politique

La RĂ©publique en marche arrière?

Liste des reculs

2017

Juin/Juillet

Pouvoir :

  • Mise en place d’un mode de gouvernance monarchique avec un PrĂ©sident qui a les pleins pouvoirs et une majoritĂ© passive Ă  l’AssemblĂ©e Nationale; convocation du Congrès de Versailles oĂą seule compte la parole du PrĂ©sident…

Ecologie :

  • Abandon par l’Europe, Ă  la demande de la France, de la Taxe sur les Transactions Financières, qui devait financer la lutte contre le rĂ©chauffement climatique.
  • Aval de la France pour un texte europĂ©en peu contraignant sur les perturbateurs endocriniens, en recul par rapport au projet qu’elle soutenait antĂ©rieurement.
  • Baisse des aides Ă  l’agriculture bio une semaine après les États gĂ©nĂ©raux de l’alimentation.

Droits humains :

  • RĂ©duction de l’aide au dĂ©veloppement (climato-compatible…) des pays pauvres, alors que le PR se dit conscient (?!) que la lutte contre le terrorisme se joue aussi sur ce front!…
  • Distributions d’eau et de nourriture aux migrants interdites!!!

Retraités et fonctionnaires :

  • Gel du point d’indice des fonctionnaires et rĂ©tablissement du jour de carence (que les grandes entreprises ne pratiquent pas) en cas d’arrĂŞt maladie.
  • Augmentation de 1,7% de la CSG accompagnĂ©e d’une baisse de 3,5% des cotisations salariales dans le secteur privĂ© (le gain de pouvoir d’achat est d’autant plus important que le salaire est Ă©levĂ©!), mais sans compensation pour les fonctionnaires et les retraitĂ©s, dont les revenus diminuent de facto.

Fiscalité :

  • Cantonnement de l’ISF aux seuls biens immobiliers (coĂ»t pour l’Etat: 4 milliards, mais gain de 2 milliards pour les 3000 mĂ©nages français les plus riches!).
  • Instauration d’un PrĂ©lèvement Forfaitaire Unique de 30% sur les valeurs mobilières (coĂ»t pour l’Etat: 3 milliards, mais gain de 1,3 milliard pour les 3000 mĂ©nages français les plus riches!).

Travail :

  • Novlangue: le « compte pĂ©nibilitĂ© » est rebaptisĂ© compte de prĂ©vention mais se voit privĂ© de 4 de ses piliers (contact avec les produits chimiques, charges lourdes, postures pĂ©nibles, vibrations…) et le dĂ©part en retraite anticipĂ© ne sera possible qu’en cas de maladie professionnelle dĂ©clarĂ©e

DĂ©fense :

  • A la suite d’un dĂ©saveu public Ă©mis par le PR, dĂ©mission du gĂ©nĂ©ral de Villiers, Chef d’Etat Major, qui n’a pourtant fait que rĂ©pondre dĂ©mocratiquement aux questions d’une Commission de l’AssemblĂ©e Nationale sur le budget allouĂ© aux ArmĂ©es!

Social :

  • Baisse des Allocations Logement (APL, ALF, ALS) de 5 euros.

DĂ©mocratie locale :

  • Annulation de 300 millions d’euros de dotations destinĂ©es Ă  financer notamment des investissements dans les communes rurales  et des projets dans les quartiers en difficultĂ©.

Août/Septembre

Epargne :

  • Gel de la rĂ©munĂ©ration du livret A, qui aurait dĂ» ĂŞtre portĂ©e de 0,75% Ă  1%.

Code du travail :

  • PrĂ©sentation le 31 aoĂ»t du contenu des ordonnances destinĂ©es Ă  rĂ©former le Code du travail : 1. CrĂ©ation d’un plafond en cas de licenciement abusif. 2. Plus d’obligation de motiver la lettre de licenciement et diminution des dĂ©lais de recours. 3. ApprĂ©ciation au niveau national et non mondial des difficultĂ©s Ă©conomiques des groupes voulant licencier en France. 4. Contrats courts facilitĂ©s. 5. RĂ©fĂ©rendum d’entreprise rendu possible Ă  l’initiative de l’employeur et renforcement des accords d’entreprise par rapport aux branches (= inversion des normes).

Logement :

  • Mise sous pression du logement social : la baisse des loyers voulue par le gouvernement pour compenser la baisse des APL rĂ©duira la capacitĂ© d’investissement des organismes d’HLM pour la construction de logements neufs.
  • Annonce par le PrĂ©sident de la RĂ©publique de sa volontĂ© de rĂ©duire les normes sociales et environnementales rĂ©gissant les Codes de la construction et de l’urbanisme (discours du 11 septembre Ă  Toulouse)… suscitant les protestations des personnes handicapĂ©es ou soucieuses de lutter contre le rĂ©chauffement climatique!

A suivre

Mon pauvre ami!

  Ce texte est ma contribution n°4 à l’atelier d’été 2017 de François Bon

     Creton! Vous ne connaissez pas l’histoire de Creton? Son « story-telling », comme on dit de nos jours? Je ne peux pas le croire!… Vous auriez Ă©chappĂ© Ă  la multiplication des interviews qui lui ont Ă©tĂ© accordĂ©es, aux Ă©missions de tĂ©lĂ©vision qui lui ont Ă©tĂ© consacrĂ©es? Est-ce possible?… Évidemment, vous connaissant… On aime se retirer Ă  la campagne, Ă  l’Ă©cart du monde, dans le calme et la solitude propices Ă  la mĂ©ditation! Ah, vous ĂŞtes incorrigible, mais nous vous aimons bien quand mĂŞme, mon cher Alceste! Allez, nous allons vous raconter l’histoire de Creton. Non, pas CrĂ©tin! Creton! Vous ne savez donc pas que c’est l’homme le plus intelligent du monde? Cette particularitĂ© essentielle de notre personnage n’est mĂŞme pas parvenue jusqu’Ă  vos oreilles? Mon pauvre ami, mais vous ĂŞtes irrĂ©cupĂ©rable!… Remerciez-nous au moins, nous allons vous offrir un cours de rattrapage, vous aurez l’air moins sot dans les salons!  Creton est la coqueluche du Tout Paris. Et son pouvoir de sĂ©duction va bien au-delĂ ! Il est dĂ©sormais connu dans toutes les capitales du monde! Son nom est un SĂ©same. Dites « Creton » et toutes les portes s’ouvrent! Il a un « Je ne sais quoi », les femmes le trouvent très beau, savez-vous, non, vous ne savez pas, vous ne savez rien, mon pauvre ami… le fait est qu’il est charmant avec sa petite mèche bouclĂ©e qui lui retombe sur le front et ce sourire Ă©clatant que les marques de dentifrice pourraient utiliser pour leur publicitĂ©! En fait, il rĂ©ussit parce qu’il a tout compris. Il a saisi comme personne avant lui que nous vivions Ă  l’ère du marketing et que tout s’achète! Par consĂ©quent, tout se vend, comprenez-vous? Saisissez-vous ce qu’il y a de gĂ©nial dans cette perception des relations humaines, de la vie sociale en gĂ©nĂ©ral et de la politique en particulier? Et pourtant, il vient de loin, ce petit Creton! Il est presque nĂ© pauvre dans une rĂ©gion sinistrĂ©e du Nord de la France! Saviez-vous que c’est un provincial comme vous? Mais non, vous ne saviez pas, il faut tout vous apprendre!… Parfaitement, jusqu’Ă  ce qu’il suive des Ă©tudes Ă  Paris, c’Ă©tait un provincial comme vous, mais, sans vous vexer, il a Ă©tĂ© capable, lui, de monter Ă  Paris et de ne pas se satisfaire d’une petite vie misĂ©rable en suivant les traces, certes honorables mais très limitĂ©es, de sa famille! Il avait de l’ambition!… Comment? Que dites-vous? Il y a ambition et ambition?… Vous ne pouvez pas vous en empĂŞcher, vous cherchez la petite bĂŞte, vous chipotez, vous dĂ©nigrez, vous ĂŞtes de mauvaise foi et vous m’agacez… Ouvrez les yeux! Regardez autour de vous! Nous vous aimons tellement, mon cher Alceste, faites un effort, que diantre!… Vous savez bien que le monde a changĂ© et que nous avons besoin de sang neuf! Ce n’est quand mĂŞme pas vous faire injure que de considĂ©rer que vos façons de penser sont pĂ©rimĂ©es! Nous toutes et tous, ici, et sans vouloir vexer personne (surtout pas Elisabeth qui fait si jeune!) nous avons Ă  peu près le mĂŞme âge, or, il n’y a que vous, Alceste, pour refuser aussi furieusement de vous mettre Ă  la page!… Ce n’est pas bien de vous fermer ainsi Ă  l’intelligence de la modernitĂ© et de rester volontairement out, vous nous faites de la peine!… Acceptez de mettre votre logiciel Ă  jour!… Vous verrez, ce petit Creton ira loin, il est in, lui!…

 

Engrenage

  Ce texte est ma contribution n°3 à

l’atelier d’écriture de l’Ă©tĂ© 2017 de François Bon

     Elle a essayĂ© de leur expliquer, ils ne l’ont pas Ă©coutĂ©e, elle les a suppliĂ©s, ils lui ont dit qu’il fallait y penser avant, mais c’Ă©tait justement ce qu’elle avait essayĂ© de leur faire comprendre, avant, tout ce qui l’avait entraĂ®nĂ©e dans cette galère, l’enchaĂ®nement implacable des circonstances qu’elle aurait voulu pouvoir briser, le sentiment de honte et d’injustice sans nom qu’elle Ă©prouvait Ă  se trouver lĂ , bredouillant, bafouillant comme une enfant, incapable de se faire entendre car ils ne veulent pas l’Ă©couter, leur hostilitĂ© est manifeste, leurs regards goguenards ou froidement indiffĂ©rents la jugent et la jaugent sans aucune bienveillance, elle ne pèse plus rien, elle ne vaut plus rien, elle voudrait disparaĂ®tre dans un trou de souris mais elle se trouve au milieu de la pièce, au centre de tous les regards, il n’y a aucune Ă©chappatoire, pas le moindre pan d’ombre, son visage est nu, ses interlocuteurs pourraient y lire le rĂ©cit de sa vie s’ils avaient un peu de coeur, et leurs yeux se voileraient de larmes au fur et Ă  mesure qu’ils prendraient connaissance des malheurs inscrits sur ses traits fatiguĂ©s, leurs paupières se baisseraient pudiquement, ils cesseraient de la dĂ©visager comme un animal de foire, ils lui parleraient doucement, lui demanderaient avec compassion de complĂ©ter son rĂ©cit pour en faire Ă©tat dans les moindres dĂ©tails en Ă©crivant leur rapport, prendraient des notes en hochant la tĂŞte d’indignation – Comment cela est-il possible! A notre Ă©poque! En France! Au pays des droits humains! –  ils dĂ©clareraient vouloir alerter les plus hautes AutoritĂ©s de l’Etat pour que Justice soit faite, et ainsi la vraie justice, celle que laisse espĂ©rer la devise de la RĂ©publique au fronton de la mairie ou de l’Ă©cole des enfants – LibertĂ©, ÉgalitĂ©, FraternitĂ©! – serait rendue avec humanitĂ©, non seulement on lui accorderait les circonstances attĂ©nuantes, mais on s’excuserait d’avoir pu la croire coupable, car on ne peut pas ĂŞtre coupable, n’est-ce pas, de vouloir nourrir ses enfants, elle n’est pas dans le dĂ©ni, elle a commis un dĂ©lit, mais est-il vraiment impossible de se mettre Ă  sa place?… elle n’avait rien prĂ©mĂ©ditĂ©, elle n’avait pas prĂ©vu la tournure dramatique des Ă©vĂ©nements, elle n’avait pas imaginĂ© une seule seconde qu’elle vivrait ce cauchemar, elle avait pris son sac comme d’habitude, elle avait dit aux enfants qu’elle partait faire quelques courses et recommandĂ© aux plus grands de faire attention aux petits, mais, juste avant, elle avait ouvert le frigo vide, et juste avant encore, elle avait perdu le tout petit boulot au noir (oui, au noir, encore un dĂ©lit!) qui lui permettait de joindre les deux bouts… Ă  l’Ă©cole, on lui avait fait connaĂ®tre l’histoire de Jean Valjean, de Fantine et de Cosette, elle s’en Ă©tait souvenue en avançant vers le supermarchĂ©… il n’y aurait pas de rentrĂ©e d’argent avant le versement des allocations, pas avant une dizaine de jours… les enfants avaient rĂ©clamĂ© un bon repas et le frigo Ă©tait vide… elle avait agi comme une automate, elle n’avait pas rĂ©flĂ©chi, elle Ă©tait comme Ă©trangère Ă  elle-mĂŞme, elle n’avait pas pensĂ© qu’elle serait considĂ©rĂ©e comme une criminelle et conduite au poste de police menottes aux poignets…

La RĂ©publique en Marche arrière

Liste des reculs

2017

Juin/Juillet

Pouvoir :

  • Mise en place d’un mode de gouvernance monarchique avec un PrĂ©sident qui a les pleins pouvoirs et une majoritĂ© passive Ă  l’AssemblĂ©e Nationale; convocation du Congrès de Versailles oĂą seule compte la parole du PrĂ©sident…

Ecologie :

  • Abandon par l’Europe, Ă  la demande de la France, de la Taxe sur les Transactions Financières, qui devait financer la lutte contre le rĂ©chauffement climatique.
  • Aval de la France pour un texte europĂ©en peu contraignant sur les perturbateurs endocriniens, en recul par rapport au projet qu’elle soutenait antĂ©rieurement.

Droits humains :

  • RĂ©duction de l’aide au dĂ©veloppement (climato-compatible…) des pays pauvres, alors que le PR se dit conscient (?!) que la lutte contre le terrorisme se joue aussi sur ce front!…
  • Distributions d’eau et de nourriture aux migrants interdites!!!

Retraités et fonctionnaires :

  • Gel du point d’indice des fonctionnaires et rĂ©tablissement du jour de carence (que les grandes entreprises ne pratiquent pas) en cas d’arrĂŞt maladie.
  • Augmentation de 1,7% de la CSG accompagnĂ©e d’une baisse de 3,5% des cotisations salariales dans le secteur privĂ© (le gain de pouvoir d’achat est d’autant plus important que le salaire est Ă©levĂ©!), mais sans compensation pour les fonctionnaires et les retraitĂ©s, dont les revenus diminuent de facto.

Fiscalité :

  • Cantonnement de l’ISF aux seuls biens immobiliers (coĂ»t pour l’Etat: 4 milliards, mais gain de 2 milliards pour les 3000 mĂ©nages français les plus riches!).
  • Instauration d’un PrĂ©lèvement Forfaitaire Unique de 30% sur les valeurs mobilières (coĂ»t pour l’Etat: 3 milliards, mais gain de 1,3 milliard pour les 3000 mĂ©nages français les plus riches!).

Travail :

  • Novlangue: le « compte pĂ©nibilitĂ© » est rebaptisĂ© compte de prĂ©vention mais se voit privĂ© de 4 de ses piliers (contact avec les produits chimiques, charges lourdes, postures pĂ©nibles, vibrations…) et le dĂ©part en retraite anticipĂ© ne sera possible qu’en cas de maladie professionnelle dĂ©clarĂ©e…

A suivre

A chacun sa responsabilitĂ©

Félix Nussbaum Pour ne jamais oublierImage empruntée à @f_lebel sur Twitter.

La moitiĂ© du pays est en souffrance: territoires abandonnĂ©s, chĂ´meurs, prĂ©caires, travailleurs pauvres, etc… et les Ă©lecteurs ont manifestĂ© le 23 avril dernier leur dĂ©sarroi, leur colère, leur dĂ©sir d’une politique Ă©conomique et sociale qui soulage leurs maux en votant massivement pour les candidats, si diffĂ©rents soient-ils par ailleurs et quels que soient leurs degrĂ©s respectifs de sincĂ©ritĂ©, qui proposent de rompre avec la financiarisation mondialisĂ©e de l’Ă©conomie et/ou d’empĂŞcher le dumping fiscal et social europĂ©en. Pourtant, Emmanuel Macron vient d’annoncer, entre les deux tours de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, qu’il ne changera pas une ligne de son programme, alors qu’il prĂ©tend « en mĂŞme temps » rassembler les Françaises et les Français! Est-ce bien raisonnable ? Bien sĂ»r que non. Ce faisant, il endosse la responsabilitĂ© de renforcer le dĂ©sespoir social qui fait grossir la vague brune ! Un grand nombre de sympathisants ou d’Ă©lecteurs de Marine Le Pen ne sont pas racistes. Avez-vous regardĂ© le reportage d’Elise Lucet dans l’Ă©mission « EnvoyĂ© spĂ©cial » ? Avez-vous Ă©tĂ© tĂ©moin, grâce Ă  ce reportage, de l’Ă©change amical entre les ouvriers de l’Intersyndicale de l’usine Whirpool d’Amiens et l’un des ouvriers polonais de la nouvelle usine qui va bientĂ´t remplacer la leur ? Comprenez-vous que c’est bien le dĂ©sespoir social qui alimente le vote FN ? Comprenez-vous, par consĂ©quent, que le score de Marine Le Pen aurait Ă©tĂ© nettement plus Ă©levĂ© sans la belle campagne humaniste de Jean-Luc MĂ©lenchon et de la France Insoumise ? Et, le reconnaissant, pourquoi ne pas en savoir grĂ© aux Ă©lecteurs insoumis plutĂ´t que de leur faire le procès odieux d’une quelconque complicitĂ© avec le Front national ? Cette attitude est irresponsable. Au premier tour, j’ai votĂ© pour le programme de la France Insoumise car il Ă©tait Ă  mes yeux, et le reste Ă©videmment pour les lĂ©gislatives, face aux grands enjeux Ă©cologiques et sociaux de notre temps, le plus cohĂ©rent et le plus abouti de tous ceux qui nous ont Ă©tĂ© proposĂ©s. Au second tour, je voterai pour Emmanuel Macron la mort dans l’âme et contre mes convictions en ayant Ă  l’esprit les raisons dĂ©veloppĂ©es par Olivier Tonneau dans sa *Lettre aux Insoumis. Mais comme lui, je ne jetterai pas l’opprobre sur ceux et celles qui choisiront de s’abstenir ou de voter blanc ou nul ! Car « en aucun cas, les Insoumis n’endosseront la culpabilitĂ© de l’arrivĂ©e des fascistes au pouvoir, et ce quoi qu’ils votent. Elle n’incombe qu’aux libĂ©raux qui sèment le dĂ©sespoir et bien sĂ»r aux fascistes eux-mĂŞmes. Que nous nous trouvions face Ă  un choix très difficile ne change rien au fait que les seuls responsables sont ceux qui nous ont mis face Ă  ce choix. » Ă€ chacun sa responsabilitĂ©.

*Face au FN : Lettre aux Insoumis tentĂ©s par l’abstention.

Emmanuel Macron, un putsch du CAC 40

Le feu Ă  la plaine

Unknown-3.jpegComment le candidat d’« En marche ! » a été entièrement fabriqué par des médias entre les mains du capital, et pourquoi il est encore temps de résister à ce coup de force.

C’était à la fin de l’été dernier, je venais de rendre le manuscrit du « Monde libre ». Mon regard errait devant les images de BFM TV, dans les vestiges d’une canicule parisienne achevée il y a peu. C’est alors que je compris brutalement que l’année 2017 serait terrible, et que la présidentielle à venir ne ressemblerait à rien de ce que ce pays avait connu jusqu’ici. La première chaîne d’informations en continu du pays, fleuron du groupe Altice-SFR détenu par Patrick Drahi, n’avait pas lésiné sur les moyens en ce 30 août 2016. Le tout pour couvrir un événement considérable, imaginez du peu : la démission du ministère de l’économie d’un jeune baron du hollandisme encore quasi inconnu du public deux ans…

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Cauchemar Ă  l’ElysĂ©e

(RĂ©cit en cours d’Ă©criture)

Emmanuel Macron n’était qu’un leurre, le champion ou la marionnette consentante des milieux d’affaires dont il servait les intĂ©rĂŞts – et non pas l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral ou le bien commun – mais il Ă©tait devenu le phare incontournable de la vie politique française. Le scandale qui entachait la campagne du candidat rĂ©publicain François Fillon et la dĂ©composition du parti socialiste lui ouvraient un boulevard. Marine Le Pen Ă©tait assurĂ©e d’être au second tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, il serait vraisemblablement le challenger. Elle proposerait aux Françaises et aux Français un projet certes souverainiste mais surtout xĂ©nophobe, il dĂ©fendrait une vision europĂ©enne de la France, certes plus sympathique, mais essentiellement alignĂ©e sur les positions nĂ©o-libĂ©rales marchĂ©istes habituelles de la Commission, caractĂ©risĂ©es par le dumping social et le dumping fiscal, qui mettaient en concurrence tous les territoires avec pour consĂ©quence dramatique l’appauvrissement gĂ©nĂ©ral des citoyens les plus fragiles. Comme Bernie Sanders aux Etats-Unis en 2016, *le candidat de la France insoumise, Jean-Luc MĂ©lenchon, aurait pu Ă©viter au pays d’avoir Ă  choisir entre Charybde ou Scylla, car son programme Ă©cologique et social rĂ©pondait aux grands dĂ©fis qu’il aurait fallu enfin relever. Jusqu’à la veille du premier tour, on avait pensĂ© qu’il pouvait se qualifier. Le suspense fut insoutenable. Mais il n’était finalement arrivĂ© que troisième avec 20% des voix derrière l’illusionniste  Emmanuel Macron (21%) et la xĂ©nophobe Marine Le Pen (24%), les candidats des grands partis de la cinquième RĂ©publique ne faisant que 17% (François Fillon) et 9% (BenoĂ®t Hamon), les « petits » candidats se partageant les 9% restant. L’Histoire retiendrait que si les frondeurs du parti socialiste, qui avaient critiquĂ© les gouvernements successifs de François Hollande sans jamais toutefois voter de motion de censure Ă  l’AssemblĂ©e nationale, et si BenoĂ®t Hamon, leur chef de file, vainqueur de la primaire, avaient ajoutĂ© leurs voix Ă  celles du mouvement populaire (et non pas populiste) « La France insoumise », qui soutenait Jean-Luc MĂ©lenchon, ce dernier aurait permis aux forces de gauche d’accĂ©der au second tour. Mais ce ne fut pas le cas. La France rĂ©publicaine bafouĂ©e assista impuissante Ă  l’entrĂ©e de l’extrĂŞme-droite et de Marine Le Pen Ă  l’ElysĂ©e. Un cauchemar…

Texte publié le 18 avril 2017.

*Jean-Luc MĂ©lenchon et ses Ă©lecteurs insoumis rĂ©ussissaient Ă  dĂ©tourner du Front National une partie des ouvriers et employĂ©s dĂ©daignĂ©s aussi bien par les socialistes que par la droite rĂ©publicaine. Sans eux, le score de Marine Le Pen aurait Ă©tĂ© bien plus Ă©levĂ©. Mais l’aveuglement ou la mauvaise foi de leurs adversaires les firent disparaĂ®tre de la scène politique et laissèrent le champ libre au FN victorieux…

Ă€ suivre.

Ce texte est rédigé au passé car il sera inséré dans le cours d’un récit-fiction écrit depuis l’avenir avec le point de vue d’une narratrice en train de vivre les derniers jours de l’Humanité et qui cherche, a posteriori, à comprendre pourquoi et comment on a pu en arriver là, en essayant de mettre en évidence les forces à l’œuvre dans le faisceau d’événements, de mouvements profonds et de décisions malencontreuses qui ont conduit à la plus grande crise écologique et sociale que l’Humanité ait jamais connue.

Ecrit depuis l’avenir

2064

Ce que nous dit le déferlement politico-médiatique anti-Mélenchon

La plume d'un enfant du siècle

« Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte ». En une phrase, en 28 petits mots, en une déclaration concise nichée au cœur d’une interview donnée au Point, François Hollande a fait son retour sur la scène politico-médiatique française. Lui qui avait ostensiblement montré son indifférence lors de la primaire organisée par le Parti Socialiste et ses satellites, lui qui s’est soigneusement gardé de soutenir le candidat issu de ladite primaire, le voilà qui sort du bois pour attaquer Jean-Luc Mélenchon sans le nommer – ce qui n’est pas la preuve d’une très grande classe.

Le président pour encore quelques semaines a également affirmé que cette campagne «[sentait] mauvais». François Hollande a donc décidé de prendre la parole pour énoncer ce jugement au moment même où Jean-Luc Mélenchon fait…

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En Marche arrière toute!

     Dans ses meetings, Emmanuel Macron lançait des « Je vous aime (comprendre EM) » Ă  la volĂ©e, que son auditoire souvent jeune, diplĂ´mĂ© et branchĂ©, lui renvoyait en miroir dans le champ clos de l’entre-soi. Emmanuel Macron et son public se regardaient les yeux dans les yeux avec une profonde admiration mutuelle et un certain dĂ©dain allant de soi pour tous ceux qui ne faisaient pas partie de leur monde. Les fans d’Emmanuel Macron Ă©taient jeunes, beaux, en bonne santĂ©, entreprenants et conquĂ©rants, Ă  l’aise en toutes situations, seulement frustrĂ©s de ne pas pouvoir encore plus, dĂ©sireux de repousser les limites, d’Ă©largir jusqu’Ă  plus soif le champ de leur rĂ©ussite. Il fallait donc « libĂ©rer les Ă©nergies », vieille lune nĂ©o-libĂ©rale du siècle dernier, reprise sous de faux airs de modernitĂ© par le jeune leader charismatique du mouvement En marche, « En marche arrière toute! » ironisaient ses dĂ©tracteurs de gauche. Son Ă©lectorat potentiel ne se sentait pas concernĂ© par le chĂ´mage et la prĂ©caritĂ©, le montant du salaire minimum, la pĂ©nibilitĂ© au travail, l’âge de dĂ©part Ă  la retraite et le niveau des pensions, les conditions de remboursement des frais mĂ©dicaux par la SĂ©curitĂ© Sociale, les allocations logement, le RSA… Pour cette partie de la population qui gagnait bien sa vie, le smic Ă©tait bien trop Ă©levĂ© et le prix du travail des autres Ă©tait un coĂ»t, les cotisations sociales une charge, les prestations sociales un poids ou un boulet, la solidaritĂ© avec les plus faibles un frein Ă  l’expansion Ă©conomique… LibĂ©rer les Ă©nergies consistait donc Ă  rendre les pauvres encore plus pauvres en diminuant le prix du travail sous prĂ©texte de compĂ©titivitĂ©, et en stigmatisant les chĂ´meurs coupables de ne pas trouver de travail dans un monde qui licenciait et supprimait des emplois sans discontinuer depuis des dĂ©cennies… Emmanuel Macron ne remettait rien en cause et pourtant, il avait Ă©crit un livre qui s’appelait « RĂ©volution ». Le novlangue fonctionnait Ă  plein. Il fallait selon lui changer les hommes et les idĂ©es, mais, en guise de rĂ©volution, il ne proposait que la nouveautĂ© de sa propre personne dans le microcosme politique, et la vacuitĂ© de son absence de vision sur le nouveau monde qu’il fallait bâtir de toute urgence pour enrayer les catastrophes environnementales et sociales en cours… Son omniprĂ©sence mĂ©diatique et le phĂ©nomène de matraquage publicitaire qui en rĂ©sultait faisait pourtant croĂ®tre de jour en jour son aura d’homme providentiel, soigneusement entretenue par les journalistes politiques alignĂ©s comme un seul homme sur les positions de la pensĂ©e Ă©conomique dominante…

      * Ce texte est rĂ©digĂ© au passĂ© car il sera insĂ©rĂ© dans le cours d’un rĂ©cit Ă©crit depuis l’avenir avec le point de vue d’une narratrice en train de vivre les derniers jours de l’HumanitĂ© et qui cherche, a posteriori, Ă  comprendre pourquoi et comment on a pu en arriver lĂ , en essayant de mettre en Ă©vidence les forces Ă  l’Ĺ“uvre dans le faisceau d’Ă©vĂ©nements, de mouvements profonds et de dĂ©cisions malencontreuses qui ont conduit Ă  la plus grande crise Ă©cologique et sociale que l’HumanitĂ© ait jamais connue.

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

En Marche

     Chaque pays de l’OCDE Ă©tait fracturĂ© par une ligne de rĂ©partition des richesses de plus en plus dĂ©favorable non seulement aux pauvres mais aussi aux classes moyennes basses, dont le statut Ă©tait de moins en moins enviable. Les frontières physiques entre pays Ă©taient devenues beaucoup moins importantes que cette nouvelle gĂ©ographie politico-socio-Ă©conomique qui prenait possession de toute la planète avec partout les mĂŞmes consĂ©quences de dĂ©stabilisation profonde des Ă©quilibres qui fondaient jusqu’alors un minimum de cohĂ©sion sociale. Le dĂ©sarroi des gens formait le terreau nourricier des extrĂŞmes-droites nationalistes et des nouveaux dĂ©magogues qui surgissaient de toutes parts. En France, le hollandisme avait ouvert la voie Ă  une nouvelle sorte de populisme du centre incarnĂ© par Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Ă©conomie de François Hollande. Se prĂ©tendant ni de droite ni de gauche, transformant son inexpĂ©rience politique en argument de campagne lui donnant les vertus d’un homme nouveau, qui n’aurait pas les dĂ©fauts habituels des postulants aux plus hautes responsabilitĂ©s de l’Etat, et faisant de l’immaturitĂ© que lui reprochaient ses adversaires le gage de sa bonne foi et de son honnĂŞtetĂ©, Emmanuel Macron avait inventĂ© le mouvement En Marche, aux initiales de ses nom et prĂ©nom, tout un programme!… pour qu’il le conduise sur le perron de l’ElysĂ©e. Un vieux cacique lui avait apportĂ© son soutien, François Bayrou, qui avait Ĺ“uvrĂ© et manĹ“uvrĂ© en vain pendant toute sa vie pour que la France soit gouvernĂ©e au centre, selon le vĹ“u dĂ©jĂ  ancien du prĂ©sident de la RĂ©publique française ValĂ©ry Giscard d’Estaing, en 1974. Mais, alors qu’il s’Ă©tait fait le chantre d’une sĂ©paration claire entre les mondes politique et affairiste afin de lutter contre la corruption, François Bayrou avait manifestement occultĂ© le fait qu’Emmanuel Macron Ă©tait le poulain des milieux d’affaires et que ceux-ci lui avaient dĂ©roulĂ© le tapis rouge Ă  la banque Rothschild, ouvert les portes du pouvoir et des mĂ©dias, facilitĂ© son ascension de toutes les manières possibles. D’autres que lui, comme l’ancien maire de Paris Bertrand DelanoĂ« parmi les notables socialistes, ou le vice-prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale François de Rugy chez les Ă©cologistes, devenus soudainement adeptes d’un social-libĂ©ralisme dĂ©complexĂ©, avaient franchi le Rubicon qui les sĂ©parait d’Emmanuel Macron en abandonnant les candidats Ă©lus Ă  la primaire de leur parti, BenoĂ®t Hamon et Jannick Jadot, pour rejoindre ce nouvel homme providentiel qui s’Ă©tait lui-mĂŞme dĂ©solidarisĂ© de son mentor, François Hollande…

     * Ce texte est rĂ©digĂ© au passĂ© car il sera insĂ©rĂ© dans le cours d’un rĂ©cit Ă©crit depuis l’avenir avec le point de vue d’une narratrice en train de vivre les derniers jours de l’HumanitĂ© et qui cherche, a posteriori, Ă  comprendre pourquoi et comment on a pu en arriver lĂ , en essayant de mettre en Ă©vidence les forces Ă  l’Ĺ“uvre dans le faisceau d’Ă©vĂ©nements, de mouvements profonds et de dĂ©cisions malencontreuses qui ont conduit Ă  la plus grande crise Ă©cologique et sociale que l’HumanitĂ© ait jamais connue.

     Ecrit depuis l’avenir

     2064