femmes

La sauvageonne

Eté 2016: l’atelier d’écriture de François Bon

     Là… chemin de terre aux talus piquetés de petites fleurs sauvages… la sauvageonne… elle habitait avec sa mère dans une masure branlante cachée au fond d’un bois éloigné du village… Les rumeurs et les fables alimentaient les jeux des enfants qui avaient ou faisaient semblant d’avoir peur de s’approcher de ces êtres qui ne paraissaient plus avoir figure humaine aux yeux mêmes des adultes… Les conversations des hommes accoudés au comptoir du café ou des femmes sur la place du marché entretenaient le feuilleton des ignominies auxquelles étaient censées se livrer les deux pauvres femmes… On disait que la mère était une sorcière et que la fille était envoûtée… on disait qu’elles jetaient des sorts à quiconque se trouvait sur leur chemin… on disait qu’elles venaient d’un pays lointain peuplé de romanichels… on disait tant et tant de choses… on chuchotait qu’elles avaient tué un homme et séquestré des enfants… Or, ce jour-là… à cet endroit précis du chemin de terre qui serpentait dans la direction du bois maudit… la vapeur s’élevait de la terre, des rideaux de brume enveloppaient les pensées rêveuses… l’espace traversé n’était plus tout à fait réel… comment démêler le vrai du faux quand le pouvoir de l’imagination produit des sensations aussi intenses?… Elle était là, printemps de Botticelli, parée de colliers de fleurs, penchée sur les talus du chemin pour y cueillir les corolles qu’elle fixait dans sa longue chevelure blonde, nimbée d’or et d’argent sous l’effet de la réfraction de la lumière dans la rosée du matin… et quand elle se relevait, son visage mêlait le rose de son teint au bouquet champêtre qui se déplaçait autour d’elle entre les bords du chemin… Les papillons embrassaient ses cheveux, les oiseaux voletaient à ses côtés, on croyait entendre la musique des anges… comme si la sauvageonne, portée par l’un d’eux, venait de descendre du ciel… Car c’était bien elle. On l’avait vue se diriger vers la masure et offrir une brassée de fleurs à la vieille femme qui lui ouvrait la porte… on avait alors reconnu ses haillons et cru saisir à la volée le regard méchant de la vieille…

Psychose.7

Trois quatre

grues sur une aire de terre

les pieds en l’air une brouette trois

plumes s’ébrouent

une madame Plume à son balcon secoue ses édredons

les hommes

sont au boulot
les marmots à l’école

les femmes

neurasthéniques   fumeuses
elle c’est

Sylvie   elle c’est Viviane   et elle

Fantasme

ou la cousine Bette
au Centre culturel
quand elle était elle
Fantasme a lu

Quasimodo

l’étendard s’est levé il est noir un jour

on en a planté un sur la tête à quelqu’un

quand

les blocs caserneux résonnent

et que les songe-creux divaguent

sur l’uniformité sans vagues

des murs vides
qui bétonnent

Ferrara, DSK : 3 ans après, le déni, toujours

Blog d'une humaine concernée (A dire d'elles)

X,lesangdesfemmes

C’est fort, le déni. En 2011, au moment ou DSK a été arrêté pour des accusations de viol et agressions sexuelles à l’encontre de Nafissatou Diallo, femmes de chambre de l’hôtel Sofitel de New York, il a fallu plusieurs jours et des déclarations intolérables pour que la presse pense enfin à dire qu’il y avait -dans cette affaire, une victime, une femme.

Grâce à la mobilisation des féministes et au trop plein de sexisme qui s’est manifesté, on a eu ensuite l’impression d’un sursaut de quelques unEs et parfois, les médias ont fait leur travail.
Trois ans après, alors que DSK est toujours libre, le cinéma vient achever le travail de révisionnisme, en effaçant à nouveau de l’histoire toute référence à son sujet central : les violences sexuelles infligées aux femmes en toute impunité par les hommes en général et les puissants en particulier.

Ainsi, c’est facile avec le cinéma…

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