Tu joues avec des choses minuscules

Isabelle Pariente-Butterlin

 

Parfois pour presque rien.

Pour des éclaboussures d’eau dans tes cheveux, dans un rayon de soleil. Parce que tu déclares qu’une glace est trop froide et que je proteste qu’elle ne sort pas du four. Parce que le bateau sur lequel tu avais un petit air inquiet vient de bouger et que tu n’es pas tombée.
Tu ris, de découvrir que le monde, finalement, est plus solide qu’il n’en a l’air. Qu’on peut sauter à pieds joints dans les flaques. Qu’il ne résiste pas si mal que ça, même si parfois on glisse, on tombe, on trébuche. Tu investigues.

C’est quand tu éclates de rire pour rien que ton rire est le plus délicieux.

Tu aimes mes maladresses et mes erreurs. Tu adores que je me trompe de mot, que je dise « café » pour « dentifrice », par exemple, quand je t’envoie te brosser les dents, ou que je te tende mon expresso au lieu de ton lait au chocolat. Les cartes s’embrouillent.
Ils ont beau dire, tu joues avec des choses minuscules, celles dont on dit que les enfants ne savent plus jouer avec, celles dont on dit que les jouets électroniques les ont remplacées. Des emballages froissés de bonbons colorés. Des rubans de couleurs. Des cailloux qui deviennent des personnages de conte. Tu joues avec. Tu leur inventes des épopées qui commencent toutes par « Et alors on disait … ». Ils ont beau dire, tu accomplis parfaitement l’enfance en toi.

En sorte que tu pleures aussi pour presque rien.

Une inflexion dans ma voix qui te déplaît (derrière tes pleurs, il y a la possibilité d’un sourire, je le sais, mais je ne peux pas faire autrement que de croire à tes larmes et de les essuyer sur ta joue ronde). Une petite toupie luciole qui, tournoyant trop vite trop bien, s’est brisée sur le sol, contre une irrégularité trop prononcée. Parfois le monde dit des choses incompréhensibles et qu’on préférerait ne pas entendre.
Tu portes en toi l’enfance toute entière, et ses élans dans le monde.

Et puis ton rire, de nouveau, éclate. Simplement parce que tu as respiré le grand air tout le jour et que tu n’en peux plus, et que tout te ferait rire, et il suffit de te regarder et de t’entendre pour être aussi pris d’un fou rire. Puis, quand tu te calmes un peu, tu me dis que tu voudras l’écrire et que c’est ton inspiration du jour. Ta main est dans la mienne. Et tu ajoutes très subtilement :

— Tu peux aller faire un petit tour aux bords des mondes, tu sais, maman, si tu veux ?

 

Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 avril 2012.

 

 

Démocratie ?

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Encore du recyclage, un texte écrit en 2009 et qui n’a guère vieilli, lui non plus :

Je suis toujours étonnée que certain-e-s se posent la question de savoir si nous sommes encore en démocratie. L’avons-nous jamais été ? C’est quoi, la démocratie ?

On me dit que le simple fait que je puisse poser la question tout haut donne la réponse, avec exemples à l’appui (Birmanie ou autre). Alors, on peut m’enlever tous mes droits sauf celui de m’exprimer sans risquer la prison ou la mort, et cela suffit pour que je soies en démocratie ?

Donc, la France est une démocratie.

Une démocratie où la majorité des personnes majeures n’avaient pas le droit de vote jusqu’à la moitié du XXè siècle : en France, le droit de vote a été accordé aux femmes en 1944, longtemps après la Birmanie, la Russie, Cuba ou la Turquie…

Une démocratie où une…

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Αντονέν Αρτώ, Ζωή σημαίνει να σε καίνε τα ερωτήματα

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GR7

Ζωή σημαίνει να σε καίνε τα ερωτήματα.

Δεν αντιλαμβάνομαι το έργο σαν ξεκομμένο απ’ τη ζωή.

Δεν μ’ αρέσει η ξεκομμένη απ’ τη ζωή δημιουργία. Άλλωστε, δεν αντιλαμβάνομαι, δεν μπορώ ν’ αντιληφθώ το πνεύμα σαν ξεκομμένο απ’ το πνεύμα. Κάθε ένα από τα έργα μου, κάθε ένα από τα εσωτερικά μου επίπεδα, κάθε μία από τις ψυχρές ανθοφορίες της ψυχής μου επικαλύπτουνε, θαρρείς, με κάτι σαν γλοιό ολόκληρο το είναι μου.

Γι’ αυτό και μπορώ να με βρίσκω τόσο μέσα σ’ ένα γράμμα προορισμένο να εξηγήσει το ενδόμυχο σημείο αιχμής του είναι μου και τον υπέρλογο ευνουχισμό της ζωής μου όσο και μέσα σ’ ένα δοκίμιο εξωτερικό του εαυτού μου και το οποίο φαντάζει στα μάτια μου σαν μία κύηση αδιάφορη προς το πνεύμα μου.

Υποφέρω που το Πνεύμα δεν βρίσκεται εντός της ζωής και που η ζωή δεν είναι το Πνεύμα, υποφέρω από το Πνεύμα-όργανον, από το Πνεύμα-μετάφραση, το…

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L’impensé de toutes les gauches : l’exclusion politique de la classe ouvrière et employée

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http://www.reseaueducationpopulaire.info/?p=654

L’histoire contemporaine est aussi l’histoire d’une inclusion de la classe ouvrière dans la vie politique : celle des partis communistes en général et du PCF en particulier.
Cette histoire a été marquée par l’élection d’une centaine d’ouvriers communistes à l’Assemblée nationale en 1946. Malheureusement, cette inclusion fut réalisée sous direction stalinienne avec donc les conséquences que nous connaissons aujourd’hui. Car pour nous, la critique et donc le combat contre le stalinisme furent nécessaires pour venir à bout de cette doctrine catastrophique. Mais les forces capitalistes et leurs alliées en ont profité pour entraîner les autres gauches à jeter le bébé avec l’eau du bain. Ces autres gauches en profitèrent pour, à la fois : combattre le stalinisme (ce qui nous paraît un combat juste) et engager l’exclusion de la classe ouvrière et employée de la vie politique (politique que nous condamnons).

Classe ouvriere

La politique néolibérale ouverte dans les années 70 a donc…

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« Mos Maiorum » : la traque aux migrants sans-papiers en Europe

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Mos Mairoum est un énième exemple de la guerre menée par l’UE contre un ennemi imaginaire. Du 13 au 26 octobre 2014, les forces de police des États de l’Union Européenne (UE) procèderont à des contrôles massifs de personnes dans l’espace Schengen et aux frontières extérieures.

La suite sur : http://www.cncd.be/Mos-Maiorum-la-traque-aux-migrants

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