retour dans la famille

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Sans titreRien n’avait changé.. Les mêmes mots et gestes convenus, les mêmes reproches silencieux, une certaine façon de ne pas dire le plus important et de dire le futile, la même façade, la même peur de se dévoiler ou de découvrir l’autre tel qu’en lui-même, le souci des apparences et du qu’en dira-t-on, c’était à d’espérer. Ils s’étaient pourtant appliqués à me jouer de leur mieux la scène du retour de l’enfant prodigue ! Nous étions une famille nombreuse et moi, je n’étais qu’un nombre dans l’ombre de mes frères et soeurs plus conformes que moi aux stéotypes qu’ils nous proposaient de la vie… Leur vieillesse suscitait en moi un sentiment qui ressemblait à de la tendresse mais qui n’était sans doute qu’une forme de pitié. Je les découvrais soudain vulnérables et presque touchants derrière leurs masques ridés, et sur chacune de leurs vraies joues, avant qu’il ne soit trop tard…

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Volatilité

Elle n’avait pas envie de se battre. Elle aurait voulu pouvoir se nicher dans un pli de la terre ou l’anfractuosité d’une roche, et de là, de cet abri, contempler la splendeur, la magnificence de l’univers – sa face claire -, ne faire qu’un avec le sol et le ciel, en ressentir, en écouter les accords, vivre de cette harmonie et n’avoir aucun autre désir… En Ecosse, l’été d’avant, dans cet univers enveloppé de brume aux contours aussi flous que sa vie, coupée du reste du monde, elle avait connu des moments si intenses qu’elle avait pensé approcher de sa vérité… Elle avait fait quelques rencontres. Un pêcheur, un berger, une touriste américaine égarée, un routard… Le pêcheur ou le berger n’avaient pas à justifier de leur vie, leur existence avait le poids, la consistance, l’épaisseur de leur rapport à l’océan ou à la terre, sans médiation, sans intermédiaire. Les autres, le routard, l’américaine, elle-même, flottaient dans le paysage, superflus, vacants, inutiles. Ils pouvaient être là ou ailleurs, cela n’avait aucune importance, et rien ni personne ne les réclamait…

L’avenir improbable

Le joueur initial

Le joueur initial est disponible chez l’éditeur et sera en librairie à partir du 3 septembre.

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Le problème n’est pas là ! (Dissémination juin 2015)

Contre la confusion des idées ou la dérive de la planète, cogner contre le vide…

Avatar de biscarrosse2012le portrait inconscient

001_in 180 Le problème n’est pas là !

« J’ai rêvé que tu écrivais un roman policier. L’assassin habitait chez toi… » Mon désir de participer à la « dissémination » de juin, répondant à la suggestion lancée par Renaud Schaffhauser et Laurent Margantin, m’amènera peut-être à sortir du thème ou alors à rater, du moins partiellement, l’esprit de l’échange qui est à la base de cette dissémination même. Car je n’ai pas trouvé dans notre univers un auteur de romans policiers pour lui soumettre le cas. J’ai envisagé alors de me caler dans un roman ou dans un film où le meurtre s’exploite dans les quatre murs d’une famille ou d’un couple… Cependant, j’ai la nette sensation que l’énonciation de départ — « l’assassin habitait chez toi » — ne veut pas suggérer une situation traditionnelle ou banale, par exemple une histoire de tromperie ou d’insatisfaction conjugale. Il y a quelque chose de plus intime et redoutable à…

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Brisure

Il y avait eu cet éclair, ce déchirement dans un ciel clair, ce coup de tonnerre inattendu et terrifiant, et ce tremblement de la terre, les murs qui s’écroulaient, l’enveloppe de la vie qui s’éventrait… Quelques paroles, comme les trompettes de Jéricho. Quelques paroles avaient levé le voile sur un champ de ruines qui s’étaient sournoisement amoncelées derrière le mirage d’une existence apparemment intacte, mais qui n’avait déjà plus que l’épaisseur, la consistance d’un décor… Le compte à rebours avait commencé, le même pour tous les êtres vivants, mais pour Marie, il s’était brusquement accéléré… Quelques paroles s’étaient intercalées entre leurs deux vies, entre le côté pile et le côté face, sur une ligne de crête ou de creux entre le ciel et la terre, entre rêve et réalité, entre souvenir et avenir aux routes pareillement barrées, un espace si ténu, si improbable et si difficile à occuper, entre le tain de la glace et la vitre brisée… Quelques paroles prises dans la glace d’une banquise inconnue, que nulle carte ne mentionnait à cet endroit-là, pas à ce moment-là, pas de cette façon-là, de cette manière fourbe et brutale, déloyale et insupportable… Mais il y avait aussi cette autre glaciation plus ancienne, aussi lointaine et enfouie que le plus reculé, le plus profond de sa mémoire, et peut-être même au-delà encore… Il y avait ce froid dans le coeur depuis presque toujours, la marque déjà gravée de l’absence, le début d’une attente sans fin, la faim, la privation d’une substance primordiale et introuvable, qu’il fallait chercher dans l’ailleurs…

L’avenir improbable

Éditions QazaQ : une petite notice explicative

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Provisoirement, les livres des Éditions QazaQ ont encore le format ePub.
Ils s’affichent très bien sur les tablettes, qui donnent le choix entre différentes polices (testés : l’iPad et la HP Slate 7 2800).

On peut les lire facilement sur les ordinateurs de bureau aussi.

Sur les iMac, les livres s’affichent bien sur iBooks avec un choix de 7 polices et la possibilité d’ajuster la dimension du texte.
Sur le PC (et l’iMac aussi),  le lecteur NOOK de Barnes and Noble produit un résultat très élégant, avec un choix de 6 polices et la possibilité de changement de dimension du texte. Autre possibilité : Adobe Digital Editions. Tous les deux lecteurs sont téléchargeables gratuitement.
Les liens :

NOOK pour PC

NOOK pour Mac

Adobe Digital Editions

Je vous souhaite bonne lecture.

Texte : Jan Doets

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QazaQ-choc ! le pas de danse d’un nouvel éditeur hors frontières : Éditions QazaQ

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En août 2013, j’ai commencé un blog collectif de création littéraire ‘Les Cosaques des Frontières’.

J’avais invité deux amis du web littéraire français pour me rejoindre: Brigitte Celerier et Anh Mat.
Serge Bonnery venait en septembre, Anna Jouy en octobre, Christine Zottele en novembre 2013, feue Carol Shapiro et Isabelle Pariente-Butterlin en mars 2014. Françoise Gérard et Lan Lan Huê me rejoignirent en avril 2014. Tous les neuf sont restés mon équipe ‘noyau’, mes cosaques ‘maison’ (la maison du cosaque s’appelle l’isba).

Depuis avril 2014, j’ai invité plusieurs d’autres amis littéraires. Je les appelle les Zaporogues. Ils sont les Cosaques libres qui passent à l’isba de temps en temps. Marie-Christine Grimard, Marie-Pier Daveluy, Lelius (Perles d’Orphée), Thomas Fiera, Claudine Sales, Serge Marcel Roche, Anik Walachniewicz, Eric Schulthess, Sabine Huynh et Zakane prennent alors une vodka avec moi.

Tous ces ami(e)s multi-talentueux m’ont offert beaucoup de leurs heures, passées en efforts…

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Lieu de transit

Il séjournerait quelques semaines à Amsterdam puis se rendrait à Berlin. Il lui enverrait des lettres laconiques, juste le nécessaire. En regard de la limpidité des mots qu’il emploierait, elle se demanderait si la mécanique de ses propres sentiments n’était pas faite de rouages un peu trop compliqués. Elle avait voulu retarder le moment de le quitter, ils s’étaient installés à une table située dans un coin du snack-bar de la station-service. La scène était restée figée dans sa mémoire comme un tableau de Hopper. Juché sur un tabouret près du comptoir, un homme en costume-cravate et grosses lunettes d’écaille lisait un journal en fumant une cigarette. Au centre de la salle, deux chauffeurs routiers mangeaient face à face. De longues minutes s’étaient écoulées dans un silence interrompu seulement par le cliquetis des couverts, le froissement du papier et le choc de la vaisselle lavée par l’employé du snack. Soudain, l’homme aux lunettes avait replié son journal et payé son dû. On avait entendu ronronner le moteur de la belle Peugeot 504 blanche garée en face de la baie vitrée, puis on l’avait vue s’éloigner avec élégance et sobriété. Stéphane s’était approché des routiers quand ils avaient réclamé l’addition. Ils avaient entamé une discussion sur les délais difficiles à tenir, les réglementations qui diffèrent d’un pays à l’autre, la vie familiale perturbée. Mais il y avait aussi leur plaisir à travailler sans supérieur hiérarchique, au volant d’un mastodonte, seuls maîtres à bord après Dieu. Sur la banquette de moleskine où elle était restée assise, elle écoutait la musique des voix. Les yeux fermés, elle voyait défiler des images de villes aux noms évocateurs qui se déployaient sur un vaste territoire où se jouaient les destins des uns, des autres… Dans le creux de sa main droite, elle avait serré le petit miroir rond qu’au moment de sortir pour accompagner Stéphane jusqu’à la bretelle de l’autoroute elle avait glissé dans une poche un peu comme s’il s’était agi d’un talisman. Côté face, elle aurait donné quelques années de sa vie pour connaître l’avenir. Côté pile, pour ressusciter les bonheurs perdus…

L’avenir improbable