prospérité

L’impuissance des peuples

Nous étions si fragiles…

     Voilà, c’est exactement cela, je suis désespérée, je ne vois pas d’issue. Nous sommes pris au piège d’une machination qui nous dépasse, qui dépasse le pauvre entendement humain réduit à déplorer, à regretter de n’avoir pas pu comprendre, anticiper, éviter! Moi, pauvre individu parmi les autres, ballotée, hébétée, souffrante, stupide, acculée dans une impasse… N’étions-nous pas pourtant les plus nombreux, l’immense majorité des populations de la Terre à souhaiter le bonheur, à être du côté de la paix, de l’amour et de la vie? Pourquoi les démocraties, censées représenter la volonté du plus grand nombre, n’ont-elles pas réussi à nous protéger? Pourquoi cette impuissance des peuples, depuis la nuit des temps, à obtenir durablement la prospérité dans le souci de la justice, garante du bien commun? Il ne reste plus logiquement qu’à souhaiter la mort, rapide s’il vous plaît. Et, pour éviter une trop lente agonie, à préparer notre suicide. Quelle importance, puisque le destin commun est de mourir? Quelle importance, puisque de toute façon, petites fourmis qui vivons au ras de la terre, nous étions promis depuis toute éternité à l’écrasement?

Le manuscrit

Atelier d’hiver de François Bon

Mes contributions

     Selon la rumeur, la maison était vide et peuplée de fantômes. En attestaient les sons étranges perçus par les passants qui en longeaient les murs. Les plus audacieux essayaient d’identifier les bruits en collant une oreille à la porte ou scrutaient les interstices des volets dans l’espoir de découvrir un signe de présence… Avant-guerre, les propriétaires donnaient de grandes fêtes dont se souvenaient quelques vieillards, mais on ne les avait plus jamais revus…

     Selon la rumeur, les anciens habitants avaient disparu sans laisser de traces excepté quelques pierres empilées dans ce qui avait dû être un jardin ; elles formaient une sorte de sculpture autour de laquelle on se rassemblait pour invoquer l’esprit des lieux…

     Selon la rumeur, le monde avait connu mille ans de grande prospérité avant d’être anéanti par les dieux. Quelques vieillards évoquaient cet Eden comme s’ils l’avaient eux-mêmes connu, mais sans doute ne faisaient-ils que transmettre des récits qu’ils avaient entendus ou lus…

     Selon la rumeur, le cataclysme n’avait laissé derrière lui qu’un empilement de pierres en forme de totem, au pied duquel avait été retrouvé un manuscrit dont la première et la dernière page avaient été malheureusement arrachées. Il y était question d’un Procès. En l’étudiant, les sages espéraient découvrir les clés de l’Univers et comprendre l’origine de leur malheur…

Les dessous de la prospérité

Page sombre

(Récit en cours d’écriture)

     L’état d’urgence sanitaire ne fut déclaré par le gouverneur que le 8 janvier 2016. Quelques jours plus tard, quand le président Obama déclara Flint en état d’urgence fédérale pour accélérer la distribution de filtres et de bouteilles d’eau minérale à la population, le scandale prit une ampleur nationale. Le monde entier découvrait les dessous de la prospérité américaine, par ailleurs déclinante… Pour le metteur en scène Michael Moore, natif de Flint, ce n’était pas « juste une crise de l’eau, mais une crise raciale, une crise de la pauvreté… un tel scandale ne serait jamais arrivé dans une ville aisée et blanche du Michigan!… »

     Le piano de Louis 

     2064

Bénie par les dieux

    

      France appartenait à cette génération bénie par les dieux, née après la Seconde guerre mondiale, qui avait profité de la paix et de la prospérité  retrouvées en Europe. Puis la chute du mur de Berlin, en 1989, avait mis un terme à la guerre froide entre l’Union soviétique et l’Occident, faisant croire à certains que la fin de l’Histoire était advenue. Cette période, hélas, n’aura été qu’une parenthèse entre les massacres de masse du vingtième siècle et l’extinction finale de l’espèce humaine cent ans plus tard…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

L’impuissance des peuples

     Voilà, c’est exactement cela, je suis désespérée, je ne vois pas d’issue. Nous sommes pris au piège d’une machination qui nous dépasse, qui dépasse le pauvre entendement humain réduit à déplorer, à regretter de n’avoir pas pu comprendre, anticiper, éviter! Moi, pauvre individu parmi les autres, ballotée, hébétée, souffrante, stupide, acculée dans une impasse… N’étions-nous pas pourtant les plus nombreux, l’immense majorité des populations de la Terre à souhaiter le bonheur, à être du côté de la paix, de l’amour et de la vie? Pourquoi les démocraties, censées représenter la volonté du plus grand nombre, n’ont-elles pas réussi à nous protéger? Pourquoi cette impuissance des peuples, depuis la nuit des temps, à obtenir durablement la prospérité dans le souci de la justice, garante du bien commun? Il ne reste plus logiquement qu’à souhaiter la mort, rapide s’il vous plaît. Et, pour éviter une trop lente agonie, à préparer notre suicide. Quelle importance, puisque le destin commun est de mourir? Quelle importance, puisque de toute façon, petites fourmis qui vivons au ras de la terre, nous étions promis depuis toute éternité à l’écrasement? Martin a rejoint notre humanité au moment où celle-ci allait périr… Triste fin de l’Histoire, que personne n’imaginait ainsi.

     Drôle d’Histoire

     2055