait commenc√© le 7 janvier, dans les larmes et le deuil, dans la sid√©ration provoqu√©e par l’assassinat d√©lib√©r√© de victimes innocentes qui ignoraient tout de leur destin quand elles s’√©taient attabl√©es √† la terrasse des caf√©s ce vendredi soir-l√†, au d√©but d’un week-end comme les autres qui commen√ßait bien apr√®s la semaine habituelle de travail, ou quand elles s’√©taient rendues gaiement vers cette salle de spectacle devenue le th√©√Ętre d’un crime contre l’humanit√© qui, s’il peut et doit √™tre expliqu√©, ne peut recevoir aucune excuse, ou quand, en famille, elles go√Ľtaient d’avance le plaisir d’assister √† un match de foot amical entre les √©quipes de France et d’Allemagne, au stade de la Seine Saint-Denis. Comme le 7 janvier et dans les jours qui suivirent, le besoin de faire front contre l’adversit√© r√©unit tous les hommes et toutes les femmes de bonne volont√© qui ne veulent plus jamais √ßa dans des rassemblements solidaires o√Ļ chacun se recueille en trouvant le r√©confort aupr√®s des autres personnes pr√©sentes. Comment en est-on arriv√© l√†? Il n’est pas juste d’opposer la r√©flexion √† l’√©motion. Celle-ci, profonde et sinc√®re, nous engage au contraire √† rechercher la v√©rit√©, au-del√† des r√©flexes primaires suscit√©s par la peur engendr√©e par de tels √©v√©nements. Sommes-nous vraiment en guerre? Faut-il se laisser guider par ce vocabulaire guerrier? Quelle est la gen√®se de l’Etat islamique couramment appel√© Daech ? Comment lutter efficacement contre lui ? Quels sont les v√©ritables probl√®mes du monde ? Quels sont les rapports de force ? Quelles sont les bonnes d√©cisions √† prendre et les actions √† mettre en oeuvre pour que la plan√®te soit vivable et que nous vivions en bonne intelligence les uns avec les autres ? Un certain nombre de textes mis en ligne par des blogueurs/blogueuses ou des revues num√©riques nous aident dans cette n√©cessaire r√©flexion, qu’il faudra bien mener √† son terme pour avoir une chance qu’en effet, nous ne revivions plus de telles horreurs.

P√©tition pour la cr√©ation d’une commission d’enqu√™te parlementaire sur les attentats et lois de surveillance:

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