![]() Du 10 au 14 juin, La Chambre d’échos (stand n° 113) vous invite à choisir dans les allées du Marché de la poésie vos lectures d’été (poésie, romans, récits, nouvelles…)
Trois nouveautés, quelques rééditions : Place St Sulpice, Paris 6e
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Accalmie
Une légère modification de l’environnement s’était produite, le tambourinement des gouttes sur les vitres de la verrière avait diminué d’intensité, la bulle sonore commençait à se fissurer, elle se craquelait, se lézardait de toutes parts, menaçait de s’effondrer, de s’affaisser sur l’enroulement, l’entrelacement, le lacis des pensées confuses et des souvenirs mêlés qu’elle avait laissés se développer et grossir en masse compacte et autonome. Elle s’était redressée et ramassée sur elle-même, ramenant les jambes contre sa poitrine, la plante des pieds appuyée sur le rebord du banc, les bras entourant ses genoux sur lesquels elle avait posé le front. Mais non, la pluie ne cessait pas. Elle avait simplement adopté un rythme moins impétueux qui laissait la place au silence entre deux notes sèches, qui rebondissaient avec moins de violence sur le toit de la verrière.
Une réponse ferme du ministre grec Lafazanis à l’émissaire des Etats-Unis chargé des questions d’énergie
Source: www.thepressproject.gr
Résumé : Les déclarations de l’émissaire des Etats-Unis ont le ton de la provocation, voire de la menace, selon le ministre grec de Reconstruction Productive, Panayotis Lafazanis, référence faite, aux déclarations de l’émissaire des E-U chargé des relations internationales en questions d’énergie, sur l’évolution récente du projet de gazoduc « Turkstream ». La Grèce n’est pas un bien immobilier et n’est pas susceptible de céder à des chantages ; c’est ce qu’a bien fait savoir le ministre grec.
Le ministre grec de Reconstruction Productive, Panayotis Lafazanis, a été très critique vendredi à l’égard de l’émissaire des E-U chargé des relations internationales en questions d’énergie, Amos Hochstein.
L’occasion fut donnée par les prises de position de M. Hochstein, qui a exprimé la préoccupation que, l’examen par la Grèce du projet d’extension du gazoduc « Turkstream », pour le transport du gaz de la Russie vers l’Europe, à travers la Turquie et la Grèce…
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Clés
Ce qu’il y avait peut-être d’étrange en elle, c’était la conscience poussée à l’extrême de la brièveté de la vie, de son caractère fugitif, volatil, qui aurait provoqué chez d’autres un besoin intense d’activité, d’enivrement – d’enlisement, d’ensevelissement? – par l’action. Comment se déterminer dans un laps de temps aussi court? Avait-on seulement le temps de réfléchir?… De l’autre côté de la vitrine dégoulinante de pluie, du haut en bas des rayonnages qui croulaient sous les livres, la culture dite « bourgeoise » exposait ses réponses ou l’état de ses interrogations pour une élite gourmande. De toute évidence, l’ouvrier et l’étudiant n’étaient pas logés à la même enseigne. Elle vivait sa propre relation à la culture d’une façon ambiguë. La fascination qu’elle éprouvait était sans doute d’autant plus intense que les merveilles entraperçues continuaient de lui paraître dans une large mesure inaccessibles. Dès les premiers mots lus, dès les premiers mots écrits, elle s’était laissée séduire par l’activité intellectuelle qui lui était ainsi révélée, par cette liberté fantastique de l’esprit que ne semble limiter aucune contrainte étrangère à lui-même et dont elle reconnaissait au plus profond d’elle-même les attributs invisibles. Pourtant… Ne manquait-il pas à ce sentiment de familiarité quelque chose d’essentiel? Un élément fondateur sur lequel aurait pu ensuite s’appuyer définitivement l’expérience? Une sorte de colonne vertébrale sans laquelle on ne saurait tenir debout? Ce pays à maints égards étrange dans lequel elle avait souhaité s’établir se dérobait, se rétractait, lui opposait brutalement des barrières sur des lignes frontalières qui ne figuraient pas sur la carte dont elle disposait. Il lui fallait sans arrêt en retoucher les contours, et surtout ne pas cesser de le faire, car la moindre erreur pouvait être gravement sanctionnée par les douaniers zélés de cette puissance obscure qui brouillait avec malignité tous les repères…
L’AVENIR IMPROBABLE
Prométhée
Sortir de la paralysie, de cette impression de ne pas avancer, de tourner en rond dans la cour d’une prison, de s’enfoncer dans des sables mouvants… Crever l’abcès, laisser suppurer l’angoisse, la regarder en face jusqu’à la nausée, souffrir en une seule fois pour nettoyer toute la plaie! Vivre vraiment, pas seulement une apparence, un miroir ou un mouroir de vie, mais un don, un abandon, le pouvoir d’abandonner toutes les défenses, de laisser derrière soi les résistances incompréhensibles, les luttes inutiles, les combats d’arrière-garde…
Etait-ce seulement possible?… Et pourquoi ce doute à un âge où l’avenir lui était, théoriquement, totalement ouvert? Etait-elle donc déjà si vieille, si vieillie, si désabusée, si revenue de tout comme le plus cynique des baroudeurs, à qui la terre entière ne suffirait plus et qui lui préférerait une île déserte pour y cultiver jalousement ses rêves d’avant, coupé du reste du monde mais campé sur l’empire de son passé, enchaîné à son roc comme un Prométhée contrefait, simulacre, caricature de lui-même, grimaçant de regrets dans sa fausse tentative d’arracher aux dieux une parcelle de leur feu, de conquérir une étincelle de leur éternité, de créer la flamme de sa propre vie?…
Pantomime
Visages de moi
mots et maux de moi
approches et reproches
cabriole ou pirouette au détour d’un coin sombre
vérité filante
qui se profile et se défile
quelle est la toile de moi
Psychose.7
Trois quatre
grues sur une aire de terre
les pieds en l’air une brouette trois
plumes s’ébrouent
une madame Plume à son balcon secoue ses édredons
les hommes
sont au boulot
les marmots à l’école
les femmes
neurasthéniques fumeuses
elle c’est
Sylvie elle c’est Viviane et elle
Fantasme
ou la cousine Bette
au Centre culturel
quand elle était elle
Fantasme a lu
Quasimodo
l’étendard s’est levé il est noir un jour
on en a planté un sur la tête à quelqu’un
quand
les blocs caserneux résonnent
et que les songe-creux divaguent
sur l’uniformité sans vagues
des murs vides
qui bétonnent
Psychose.6
Elle voulut ouvrir ce soir-là
une boîte de conserve vide
car elle n’avait pas de réchaud
mais elle n’avait pas d’ouvre-boîte
elle trouva finalement sa pitance au hasard d’un ruisseau
contre un caniveau
Psychose.5
Parfois on appelle
au secours
alors les murs renvoient les sons
sans un mot

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