petit papillon blanc du mois d’août
prisonnier de l’éphémère
qui se jette
sur les caresses du soleil
et s’affole au vent d’été
je te retrouverai un soir tremblant
les ailes brisées
petit papillon blanc du mois d’août
prisonnier de l’éphémère
qui se jette
sur les caresses du soleil
et s’affole au vent d’été
je te retrouverai un soir tremblant
les ailes brisées
À l’ombre d’un arbre
sur un banc
ici et maintenant
petites taches de soleil sur le sol sec
bourdonnement de l’été
sans gravité
mes pensées volettent comme ce papillon blanc
au milieu de la frondaison verte
et le paradis ressemble à ce jardin
bonjour, l’éternité
![]() Du 10 au 14 juin, La Chambre d’échos (stand n° 113) vous invite à choisir dans les allées du Marché de la poésie vos lectures d’été (poésie, romans, récits, nouvelles…)
Trois nouveautés, quelques rééditions : Place St Sulpice, Paris 6e
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La Chambre d’échos | 23, impasse Mousset | 75012 Paris tél. : 01 44 74 04 01
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33. Aurore, 2015
32. Aube du monde, 2015
31. Chemin blanc, 2015
30. Soleil hivernal, 2014
29. Collines bleues, 2014
28. Mille et une nuits, 2014
27. Douceur du soir, 2014
26. (E)automne, 2014
(d’après une photo vue sur www.Photo-Paysage.com /cc by-nc-nd)
25. Miroitements, 2014
(d’après une photo de Bruno Monginoux/cc by-nc-nd /www.Photo-Paysage.com)
24. Rose crépuscule, 2014
23. Arbre nu, 2014
@DanniSr8 : « La mélancolie est un crépuscule, la souffrance s’y fond dans une sombre joie. » Victor Hugo
22. Embrasement, 2014
21. Rêverie d’été, 1967
20. Soleil irlandais, 2014
19. Mouillage, 2014
(d’après une photo proposée par Marie-Christine GRIMARD)
18. Le ciel et la mer, 2014
17. Rivage, 2014
16. Océan, 2014
15. Aube, 2014
14. Coucher de soleil, 2014
13. Miroitement de l’eau au crépuscule, 2014
(d’après une photo originale de Mooonalila)
12. Ciel d’hiver, 2014
11. Déclinaison, 2014
10. Village, 2014
9. Flots, 2014
8. Paysage portuaire, 2014
7. Route en hiver, 2014
6. Falaise (Pointe du Hoc), 2013
5. Confins, 2013
4. Front de mer, 2013
3. Tribord, 2013
2. Transparence, 2013
1. Grand vent, 2013
Des tons fauves, étalés sur les bas-champs inondés. A perte de vue la plaine qui court, et le ciel rempli d’amour qui fait pleuvoir l’azur. Etrange assemblage qui étonne le regard, titille l’âme. L’eau s’est substituée à la terre, les saules ont déposé leurs pleurs sur les marécages gelés. Sur les nappes immobiles, sur la végétation figée, sur les teintes uniformément éteintes, la lumière réfractée fait flamber la vie. Dans ce reflet de l’été sur l’hiver, dans cet assemblage insolite d’éléments qui ne sont plus domestiqués, l’âme a reconnu le carrefour où elle campe, en attendant l’éther éternel été…
Fragmentation. De soi.
J’ai remarqué cela. Il y a un temps de la vie où les étés sont infinis. Je me souviens de ce temps. Et de ces élans. Il ne s’est pas éloigné suffisamment pour que j’en perde le souvenir. L’oublie-t-on jamais ? La dernière journée d’école marquait le début d’un temps infini. L’été. Le retour de la rentrée, de l’automne, de la classe, la réiteration des jours, des semaines, paraissaient si lointains qu’ils en devenaient inexistants. Je me souviens de ce temps infini. Le temps infini de l’été. Il n’y avait qu’un seul jour qui se déclinait sous toutes ses formes possibles.
Je ne sais pas comment ça c’est passé, mais peu à peu l’été s’est trouvé pris s’est trouvé enserré, ainsi, étouffant, entre les fins d’année et les débuts d’année. Entre des recommencements. Des réitératons. Comme si des crochets s’étaient fichés dans le temps. Le tenaient. L’avaient arrimé solidement. Je ne les ai pas vus se planter et arracher des possibles. La métamorphose sans doute, même, m’a paru intéressante. Les liens tissés entre l’avant et l’après ont estompé l’été.
Étirement de soi.
Il était possible, aux temps de l’enfance, de s’imaginer dans un été infini. Tout disparaissait du monde hormis le soleil et les jeux de l’été. Les impressions de l’été. Tout s’effaçait hormis le sable sous les pieds et le goût du sel sur les lèvres, le goût du sel sur les doigts. L’été avait le goût du sel et la mer laissait sur la peau des filets et des entrelacs de sel, qu’on ne voulait pas abandonner comme un serment fait aux vagues de revenir le lendemain. Entrelacement de rêves et des jours et des nuits et des attentes et des possibles et de l’immense de l’océan.
Il était possible de les tisser ensemble. Rien n’échappait dans la perspective ouverte des jours aux gestes minuscules. Je me souviens de ce sel sur la peau ; il donnait la certitude de l’infini. Il était l’assurance de l’infini. Face à laquelle chaque fin d’été était une trahison. Chaque retour dans la voiture familiale un déchirement de toutes les promesses de l’aube. Chaque été se terminait par la trahison violente et sans appel de l’été.
Effacement.
Je me souviens de ce temps. Je n’ai pas osé te demander si tu avais la même certitude en partant. Si tu croyais aussi que chaque été abolissait tout ce qui n’était pas lui. Si tu regardais la mer en te disant qu’il en serait toujours ainsi. Que plus rien ne serait jamais comme avant. Que la mer emporterait retiendrait protégerait et qu’à elle, il était possible de confier l’infini que nous portons en nous. Je n’ai pas envie de te dire que j’en ai perdu la trace.
un rayon de soleil me cueille sur la margelle d’un puits de pensées noires
__________
J(((oi)))e
ici
éclats lumière rires maintenant
grains de poussière en suspension ensoleillés
dans l’espace entrebâillement fenêtres vides
soleil bleu horizon point à la ligne
moi point de suspension
__________
Pr O vidence
petites taches de couleur offertes
arrêtent mon regard pensées
que fait le/la jardinière
l’eau manque oh
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Impressions d’enfance
glisse
la barque sur l’eau sillage
lignes de fuite clapotis tendre berceuse
si légère et si facile pesanteur abolie je glisse
je glisse je lisse ma vie si limpide soudain
douce ivresse des rimes des rames je m’arrime
mirages à des images de rivages
hospitaliers et enchanteurs
tendre berceuse
à l’ombre du feuillage qui miroite dans le profond de l’eau claire
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Etonnement primordial
à l’instant
je vois tournoyer dans le ciel bleu
des hirondelles petites et un planeur grand
je tiens entre deux doigts une graine
poussée par le vent
il en étire les fils d’argent
j’écoute le rossignol
je regarde la nuit
la lune ronde me tend son visage étonnant
je pense au commencement
j’entends le premier cri
le mien
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Envol
à l’instant
il neige
des fleurs
éphémère floraison
des cerisiers
les feuilles des hêtres
les feuilles des chênes
ont à peine commencé
de se déplier
d’autres
de quelle espèce d’arbres ?
comme des vols de papillons
ressemblent à des ailes
les points blancs
rejoignent lentement la terre
ou s’élèvent
je ne sais
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Regards croisés
un sourire de la lumière dévisage soudain la fenêtre sortie de l’ombre
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Eden
petites fraises des bois au ras du sol
à l’ombre d’un arbre ensoleillé
abri bienfaisant de mes pensées rêveuses
ondoyantes dans l’air tiède
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Compassion
déflagrations violentes de l’orage
aussitôt apaisées par le doux ruissellement de l’eau
sur les tempes de ma mémoire déchirée
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F-Estival
la lumière est dense
et danse
avec la brise légère
sur les ombres frémissantes
des feuillages frais
comme une nuit
apprivoisée
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17 :15
il fait nuit
mais dehors brille le soleil fossile des feuilles caduques
qui incendient encore la couronne des arbres
ou jonchent le sol en pointillés impressionnistes
le ciel est tombé sur la tête
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Derniers feux
givre blanc, brume blanche exaltent ce matin les mille couleurs flamboyantes de l’automne
qui n’en finissent pas de magnifier la mort avant de s’éteindre
hélas, la nuit est si profonde
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Géolocalisation
LA SOLITUDE
EN LATITUDE
ET
L
O
N
G
I
T
U
D
E
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Aube
la lumière naissante est tamisée
par un voile d’argent si fin que l’or
qui ourle chaque bord du monde inonde
le paysage de transparence blonde
entre les ailes azurées des anges
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Pluie de lumière
la lumière bleue du ciel
tombe drue sur le jardin
qui tend son prisme vert
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