Auteur : leventquisouffle

Textes et pastels de Françoise GÉRARD.

éphéméride.8

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

15 février

   J’ai besoin de marcher. De marcher vraiment. Pendant plusieurs heures d’affilée. De sentir le rythme de la marche. De me sentir fatiguée. D’attendre et d’atteindre mon deuxième souffle. J’ai besoin de respirer. D’inspirer et d’expirer. Vraiment. De sentir le souffle de la vie. De la continuité de la vie. Ma vie? Le mystère de la, de ma vie. Vivre consiste à marcher. Il me souvient… Cet étonnement sans limite quand je me suis rendu compte, encore enfant, que ma vie consisterait à faire un nombre incalculable de pas, interrompus seulement par le sommeil de la nuit. Combien de millions de pas ai-je à ce jour accomplis? Vertige des chiffres qui n’expliquent rien. L’infiniment grand à la portée d’une enfant. Il me souvient… J’aimais marcher dans les rues d’une ville que je croyais mienne. Elle ne l’est plus depuis si longtemps. Combien de pas me reste-t-il à parcourir?… Je marche et les questions se font légères, doux les souvenirs, plus rien n’a d’importance, seulement le souffle, mon souffle, le souffle de la vie, ma vie pour encore un certain temps, un temps certain, un temps incertain… Chacun de mes pas scande le temps qui passe, à chacun de mes pas, comme c’est étrange, en ce moment, sur ce chemin balayé par des rafales de pluie, je ressens une joie inattendue venue de nulle part…

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16 février

     Inhabituel, ce jour, le voyage, la lumière, les papiers oubliés, les gestes recommencés, descendre vers le Cours Mirabeau, remonter dans la ville cardinale, recommencer, les mêmes pas, chercher les papiers échappés des mains, revenir, redescendre, en peu de temps, plusieurs fois, le même trajet, peut-être pas tout à fait les mêmes rues, mais des parallèles, on ne sait pas les noms, ce n’est pas tout à fait nécessaire pour aller dans un sens, un autre, il suffit d’avoir en tête des directions même assez vagues. Jour inhabituel qui tranche sur le quotidien. On invente des gestes. On les découvre. On se retrouve inventant des gestes. On ne savait plus. Détours d’une ville. Détour d’une vie. C’est tout un parfois. Inexplicablement, l’inattendu.

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éphéméride

éphéméride.7

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

13 février

     Tristesse… Je suis triste car un enfant que je connais vient de subir la cruauté de l’injustice sociale, la cruauté tout court… Je suis triste parce que ce SDF dont personne ne dit plus le nom vient de mourir dans la rue… Je suis triste parce que cet homme sans vergogne dont le procès passe en boucle à la télé ne regrette pas les mauvais traitements qu’il a infligés aux femmes qui l’accusent… Je suis triste parce que cet élu local très connu qui a décidé d’armer les policiers municipaux de sa ville considère par voie d’affiche que le revolver est un ami… Je suis triste de voir la haine se distiller partout, je suis si triste, il y a tant de raisons d’être triste !…

     Tristesse et colère… Le monde est hostile, mais si nous unissions nos forces au lieu de nous combattre? Sommes-nous à ce point égoïstes ou mauvais que les faibles et les doux deviennent nos proies? Qu’apprenons-nous à nos enfants? Quelle expérience leur transmettons-nous du monde social? La vie pourrait être belle si l’ensemble du collectif le désirait, malgré la dureté du monde physique et de la condition humaine, si la bienveillance et l’indulgence régulaient nos relations avec les autres et les rendaient simples, faciles, réconfortantes. Aimés-aimant, nous serions toujours heureux et joyeux… Je suis si triste…

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14 février

     Il fait froid. Ce pouvait être une mauvaise journée. Ce devait être une mauvaise journée. Elle n’est pas faite pour répondre aux attentes. On s’en méfie. Il y aura bien des choses à faire mais on s’en méfie. Il fait froid et gris. Je sors tout en regardant sur l’application de la RATP le temps que cette course va me prendre. Étrangement l’application conseille un court trajet en métro et une longue marche à pieds. Je pressens que c’est absurde mais à tout prendre, je préfère marcher. Je remonte la rue en direction de la station de métro et une pluie glacée commence à tomber, tandis que le soleil perce. C’est toujours cette capacité du monde à se renouveler alors qu’on n’en attendait plus rien. Il reste seulement à faire de même. Le corps vertical et immobile descend sur un Escalator vers les profondeurs du métro.

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éphéméride

LA FRATERNITÉ SUR LA PLACE

Avatar de passeursdhospitalitesPasseuses d'hospitalités

Le 21 mars est la journée mondiale contre le racisme. Un rassemblement était organisé à Calais comme dans une dizaine de ville de France.

Mais à Calais, il a été interdit par la municipalité sous prétexte de veille d’élection. L’arrêté d’interdiction a été affiché sur le lieu le matin même – trop tard donc pour le contester, trop tard aussi pour prévenir les participants au rassemblement.

Celui-ci a donc eu lieu. Un peu timidement au début, on ne savait pas si la police allait intervenir, on a surtout discuté les uns avec les autres, contents de se retrouver là. Puis rien ne se passant, quelqu’un a apporté du thé chaud, des gâteaux, puis une sono, la musique a appelé la danse. Des gens de quatre continents se sont trouvés ensemble.

Le code électoral français prévoit que les électeurs aient une journée de réflexion avant le vote, et que la…

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éphéméride.6

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

10 février

     Privilège de l’âge, je ne me sens plus directement concernée, mais autour de moi, encore, toujours… Je ne comprends pas, je ne l’ai jamais compris! Pourquoi la journée de travail d’un cadre doit-elle obligatoirement se terminer après 19 H? La présence au travail à une heure tardive est-elle un gage de qualité? Evidemment non, sinon tout n’irait-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles? Je me souviens… J’ai souvent pratiqué l’art du funambulisme entre des aspirations et des nécessités contradictoires, mais je n’étais pas une acrobate très douée, et je me suis souvent cassé la figure. Or donc, le travail professionnel avant tout. Mais que le travail domestique et l’éducation des enfants soient de toute façon délégués aux femmes ! Et que les femmes qui le peuvent se fassent aider par d’autres femmes ! Quant aux aspirations qui ne relèvent pas du devoir familial, circulez, il n’y a rien à voir… La façon dont s’organise le collectif révèle sans doute les ressorts profonds qui l’animent…

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12 février

     Alcool pur : le monde social agressant, décapant. Brûlure. Le monde social, qu’on ne peut tenir au loin, qu’on ne peut éloigner, dont on ne peut se défaire. Il n’est pas possible. Il n’est pas, seulement, à l’horizon, des possibles, de se tenir sur une ligne : de solitude. Je n’aime pas l’alcool pur, vie sociale et agressante. Je n’aime pas. Emprise, menace sourde, faire comme si. On supportait. Faire comme si : on passe. On voudrait passer, passer comme un joueur, ça accroche, ça fait mal, on se replie, on voudrait pouvoir, mais on ne peut même pas, on prend la brûlure du monde social, on n’y peut rien, on ne peut rien.

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éphéméride

éphéméride.5

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

8 février

     Ce matin, j’ai accueilli la lumière resplendissante du jour entre mes paumes ouvertes. Elle se répandait dans la pièce tandis que je regardais miroiter dans le bol le liquide ambré du thé de mon petit déjeuner (la confiture d’abricot resplendissait comme un soleil). L’espace illuminé autour de moi était structuré à grands traits d’ombre. Mon espace mental s’ouvrait de la même façon à la lumière en canalisant les zones obscures. Mon corps soupirait d’aise, je me laissais envahir par le bien-être, la noirceur du monde ne me concernait plus. Je formulai le vœu impossible que cette clarté soit mienne jusqu’à la fin de mes jours. Pourquoi se laisser happer par les ténèbres?…

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9 février

     Et puis les nouvelles tombent, le jour tombe, et puis le jour s’en va, les êtres aussi, on voudrait autrement, on voudrait croire qu’autrement est possible, mais l’obstination du réel est plus forte que la nôtre, les nouvelles tombent, les êtres aussi, parfois ils se relèvent, les jours nous traversent, les espoirs et les chagrins alternent sur nous leur emprise, les jours ont une saveur étrange mêlant l’amer et le doux, qu’ils n’avaient pas autrefois. Et nous fermons les yeux pour être sûrs que nous existons toujours, pour nous recentrer, dans la bousculade du monde, sur ce que nous tentons d’être.

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éphéméride

éphéméride.4

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

6 février

     Je forme toujours le numéro trois minutes avant l’heure exacte pour éviter que mon jeune correspondant n’attende ou s’imagine que je l’ai oublié. Quand il décroche, je reconnais avec plaisir les modulations de sa voix. Nous ne parlons (presque) jamais de choses essentielles, mais nos paroles insignifiantes me comblent de joie, et je pense qu’il est lui aussi satisfait de cet interlude. J’aime ce rendez-vous hebdomadaire qui nous permet d’entretenir le lien qui nous unit. La conversation dure environ trente minutes. Nous avons pris l’habitude de raccrocher au bout de ce laps de temps avec la satisfaction renouvelée d’avoir soustrait à nos temporalités respectives un moment très agréable dont nous nous félicitons mutuellement. Me paraissent légères les heures qui précèdent et celles qui suivent ce rendez-vous téléphonique…

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7 février

     Pour un temps, suspension de la course d’aujourd’hui dans la préparation de demain. Aujourd’hui sert à préparer demain, à en envisager les déploiements, le cours, aujourd’hui est très exactement et à peu près uniquement la veille de demain, du moins pour toi, et tu prépares avec moi des fournées de gâteaux blonds ou chocolatés, certains demandant que les blancs d’œufs soient montés en neige, et d’autres nous obligeant à ressortir pour aller chercher la poudre d’amande que nous avons oubliée. Le four a tourné pendant des heures, répandant dans la pièce sa chaleur et l’odeur douce et enveloppante de la pâte qui cuit. Tu as assuré entre chaque fournée le nettoyage du grand saladier qui nous a servi à préparer les différentes pâtes, en l’emportant sur le canapé avec la spatule qui devait me servir à le vider. J’aime tant que tu sois heureuse.

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éphéméride

éphéméride.3

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

4 février

     Je suis fatiguée, mon esprit s’obscurcit, les mots se refusent, et je me sens repoussée vers une zone grise qui m’attire irrésistiblement comme un trou noir…

     Qui suis-je, absente à moi-même?…

     L’insomnie de la nuit se prolonge dans le jour par une intrusion de fantômes qui me narguent et cherchent à m’entraîner dans leur danse macabre. Je ne me défends ni ne les provoque et tente de me réfugier dans une douce indifférence… Les yeux apparemment ouverts, j’avance dans le jour comme une somnambule. J’aurai vécu, aujourd’hui, à côté de moi-même, comme tant de fois au cours de ma déjà longue existence…

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5 février

     Seule impression vive du jour : sentir, en traversant le hall trop grand pour les quelques grappes de personnes qui y stationnent, l’incision du froid sous les ongles, autour des yeux, sur la nuque.

     Tout le reste du jour, supporter le jour, attendre qu’il passe, répondre ce qu’il semble adapté de répondre, ou précisément ce qu’il semble inadapté de répondre, répondre à des listes d’items lesquels paraissent appropriés, pourquoi ceux-là et pas un autre ?, en arriver à se demander si toute la journée n’a pas été elle-aussi une longue liste d’items qu’il fallait bien cocher pour parvenir dans le soir au tunnel de la nuit. Quoi d’autre, alors, qu’un jour de plus perdu lui aussi dans le néant ?

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éphéméride

éphéméride.2

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

2 février

     Ciel gris, temps froid, la campagne est morne et la promenade abrégée.

     Veillée au coin du feu: senteur du bois, crépitement des flammes, spectacle fascinant au fond de l’âtre, rêverie qui m’absorbe du fond des âges, moi ici et, là-bas, il y a des dizaines de milliers d’années, homme ou femme des cavernes, ma soeur, mon frère, à la recherche d’un abri dans la nature hostile, même posture et même regard, paumes tournées vers la chaleur des flammes reflétées dans leurs/dans mes yeux, sans doute, si je pouvais me regarder… hypnose, les giclées d’étincelles attisent un feu étrange sous les fronts humains…

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3 février

     Alors on a couru, alors il a fallu courir, alors on courait tant qu’à 14 heures passées, quand il a fallu sortir en catastrophe (et puis finalement non, ce n’était pas la peine), on était toujours en pyjama, en pull, on n’avait pas déjeuné, seulement petit-déjeuné, et repris un café, alors on a arrêté, à un moment, on a arrêté, on s’est arrêté, parce que ça ne sert à rien de vivre comme ça, et pour parler avec la voix dans le téléphone, on s’est installé au soleil, à regarder les nervures des feuilles en transparence dans la lumière d’hiver, et on a parlé, on n’a pas fait attention, et quand on a fini de parler, il était bien plus tard, et le plat dans le four avait brûlé, mais à quoi bon ?, alors on a étendu le linge et on est sorti, parce que c’était l’heure, parce que c’est comme ça.

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éphéméride

éphéméride.1

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

    

2015

31 janvier

    Une fine pellicule de neige sur le sol ce matin, neige craquante et miroitante sous un grand soleil qui la fera fondre très probablement dans quelques heures…

     La neige a fondu et le soleil a disparu à l’image de nos vies qui fondent et disparaissent.

     Sur l’écran de ma mémoire, cinéma confidentiel, projection en noir et blanc des scènes de mon existence avec leurs parts d’ombre et de lumière. Impression que ma conscience danse et scintille comme les taches de lumière qui zèbrent la pellicule des vieux films. Sensation de légèreté en regardant les flocons qui recommencent à tourbillonner, ce soir, sous la clarté de la lune.

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1er février

     Il aurait pu neiger mais il n’a pas neigé. Il était si facile d’imaginer dans l’air froid les mouvements des flocons dans l’air froid et épais. Quand je me suis levée, tous les possibles du jour étaient ouverts en éventail, et au fur et à mesure de la journée, ils se sont resserrés, ils ont rétréci, ils sont devenus de plus en plus étroits, jusqu’à se resserrer, n’être presque plus rien, jusqu’à me laisser me retirer du jour et de son absence, pour aller retrouver les rivages du soir.

      Il n’y eut presque rien à faire, sinon les lignes à écrire, et la musique à écouter. J’oublie que je sens encore dans la pulpe de mes doigts les cordes du violon et la répétition en boucle de cette phrase de Vivaldi.

     Il n’y eut presque rien à faire, sinon pour finir, quelques phrases en Anglais et la chaleur du four qui écartait l’hiver. Ce jour, comme un autre, va-t-il s’effacer ?

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