L’ombre qui efface le monde
à la tombée du jour
aura si vite tissé la nuit
haïkus
Calligraphie de l’eau, danse de l’écriture
Fraîcheur
Sous l’eau claire du torrent
polis, les cailloux barbotent
plaisirs innocents
Ephémères parures
Suspendues aux fils d’argent
lumière naissante
quelques larmes de rosée
Piège de lumière
Entre deux brindilles
offerte au vent léger
une toile d’araignée
Un ange passe
Désolation
Fuir les ténèbres du jour
nuit volontaire
trop de larmes aveuglent les yeux
Merci
Echec et mat
Blanc silence dans la nuit noire
le monde n’est pas en repos
il fomente les drames du jour
Une lampe dans la prison
Entre les murs
dans les rues des villes
échappées vers le ciel
[« Une lampe dans la prison », in A la Santé, Guillaume Apollinaire, Alcools]


