à peine

Le temps de vivre

Atelier d’écriture Tiers Livre de François Bon

     Les cheveux blancs permanentés au-dessus d’un manteau noir fatigué qui progresse lentement sur le trottoir, une petite vieille traîne un sac à roulettes avec ses provisions du jour… En son for intérieur, le sourire d’un jeune homme blond qui la demande en mariage…

     D’épaisses nuées plombent le ciel, le son lancinant d’un canon monte de la plaine, on entend à peine la plainte des blessés…

     La vie n’est qu’une étincelle dans la nuit… on voudrait naître avec le soleil, on voudrait attraper les grains de lumière, les mains ne retiennent rien… l’espérance d’un jour s’enfuit comme le sable entre les doigts… le corps se heurte pourtant à la dureté des pierres, la vie matérielle est dure, il est dur de gagner sa vie!… la vie est comme un coup de foudre… une joie insensée qui anéantit celle ou celui qu’elle frappe…

Alimenter la flamme

Petites vies anonymes
craquées comme des allumettes
dans la nuit de la grande mémoire humaine