éphéméride.30

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

6 avril

     A perte de vue l’eau et le ciel infiniment mêlés, rides légères du vent sur la mer étale, dégradés de bleu et de gris très pâles aux reflets d’argent, nuances vertes, bouquets d’herbes rousses près des rives de l’estuaire, rappel de la terre, point d’attache des rêves blancs qui s’envolent vers le large, et, quintessence de tous les départs et de tous les retours, cette petite barque renversée au bord de l’eau qui suscite à elle seule la plus intense des méditations sur la vie et le destin des hommes, sur les aspirations qui les motivent… J’ai suivi le fil de ton regard en admirant une à une les photos que tu as prises et mon regard a rejoint le tien dans l’émerveillement. Plutôt que le lieu géographique précis de ces paysages que j’aime tant, j’ai reconnu l’archétype du paysage unique qui constitue le soubassement de ma vie mentale, et peut-être aussi de la tienne… douceur et beauté hypnotique de ces étendues immenses à la fois liquides et aériennes qu’aucun obstacle n’entrave, et qui libèrent une infinie rêverie de l’infini…

***

9 avril

     Saccades. Heurts. Saccades. Et le bruit. Attendre. Saccades. Le bruit, entendre, presque rien, dans le téléphone. Bousculade. Ils passent en courant. Elle. Suit. Sans doute. Dehors, pour rien, comme ça, dans le soleil, des filles et des garçons s’entraînent à la boxe. Au loin, les formes, reconnaissables, d’une colline dans la ville et de son église. Une fille, plus forte que les autres, est encouragée par la foule. Elle crie son nom. Bousculade. Un homme sort de la gare, pousse la porte. Ceux qui entrent. Ceux qui sortent. Se croisent. Soleil dans les yeux. Les yeux qui pleurent de soleil. Bousculade. En soi, rien, l’attente, l’attente du départ, seulement cela, l’attente. Attendre de partir de là.

***

 

éphéméride

Un commentaire

  1. bonsoir,

    Je découvre ton blog, et vraiment quel régale =D
    Tes textes sont vraiment très poétiques et j’aime beaucoup les images et les métaphores
    A suivre dès ce soir =) des petits bouts de lecture à lire partout, et comme il y a de quoi faire je vais me régaler

    A bientôt je l’espère et si tu le souhaite passe me faire un coucou, j’écris un peu mais largement moins que toi =)

    https://sharlenphileas.wordpress.com/

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