fourbu, fendu, vermoulu, abattu
fatigué, disqualifié, invalidé, vilipendé
saccagé, meurtri, jeté, cassé, transpercé
coeur décrié-déchiré, éperdu-perdu
fourbu, fendu, vermoulu, abattu
fatigué, disqualifié, invalidé, vilipendé
saccagé, meurtri, jeté, cassé, transpercé
coeur décrié-déchiré, éperdu-perdu
La pluie pianote à peine
tintement cristallin de la source
les larmes sont douces
lumière perlée de l’automne
derrière la vitre trois bouquets rouges
triste grisaille du jour
les couleurs rougissent en s’effaçant
A la surface de ma conscience
comme des herbes folles plissées par le vent
l’ampleur de leur murmure m’encercle
des bribes de phrases ondoient
qui sont ces serpents…
qui me poursuivent et me font fuir
hors de moi
A l’instant je marche
en traversant l’air doux
de l’automne
mes pas
attachés au sol
suivent le tracé du chemin
dociles et pesants
légèreté de mon regard
qui vole entre ciel et terre
plus librement qu’un oiseau
qui suis-je
pour admirer ainsi l’horizon
magnifié par le soleil
dans la nuit de l’Univers
point incandescent
souffle sur une allumette
Mes pensées ondoient comme de menus branchages
emportés par le courant de la rivière
où miroite le reflet de mon visage
Penchée sur l’eau, je flotte au-dessus de ma vie
je me prépare à me séparer de moi-même
Lancinant lent si lent silence si lancinant si lent le temps silencieux vide
Sans les cieux sans les yeux larmes qui ne coulent plus qui ne coulent pas à force
Ligne silencieuse d’une mélodie chuchotée devinée à peine
Tant de peine tant de pleurs qui ne coulent pas qui ne coulent plus sans toi
Sans foi ni loi sauvage le chagrin me déchire
Bouddha compassionnel
sourire
de la Joconde énigmatique
mystérieux visages
qui nous dévisagent
miroirs de nos douleurs, de nos laideurs
oasis, source, eau vive des yeux tristes de l’artiste
statue, tableau, simulacres, joies et peines absurdes, étincelles
étoiles scintillantes dans une nuit sans nom
rêves de beauté, de bonté, révolte, cris vains de l’écrivain muet
d´horreur
aujourd´hui, à l’instant, horribles nouvelles du jour
courbure de l’oiseau-main en suspens au-dessus de la tête
envol des ailes-doigts
éventail de baisers soufflés, envoyés, donnés, reçus
Ricochets de la lumière
Bonheur du soir
Le rossignol chante
Si pure est la mélancolie
Si douce est la nostalgie
de cet autre monde rêvé