Arc-en-ciel
Passagère obligée
Un roulis dans l’oreille gauche; les yeux se ferment sur une fatigue hypnotique; l’œil droit s’enquiert parfois du paysage; les bribes d’information saisies renseignent sur l’avancement du parcours…
Le conducteur me transporte comme un ballot de paille; lui donner une forme reviendrait à faire de moi un épouvantail…
J’aimerais n’épouvanter que les corbeaux et attirer les mésanges… pour regarder leurs acrobaties sur la carotte qui me servirait de nez et à elles de perchoir !
Au volant, en passant

La vitesse
ouvre l’espace
la route invente
un cinéma monotone
au décor immuable
seul le ciel change
et les saisons
aujourd’hui, le paysage est vert et jaune
autour de quelques éoliennes blanches
qui jalonnent le trajet
le soleil se couche en beauté
comme j’aimerais le faire
le soir de mon dernier souffle
la lumière est plus belle que le jour
avant la nuit
plus tendres sont les amours
au crépuscule
un parfum se répand
de fleurs caressées par le vent
dans l’habitacle de la voiture
l’air est léger
de chaque côté de la route
on dirait que les arbres ont envie de danser
Terre et mer
Danse végétale au bord de l’eau
Fantasmagorique
L’étoffe du ciel, d’encre et de moire
Neige océane

(D’après une photo de Josette Hersent)
La vie par elle-même
Est une méditation
De pleine conscience.
JH
A chacun sa responsabilité
Félix Nussbaum Pour ne jamais oublier … Image empruntée à @f_lebel sur Twitter.

La moitié du pays est en souffrance: territoires abandonnés, chômeurs, précaires, travailleurs pauvres, etc… et les électeurs ont manifesté le 23 avril dernier leur désarroi, leur colère, leur désir d’une politique économique et sociale qui soulage leurs maux en votant massivement pour les candidats, si différents soient-ils par ailleurs et quels que soient leurs degrés respectifs de sincérité, qui proposent de rompre avec la financiarisation mondialisée de l’économie et/ou d’empêcher le dumping fiscal et social européen. Pourtant, Emmanuel Macron vient d’annoncer, entre les deux tours de l’élection présidentielle, qu’il ne changera pas une ligne de son programme, alors qu’il prétend « en même temps » rassembler les Françaises et les Français! Est-ce bien raisonnable ? Bien sûr que non. Ce faisant, il endosse la responsabilité de renforcer le désespoir social qui fait grossir la vague brune ! Un grand nombre de sympathisants ou d’électeurs de Marine Le Pen ne sont pas racistes. Avez-vous regardé le reportage d’Elise Lucet dans l’émission « Envoyé spécial » ? Avez-vous été témoin, grâce à ce reportage, de l’échange amical entre les ouvriers de l’Intersyndicale de l’usine Whirpool d’Amiens et l’un des ouvriers polonais de la nouvelle usine qui va bientôt remplacer la leur ? Comprenez-vous que c’est bien le désespoir social qui alimente le vote FN ? Comprenez-vous, par conséquent, que le score de Marine Le Pen aurait été nettement plus élevé sans la belle campagne humaniste de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise ? Et, le reconnaissant, pourquoi ne pas en savoir gré aux électeurs insoumis plutôt que de leur faire le procès odieux d’une quelconque complicité avec le Front national ? Cette attitude est irresponsable. Au premier tour, j’ai voté pour le programme de la France Insoumise car il était à mes yeux, et le reste évidemment pour les législatives, face aux grands enjeux écologiques et sociaux de notre temps, le plus cohérent et le plus abouti de tous ceux qui nous ont été proposés. Au second tour, je voterai pour Emmanuel Macron la mort dans l’âme et contre mes convictions en ayant à l’esprit les raisons développées par Olivier Tonneau dans sa *Lettre aux Insoumis. Mais comme lui, je ne jetterai pas l’opprobre sur ceux et celles qui choisiront de s’abstenir ou de voter blanc ou nul ! Car « en aucun cas, les Insoumis n’endosseront la culpabilité de l’arrivée des fascistes au pouvoir, et ce quoi qu’ils votent. Elle n’incombe qu’aux libéraux qui sèment le désespoir et bien sûr aux fascistes eux-mêmes. Que nous nous trouvions face à un choix très difficile ne change rien au fait que les seuls responsables sont ceux qui nous ont mis face à ce choix. » À chacun sa responsabilité.










