Ce que disent les titres

Atelier d’écriture de François Bon, été 2018

Mes contributions

Ce que disent LES TITRES des textes de l’atelier sur la ville

     La lecture est un voyage immobile à l’abri du toit d’un livre aux deux pans écartés entre des mains qui se tendent pour en recueillir l’offrande… Le livre est une porte à franchir et un espace à traverser, une forteresse ou une citadelle à conquérir, une *ville, un quartier ou une banlieue, un lieu de souvenirs, une maison ou un immeuble à découvrir dans une petite ou une grande rue avec un jardin d’en bas ou d’en haut et un mur à escalader, une marche à gravir, le chemin incertain d’un retour ou d’un détour, un atterrissage, une arrivée ou un départ, un vertige, un endroit qui n’existe pas, une place battue par le vent, un creux à combler, des vies frôlées, des cœurs qui battent à la troisième personne, des sensations indéfinissables, un rêve ou un mirage peuplé de personnages-fantômes sans âge, sans âme, le lieu très noir d’une tragédie, des bruits de périphérique entendus sur un bout de parking, une odeur d’essence, une secousse, un ébranlement, une marche en avant ou à reculons, un virage et une dérive, un dérapage, un dernier train pour une seule histoire, des histoires d’arbres, de briques ou d’escalier, une gare, un hôtel, une fenêtre, une presqu’île, un ciel qui se décline en il ou elle, le souffle d’une respiration, un commencement, une descente, une saison en enfer, le froid et le chaud, un cœur perdu et un cherche-corps, une fuite aux quatre points cardinaux, une carte routière ou une carte postale, un carnet, une lettre à un frère, un pays ou une ville imaginaire, un tourbillon d’images, des apparitions, des lignes, des couleurs et des notes, l’odeur iodée de la mer, un jeu, une enfance, un prénom, une initiale, un numéro, une diagonale, le souvenir d’un roman, d’une pièce de théâtre ou d’un film, la silhouette d’un homme qui chavire, le geste de s’asseoir, une soif à étancher, une toile peinte qui ne peut être contemplée que par un seul regard, un puits d’émotions, le sentiment du temps qui passe, l’inamovible et le fugace…

     *Berlin, Besançon, Devecey, Kivu, Manchester, Marseille, quartier de La Meinau à Strasbourg, Saint-Pierre de Chartreuse…

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