éphéméride.4

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

6 février

     Je forme toujours le numéro trois minutes avant l’heure exacte pour éviter que mon jeune correspondant n’attende ou s’imagine que je l’ai oublié. Quand il décroche, je reconnais avec plaisir les modulations de sa voix. Nous ne parlons (presque) jamais de choses essentielles, mais nos paroles insignifiantes me comblent de joie, et je pense qu’il est lui aussi satisfait de cet interlude. J’aime ce rendez-vous hebdomadaire qui nous permet d’entretenir le lien qui nous unit. La conversation dure environ trente minutes. Nous avons pris l’habitude de raccrocher au bout de ce laps de temps avec la satisfaction renouvelée d’avoir soustrait à nos temporalités respectives un moment très agréable dont nous nous félicitons mutuellement. Me paraissent légères les heures qui précèdent et celles qui suivent ce rendez-vous téléphonique…

***

7 février

     Pour un temps, suspension de la course d’aujourd’hui dans la préparation de demain. Aujourd’hui sert à préparer demain, à en envisager les déploiements, le cours, aujourd’hui est très exactement et à peu près uniquement la veille de demain, du moins pour toi, et tu prépares avec moi des fournées de gâteaux blonds ou chocolatés, certains demandant que les blancs d’œufs soient montés en neige, et d’autres nous obligeant à ressortir pour aller chercher la poudre d’amande que nous avons oubliée. Le four a tourné pendant des heures, répandant dans la pièce sa chaleur et l’odeur douce et enveloppante de la pâte qui cuit. Tu as assuré entre chaque fournée le nettoyage du grand saladier qui nous a servi à préparer les différentes pâtes, en l’emportant sur le canapé avec la spatule qui devait me servir à le vider. J’aime tant que tu sois heureuse.

***

éphéméride

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