loi

De reculade en reculade

(fiction en cours d’écriture)

  L’humanité devait faire face à de fortes perturbations climatiques et géopolitiques qui conduisaient les dirigeants du monde occidental à se durcir contre la volonté même de leurs peuples. Les principes de liberté, d’égalité et de fraternité, chers à la République française, étaient de plus en plus ouvertement  bafoués. De reculade en reculade, les grandes institutions issues des Lumières, qui avaient été confortées après la seconde guerre mondiale par le Conseil national de la résistance, finissaient par être vidées de leur sens. Dans les autres grandes démocraties, les dégâts causés par le nouvel ordre qui se mettait partout en place étaient aussi gravissimes qu’en France. Sous le prétexte de protéger les citoyens, de nouvelles lois plus liberticides les unes que les autres étaient votées par des élites parlementaires de moins en moins responsables de leurs actes devant les peuples. Partout, une crise aiguë de la démocratie provoquait des protestations massives de la population, qui se contentait en général de manifester pacifiquement, mais la récupération de ces mouvements populaires par l’extrême-droite ou quelques groupuscules plus rares de la gauche révolutionnaire, en perte de vitesse depuis la fin du vingtième siècle, était brandie par les gouvernements pour justifier et amplifier la répression policière. A l’angoisse de l’électorat qui se réfugiait dans une abstention de plus en plus abyssale, l’élite politique répondait par l’incompréhension, par la peur et par la force.  Le monde devenait orwellien. Et nous, nous étions aveugles…

     Drôle d’Histoire

     2064

Je voudrais…

Je voudrais pouvoir te donner ce qu’il y a de plus beau sur la terre
comme au ciel
je ne peux t’offrir que ces quelques mots-là
inanité sonore
bibelots sans valeur que n’importe quel camelot pourrait te vendre
ou t’acheter
cailloux friables
que des mains grossières réduiront en poussière
si tu n’y prends pas garde
ce sont mes tables de la loi
gravée sur de la pierre de sable

(Com) plainte

Lancinant lent si lent silence si lancinant si lent le temps silencieux vide

Sans les cieux sans les yeux larmes qui ne coulent plus qui ne coulent pas à force

Ligne silencieuse d’une mélodie chuchotée devinée à peine

Tant de peine tant de pleurs qui ne coulent pas qui ne coulent plus sans toi

Sans foi ni loi sauvage le chagrin me déchire