ruissellement

Partage

C’était un bonheur inouï, insoupçonné, une véritable naissance… Etre vraiment ce que l’on est sans rien soustraire, dire l’inconnu comme le connu, se révéler, se dévoiler à sa propre conscience comme à celle de l’autre, partager enfin l’Etrange et le rendre familier, promettre de ne jamais cesser d’explorer, et se donner ainsi une chance, plus tard, de retrouver le lien qui relie à soi-même… Voilà ce que l’amitié lui avait offert. Pour la première fois, quelqu’un l’écoutait, la comprenait. Elle donnerait à lire à son amie les quelques mots qu’elle avait griffonnés à la hâte sur la route en ce dimanche pluvieux de mars. Il pleuvait, elle marchait, les rues étaient grises… Elle portait une attention extrême au battement de ses pas. Un homme arrivait en sens inverse, penché vers le sol. Il s’était engouffré dans la porte de l’une de ces maisons de briques aux murs uniformes. C’était simple. Il avait disparu, il restait une vision. Elle-même était devenue pluie, un ruissellement de larmes…

L’avenir improbable