Mots décousus

Procès-verbal

     Punir les mots dits verbaliser la malédiction parodier la parole chanter faux psalmodier des rengaines dégainer plus vite que… avoir peur de son ombre… peur de vivre dans l’ombre craindre la lumière éteindre les lumières mourir faire de l’ombre tenter de vivre se libérer délibérer tergiverser retourner sa veste tirer les ficelles partir sans se retourner tourner le dos à soi-même marcher à reculons défense d’entrer chasse gardée coeur blessé chien méchant un homme averti… votre attention s’il-vous-plaît !… gardez vos distances apprenez à… décompter les addictions engranger les profits compter les moutons dégager les pertes se dégager se désengager s’abstraire sortir du réel entrer dans la fiction jouer avec les mots verser l’encre des larmes jeter l’ancre faire une pause créer du silence recréer le monde inventer l’innocence se prêter au jeu simuler faire semblant laver plus blanc que blanc lessiver tant et tant repasser recommencer pousser le rocher ne plus se révolter s’agiter gesticuler se ridiculiser jeter l’éponge se coucher dormir rêver se relever se livrer se délivrer ouvrir le monde écrire des livres vivre-li(b)re

Le don de la parole

     Je voudrais te dire… Que je ne parviens pas à te dire… Qu’il est impossible de dire… Que je n’ai pas les mots… Que quand bien même…  Te rends-tu compte? Cela est-il possible? Pourrais-tu le dire? Le formuler? Tenter de l’exprimer? As-tu les mots pour le dire? Je voudrais tant… Que tu me comprennes… Et pouvoir te comprendre… Comment dire… Il me semble que… Les mots sont-ils nécessaires?… As-tu besoin des mots? De mes mots? De tes mots? De quels mots? Est-ce que tu lis en moi? Que lis-tu? Je n’y vois pas clair… Je n’ai pas de réponses… Je tente parfois une lecture… J’esquisse… J’esthétise… Je temporise… Silence. Pourquoi ne dis-tu rien? Je parle trop? Où sont les mots? Les miens? Les tiens? Je t’adjure… Je t’en supplie… Dis-moi un mot, un seul, qui soit vraiment de toi. Je le conserverais en moi comme un trésor. Je le porterais comme un bijou. Ce mot. Unique. Qui me viendrait de toi…

Mise en scène

     Un deux trois soleil les rideaux s’ouvrent spectacle le regard s’ouvre que vois-je Je avec mes yeux de l’extérieur et ceux de l’intérieur Moi en personne personne je vous le disais bien qu’il me semblait que il n’y a personne rien à voir rien ou personne personne… Jamais… Rien… Mais?…

     Un deux trois soleil les rideaux s’ouvrent spectacle le regard s’ouvre naissance jeu de regard que vois-je jeux de l’extérieur  jeux de l’intérieur jeux jeux je m’amuse muses muses Je s’amuse jeux sans limite jeux interminables Je s’ennuie nuit nuit nuit profonde puits puits et puis… Et puis…

     Tu m’épies? Qui es-tu? Toi? Toi? Tais-toi t’es Toi Toit toi toit au-dessus de moi qui suis-je que suis-je tu me suis tu m’épies pie pie qui fait son nid au-dessus de moi tout en haut sur mon toit toi toi pour me surveiller pour m’observer moi moi moi sous le toit et toi sur le toit de bas en haut de haut en bas tu me toises du haut du toit en ardoises pie voleuse tu me voles des fragments de vie pie voleuse tu voles de tes propres ailes et moi moi moi je t’envie je voudrais voler je ne sais pas pourquoi je me sens pousser des ailes elle elle prend son envol et je la suis des yeux si belle belle si belle en plein ciel…

     Un deux trois soleil les rideaux s’ouvrent dans le ciel spectacle le vide au-dessus de moi prend forme nuages cavalcade sonorisation le vent souffle l’orage gronde spectacle en noir et blanc puis colorisation aurores boréales reflets jeux de lumière prisme qui suis-je que suis-je suis-je capable d’accéder à cette contemplation pourquoi comment scénarisation maestro bravo bravissimo quel spectacle et moi moi dans le spectacle quel rôle le rôle de celui de celle qui regarde pourquoi comment qui suis-je où vais-je  les rideaux vont retomber retombent tombent tombent au royaume des ombres mon ombre tombe tombe tombe…

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Entre la vie et la mort

     Souffle silence veille frisson de la nuit oubli sommeil et songe abri réalité abolie le monde est neuf souffle vivant dans les plis de la nuit rideau épais froissé je me cache dans les plis de l’étoffe vous ne me voyez plus je vous vois présences insaisissables à pas feutrés à pas de loup la maison craque cambriolage ombres furtives ma mémoire se déplace discrets voleurs de mes souvenirs évanescence naissance ligne ou point de l’horizon ma vie résumée concentrée recentrée re

ultime renoncement convergence du silence pointe avancée de la conscience souffle léger soulagement de l’esprit qui ne saisit plus rien d’autre que la nécessité d’ex

intensité et joie étrange du consentement à l’oubli

ultime refuge dans les mensonges de la nuit

     Je     expire

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Le coeur battant de la Mémoire

     comme un métronome assourdi mais parfois assourdissant rythme de la vie tempo de l’oubli Je s’absente au rythme de ses souvenirs jeu fictionnel frictionnel de la mémoire la déchirure au cœur le cœur en bandoulière Je joue du banjo Je s’amuse avec Mnémosyne mimesis jeu sérieux jeu principal Je, prince de la Mémoire composition partition partage MIDI minuit nuit lumière Lucifer pièges tombeau de la Mémoire tombe eau de l’oubli flux clapotis de l’écoulement pulsation pluie de sensations oubliées qui tambourinent doucement contre les vitres de l’oubli écran écrin mettre à l’abri gouttes de souvenirs élixir poison douceur douleur émotions intactes refoulées passage interdit frontière infranchissable barricades insurrection passages souterrains terrain miné guerre et Paix combat mortel de la vie lutte à mort Mémoire vivante soubresauts soulèvements apaisement fatigue usure trame effilochée raccommodage va-et-vient de l’aiguille dessus dessous de-ci de-là vocalises voix voie Lactée regarder le ciel la durée du ciel depuis le big-bang TOUT d’un seul coup d’oeil en écoutant le chant des étoiles

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Anonymat 

     ciel aérien-ne lumière citadelle chansons joie fête danses dehors grand-place rues boulevard pas perdus gare Salzbourg d’attente salle salon musique champêtre de chambre militaire citadelle prison Verlaine chansons douces rivière prairie rires cascades grelots cavalcade trompettes cuivres bravade amusements Muses rêves bleus rayon vert voyous voyelles elles ils on vous nous tu lui n’importe qui n’importe quoi la porte! dehors dedans nulle part où jamais toujours rien chose quidam quatre sous opéra manger bouffe trompettes cuivres fanfaronnades maintenant tendre la main tenir jouer sur le cœur la main à vot´ bon cœur M’sieurs-Dames qui? vous ou moi comme vous comme moi comme quoi ce n’était pas la peine la peine justement sortie de prison en chansons le ciel est bleu voyons voyous voyelles elles et vous avec eux farandole pour toujours danser sarabande à Bonnot plaisanterie qui sait c’est point mort arrêt Godot attente la bande farandole guignols gnôle et geôle passe-murailles de Chine d’ici de soi soieries soirées des grands ducs Bastille enfermés délivrés fustigés honnis pain béni pourquoi va-et-vient perpétuel mouvement sans arrêt arrêtés jugés condamnés cache-misère amertume Jean Valjean val au creux d’un dormir

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Mille et une nuits

     fatigue somnolence évanescence absence effacement distanciation distorsion tension attention inconscience sombrer perdre conscience tenter résister essayer éviter sombrer perdre pied se noyer dormir plonger nuit profonde nuit étale nuit immense nuit éternelle nuit sans étoiles nuit repoussante nuit absorbante nuit-piège nuit noire nuit d’épouvante nuit-cri nuit hurlante nuit d’horreur nuit indicible nuit-silence nuit arrêtée nuit photographiée nuit de nuit nuit de néant nuit de géants ombres titanesques rêves cauchemardesques caméra cachée cinéma ombres de la caverne Ali baba ouvre-moi

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Ma voix résonne dans le désert!

     Conversation téléphone bruit parasites bribes fatigue paroles interruption distraction suivre la conversation syntaxe phrases sens son sous-conversation sensations quid quoi comment où mais encore je suis moi vous êtes vous où êtes-vous oui pardon je sais je ne sais pas je ne sais plus ni où ni quoi ni comment je sais non pardon je ne sais pas que voulez-vous que me demandez-vous que puis-je pour vous excusez-moi excusez du peu si peu malgré tout ce que je peux oui j’ai bien dit ou mal dit mais j’ai dit tout ce que je peux c’est-à-dire hélas pas grand-chose mais l’essentiel n’est-ce pas tenir parler soutenir la conversation il le faut sinon je ne sais pas peut-être jamais jamais sûre pourtant oui il le faut il faut décider surtout tenir bon ne pas faiblir montrer prouver être déterminé choisir une direction continuer persévérer courage je suis là vous aussi au bout du fil sans fil quelle époque mobile tout est mobile rien ne change mais si tout change vous n’avez pas changé vous êtes jeune jeune à jamais non le temps n’a pas de prise c’est l’été nous sommes jeunes l’été c’est la vie la belle saison l’automne aussi somptueux l’automne souvent l’été indien l’autre hémisphère où vais-je où allons-nous que de mystères que de beautés que de misères tous ces malheurs pauvres de nous oui pauvres mais bon assez courage tenir il faut à bras le corps être fort passer les épreuves du bac les épreuves tout court non le temps est immobile ne passe pas trop lourd la chaleur c’est l’été la belle saison profitons mots que de mots quel flot rythme pas de ponctuation un mot après l’autre derrière l’autre à la suite sans fin toujours le blog chaque jour tenir jusqu’à quand fin bien sûr fin de la semaine week-end repos je souffle je reprends mon souffle vous ne me l’aviez pas pris je m’essouffle fatigue fatigue l’âge accepter refuser refluer contenir laisser venir respirer flux et reflux deux temps toujours ombre et lumière silence parole mot espace espace-temps espèces de temps temps long du souvenir comme un sanglot l’instant comme un rire qui pétille respiration la vie l’eau qui coule jours heureux merci je vous en prie si si je n’en ferai rien rien hélas rien vous n’y pouvez rien je n’y peux rien ça se décline le jour décline je décline nous déclinons la courbe du soleil décline la Terre se réchauffe quel est le rapport ? Le seul point qui vaille est un point d’interrogation pour clore cette conversation qui a duré si longtemps je vous remercie votre voix si chaude si rayonnante un rayon de soleil la lune se lève fatigue excusez-moi je dors debout ne vous excusez-pas c’est moi incorrigible les mêmes erreurs des tics comme ces parasites sur la ligne grains de sable qui empêchent qui bloquent la suite des mots ne serait pas la même si pensez-vous justement je crois non je pense le flux des mots quelle importance le sens des mots tous le même sens vers le silence un sillon un flot un fleuve un ruisseau de l’eau à boire un désert j’ai soif un puits une source des mots donnez-moi avec vous je vous accompagne du pain et de l’eau tout est simple vous      et moi en voyage embarqués chavirés saoûlés logorrhée à moins que attendez attendez-moi

     ma voix résonne dans le désert !

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In (dé) cohérence

     salle (sas) d’attente suspension du temps qui s’étire s’échapper impossible attente obligée attente compacte éviter le choc frontal fil d’araignée oublié dans un coin du plafond blanc contemplation des murs bleus d’échappées belles rêveries trouées de pensées inspiration relaxation migraine ne pas y penser s’abstraire s’extraire flotter à la surface du plafond blanc page d’oubli fatigué temps froid à feuilleter tant pis temps pris au microscope de micro-sensations délirantes chaos de vie suspendue un jour les Parques point de rupture possible aujourd’hui à venir certain destin résister vivre hic et nunc chanson douce reconstruire sens murs plutôt blancs plafond plutôt bleu ciel soleil caché micro-pensées éclatées filaments à suivre fissures invisibles les parois de la pièce pavoisent le temps n’est plus un flux mais un coffre ouvragé de mémoire mes souvenirs sont miens je ipse je s’efface et je se crée secrets des mots sonorités qui se déploient ondoyantes dans le temps et dans l’espace chemins de liberté insoupçonnés fermés ouverts fermés éviter le figuratif fuir les signaux impérieux se dissoudre dans le flou attendre sur un nuage hypothétique retour et sortir enfin s’oublier dans le flux

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 Veille

     tristesse du seuil rayon de lune soleil en fugue chemin de nuit vergers troupeaux étoile du berger jamais ma volonté je ne veux serment mensonge du moment pourtant je le veux ce mensonge est mien jamais je ne veux vrai de vrai m’effondrer m’abîmer je ne veux pas je n’y peux rien c’est ainsi c’est faux je m’entraîne pour je l’espère je ne voudrais pas je sais je manque de forces je ne peux pas y arriver mais je le voudrais tant ne pas m’abîmer ne pas sombrer dans rester lucide le coeur léger car oui rayon de lune tendre lumière le désespoir est sur ses gardes aurait pu avait presque réussi m’en suis sortie pas pour toujours jamais gagné la lutte lutter gagner surmonter merci merci à quoi ça tient la nuit avait presque réussi à m’avaler déjà une autre fois sans importance passer passer sans crier gare nuit étoilée trame de jour soleil en fugue rayon de lune larmes de larmes lames d’argent soleil cou-coupé Parques tranchantes que faites-vous de l’étoffe défunte de nos vies

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Avanti

     brillance éclat évidence euréka clairvoyance clarté clartés lumière lumières Lumière ! cinéma scoop lux luxe fiat FIAT mobilité fuite néant lucidité folie noirceur noircir caractères points pointer poing pugnace combat titanesque fresque memorandum mémoire palimpseste géographie archéologie gratter ticket gagner surgir mentir voler scaphandre s’enfoncer s’acharner rugir remonter s’affranchir ricaner se gausser se hausser romancer délirer relire relier fragmenter en découdre s’effondrer déambuler cauchemarder se révolter s’arroger croire se croire encore toujours jamais fièvre démence jambes coups de triques à genoux rêver non mais poussière décombres graffitis confettis pacotille paillasse prison revers balayer recommencer regretter mourir vivre

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