Au volant, en passant

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La vitesse
ouvre l’espace

la route invente
un cinéma monotone
au décor immuable

seul le ciel change
et les saisons

aujourd’hui, le paysage est vert et jaune
autour de quelques éoliennes blanches
qui jalonnent le trajet

le soleil se couche en beauté
comme j’aimerais le faire
le soir de mon dernier souffle

la lumière est plus belle que le jour
avant la nuit
plus tendres sont les amours
au crépuscule

un parfum se répand
de fleurs caressées par le vent
dans l’habitacle de la voiture

l’air est léger
de chaque côté de la route
on dirait que les arbres ont envie de danser

Etrange relation

  Page sombre

(Récit en cours d’écriture: suite)

     Par une étrange similitude, je me retrouve dans la position de Martin quand il semblait rechercher des réponses à des questions énigmatiques connues de lui seul, et que je l’observais en train de mener ses investigations mystérieuses dans la médiathèque du service de renseignement où officiait l’ami de mon père, qui m’avait autorisée à essayer de percer son secret. Martin se méfiait évidemment de moi. Pourtant?… malgré tout… d’une certaine façon… une sorte de pont?… son regard… nos silences… et cette poignée de main, ce soir-là, si chaleureuse!… tandis que de son autre main il semblait chercher mon épaule comme pour se décharger d’un fardeau qu’il n’avait plus la force de porter seul!… Non, je n’ai pas rêvé! Je ne suis pas en train d’écrire le roman d’une histoire fantasmée! Martin m’appelait à l’aide à travers un mur virtuel qui étouffait les sons et nous empêchait de nous rejoindre vraiment. Je ne pouvais pas entendre, je ne pouvais pas comprendre ce qu’il essayait de me dire… entre nous, pourtant, existait quelque chose de fort, une aimantation… nous étions marqués par le sceau indélébile d’un échange impossible… Martin! Comme j’aimerais pouvoir reprendre le cours apparemment tranquille de notre étrange relation, née dans le sous-sol bunkérisé de l’immeuble des services secrets…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

A chacun sa responsabilité

Félix Nussbaum Pour ne jamais oublierImage empruntée à @f_lebel sur Twitter.

La moitié du pays est en souffrance: territoires abandonnés, chômeurs, précaires, travailleurs pauvres, etc… et les électeurs ont manifesté le 23 avril dernier leur désarroi, leur colère, leur désir d’une politique économique et sociale qui soulage leurs maux en votant massivement pour les candidats, si différents soient-ils par ailleurs et quels que soient leurs degrés respectifs de sincérité, qui proposent de rompre avec la financiarisation mondialisée de l’économie et/ou d’empêcher le dumping fiscal et social européen. Pourtant, Emmanuel Macron vient d’annoncer, entre les deux tours de l’élection présidentielle, qu’il ne changera pas une ligne de son programme, alors qu’il prétend « en même temps » rassembler les Françaises et les Français! Est-ce bien raisonnable ? Bien sûr que non. Ce faisant, il endosse la responsabilité de renforcer le désespoir social qui fait grossir la vague brune ! Un grand nombre de sympathisants ou d’électeurs de Marine Le Pen ne sont pas racistes. Avez-vous regardé le reportage d’Elise Lucet dans l’émission « Envoyé spécial » ? Avez-vous été témoin, grâce à ce reportage, de l’échange amical entre les ouvriers de l’Intersyndicale de l’usine Whirpool d’Amiens et l’un des ouvriers polonais de la nouvelle usine qui va bientôt remplacer la leur ? Comprenez-vous que c’est bien le désespoir social qui alimente le vote FN ? Comprenez-vous, par conséquent, que le score de Marine Le Pen aurait été nettement plus élevé sans la belle campagne humaniste de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise ? Et, le reconnaissant, pourquoi ne pas en savoir gré aux électeurs insoumis plutôt que de leur faire le procès odieux d’une quelconque complicité avec le Front national ? Cette attitude est irresponsable. Au premier tour, j’ai voté pour le programme de la France Insoumise car il était à mes yeux, et le reste évidemment pour les législatives, face aux grands enjeux écologiques et sociaux de notre temps, le plus cohérent et le plus abouti de tous ceux qui nous ont été proposés. Au second tour, je voterai pour Emmanuel Macron la mort dans l’âme et contre mes convictions en ayant à l’esprit les raisons développées par Olivier Tonneau dans sa *Lettre aux Insoumis. Mais comme lui, je ne jetterai pas l’opprobre sur ceux et celles qui choisiront de s’abstenir ou de voter blanc ou nul ! Car « en aucun cas, les Insoumis n’endosseront la culpabilité de l’arrivée des fascistes au pouvoir, et ce quoi qu’ils votent. Elle n’incombe qu’aux libéraux qui sèment le désespoir et bien sûr aux fascistes eux-mêmes. Que nous nous trouvions face à un choix très difficile ne change rien au fait que les seuls responsables sont ceux qui nous ont mis face à ce choix. » À chacun sa responsabilité.

*Face au FN : Lettre aux Insoumis tentés par l’abstention.

Emmanuel Macron, un putsch du CAC 40

Avatar de Aude LancelinLe feu à la plaine

Unknown-3.jpegComment le candidat d’« En marche ! » a été entièrement fabriqué par des médias entre les mains du capital, et pourquoi il est encore temps de résister à ce coup de force.

C’était à la fin de l’été dernier, je venais de rendre le manuscrit du « Monde libre ». Mon regard errait devant les images de BFM TV, dans les vestiges d’une canicule parisienne achevée il y a peu. C’est alors que je compris brutalement que l’année 2017 serait terrible, et que la présidentielle à venir ne ressemblerait à rien de ce que ce pays avait connu jusqu’ici. La première chaîne d’informations en continu du pays, fleuron du groupe Altice-SFR détenu par Patrick Drahi, n’avait pas lésiné sur les moyens en ce 30 août 2016. Le tout pour couvrir un événement considérable, imaginez du peu : la démission du ministère de l’économie d’un jeune baron du hollandisme encore quasi inconnu du public deux ans…

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Ce que nous dit le déferlement politico-médiatique anti-Mélenchon

Avatar de MarwenLutte des classes

« Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte ». En une phrase, en 28 petits mots, en une déclaration concise nichée au cœur d’une interview donnée au Point, François Hollande a fait son retour sur la scène politico-médiatique française. Lui qui avait ostensiblement montré son indifférence lors de la primaire organisée par le Parti Socialiste et ses satellites, lui qui s’est soigneusement gardé de soutenir le candidat issu de ladite primaire, le voilà qui sort du bois pour attaquer Jean-Luc Mélenchon sans le nommer – ce qui n’est pas la preuve d’une très grande classe.

Le président pour encore quelques semaines a également affirmé que cette campagne «[sentait] mauvais». François Hollande a donc décidé de prendre la parole pour énoncer ce jugement au moment même où Jean-Luc Mélenchon fait…

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