Devenirs du roman 2 : écriture et matériaux (collectif, éditions Inculte, mai 2014)

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Devenirs du roman 2 : écriture et matériaux (collectif, éditions Inculte, mai 2014),

Par Emmanuel Adely, Jakuta Alikavazovic, Philippe Artières, Arno Bertina, Patrick Beurard-Valdoye, Nicole Caligaris, Claro, Thomas Clerc, Marie Cosnay, Tristan Garcia, Christian Garcin, Hélène Gaudy, Maylis de Kerangal, Mathieu Larnaudie, Hélène Ling, Vincent Message, Emmanuelle Pireyre, Christophe Pradeau, Charles Robinson, Oliver Rohe, Olivia Rosenthal, Anne Savelli, Joy Sorman et Philippe Vasset.

« Pourtant, vraiment, c’est chouette. Le zombi, c’est ce qui peut arriver de mieux après la mort. Un zombi, tu lui arraches un bras=récit, une jambe=psychologie, il continue à avancer. Tu lui pètes la colonne vertébrale=cohérence. Il est presque plus véloce. Tu lui éclates la tête=narrateur, tu lui mets le cul sur une épaule et les cheveux sur les genoux : pas de problème, il continue pareil. Désincarcéré du genre et de ses principes, il n’a conservé qu’un minimum de fonctions, une rapidité de mouvement, des souvenirs et…

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Un artiste palestinien empêché de quitter la Cisjordanie

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L’artiste palestinien Khaled Jarrar privé de son exposition new-yorkaise.

L’artiste palestinien Khaled Jarrar n’assistera pas au vernissage de l’exposition “Here and elsewhere” qui ouvrira ses portes le 16 juillet au New Museum de New York. Il ne participera pas non plus au débat qu’il devait animer, ce même jour, avec Lamia Joreige, Charif Kiwan et Natalie Bell.

C’est son galeriste français Bernard Utudjian qui a attiré notre attention sur sa situation.Programmé dans le cadre de cette exposition collective dédiée aux scènes du monde arabe, cet artiste installé à Ramallah et qui écume toutes les biennales et les foires du monde, a été refoulé au poste-frontière d’Allenby, le pont qui relie la Cisjordanie à la Jordanie.

“Jarrar est arrivé à la frontière à 15h hier (lundi 14 juillet). Mais au lieu de traverser le Jourdain comme il l’a fait des dizaines de fois ces dernières années, il a été bloqué par…

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Trente ans après sa mort, la seconde vie de Michel Foucault (2014)

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Trente ans après sa mort, la seconde vie de Michel Foucault

Le 21/06/2014 à 00h00- Mis à jour le 25/06/2014 à 15h35
Juliette CerfTélérama n° 3362

Michel Foucault était depuis l’enfance poursuivi par un étrange cauchemar : « J’ai sous les yeux un texte que je ne peux pas lire, ou dont seule une infime partie m’est déchiffrable ; je fais semblant de le lire, je sais que je l’invente ; puis le texte soudain se brouille entièrement, je ne peux plus rien lire ni même inventer, ma gorge se serre et je me réveille. » Comprendre comment les énoncés apparaissent et disparaissent, voilà à quoi s’emploient tous les livres du philosophe-historien qui a fait de l’« archéologie » – soit la « description » de l’« archive » d’une époque – sa méthode. Dans le champ de la médecine, du pouvoir ou de la sexualité…

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Comme si toi, enfant, tu étais le silence d’un écrivain avant qu’il n’écrive

Isabelle Pariente-Butterlin

 

Tu te passionnes pour des choses minuscules.

Elles retiennent ton attention comme plus rien, presque, ne retient la mienne. Tu te penches sur le monde, un caillou minuscule et lisse prend dans tes mains la valeur étrange et obstinée que je ne lui savais plus. J’ai l’impression de te faire découvrir un monde que je ne comprends plus, et sur lequel je ne parviens plus à fixer mon regard.
Je t’ai tendu hier une coccinelle ; elle était sur mon doigt. Elle avait trouvé refuge dans les plantes que j’avais protégées de l’hiver et du froid. Tu étais passionnée d’elle. Tout ton regard transparent, un long moment, l’a prise, elle, comme point focal de ton attention. Et je crois que plus rien n’existait, à part, un moment, ta belle attention pour elle et le mouvement selon lequel tu la portes au monde.

Te voilà au présent. Dans la belle vibration du présent.

C’est un peu la même chose, d’ailleurs, quand tu manges un gâteau rose et retentissant et que tu redemandes un peu de Chantilly. Tu as la grâce de ton attente du monde. Celle que tu accordes à toute chose de ce monde, sans faire de hiérarchie entre elle, alors que nous les théorisons et les insérons tant bien que mal dans des phrases.

Tu as l’élégance du présent.

Oui, je viens de comprendre, tu réalises avec l’évidence silencieuse que tu portes à toute chose l’attention que je tente d’accorder au monde et qui est la seule dynamique de mes phrases. Comme si toi, enfant, tu étais le silence d’un écrivain avant qu’il n’écrive. Exactement ce silence-là. Cette attention-là, tu sais, celle dans laquelle on descend très profondément en soi avant de revenir à la surface de la conscience dire quelque chose, une fois, qui soit juste. Qui sonne juste. Tu la tiens. Sans relâche. Dans l’évidente élégance de tes jeux.

Je te regarde. Je commence à comprendre l’horizon de ton regard.

Isabelle Pariente-Butterlin _ Licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 mars 2012.

 

Mille et une nuits

fatigue somnolence évanescence absence effacement distanciation distorsion tension attention inconscience sombrer perdre conscience tenter résister essayer éviter sombrer perdre pied se noyer dormir plonger nuit profonde nuit étale nuit immense nuit éternelle nuit sans étoiles nuit repoussante nuit absorbante nuit-piège nuit noire nuit d’épouvante nuit-cri nuit hurlante nuit d’horreur nuit indicible nuit-silence nuit arrêtée nuit photographiée nuit de nuit nuit de néant nuit de géants ombres titanesques rêves cauchemardesques caméra cachée cinéma ombres de la caverne Ali baba ouvre-moi

Franz Kafka, Η κρίση

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Ήταν ένα πρωί Κυριακής την ωραιότατη άνοιξη. Ο Γκέοργκ Μπένντεμανν, ένας νεαρός έμπορος, καθότανε στο ιδιαίτερο δωμάτιό του στον πρώτον όροφο κάποιου απ’ τα χαμηλά, λυόμενα σπίτια που τραβούσανε κατά μήκος του ποταμού σε μια μακρά σειρά, διαφέροντας σχεδόν μόνο στο ύψος και το χρώμα. Είχε μόλις τελειώσει μία επιστολή σ’ έναν φίλο της νιότης του που βρισκότανε στο εξωτερικό, την έκλεισε με παιγνιώδη αργοπορία κι ύστερα έβλεπε, με τον αγκώνα στηριγμένο στο γραφείο, απ’ το παράθυρο τον ποταμό, τη γέφυρα και τα υψώματα στην άλλη όχθη με το λιγοστό της το πράσινο.

Συλλογιζότανε πώς αυτός ο φίλος, ανικανοποίητος απ’ την πρόοδό του στον τόπο του, το είχε σκάσει κανονικά πριν από χρόνια για τη Ρωσία. Τώρα διατηρούσε ένα εμπορικό στην Αγία Πετρούπολη, που αρχικά είχε ξεκινήσει πολύ καλά, από καιρό όμως φαίνονταν ήδη να κόβουν οι δουλειές, όπως παραπονιόταν κατά τις όλο και πιο σπάνιες επισκέψεις του ο φίλος…

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Rainer Maria Rilke, Άνθρωποι μέσα στη νύχτα

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Laurie Justus Pace, The Good People are Gathering Laurie Justus Pace, The Good People are Gathering

Οι νύχτες, για τα πλήθη δεν έγιναν, στοχάσου.

Η νύχτα σε χωρίζει από το γείτονά σου

Γι’ αυτό δεν πρέπει εσύ να τον ζητήσεις.

Κι αν νύχτα ανάψεις φως στην κάμαρά σου,

Στο πρόσωπον ανθρώπους ν’ αντικρίσεις…

Ποιους; – πρέπει τον εαυτό σου να ρωτήσεις.

Οι άνθρωποι, φοβερά απ’ το φως, είν’ αλλοιωμένοι

ιδρώνουνε τα πρόσωπά τους

Κι αν νύχτα, τύχαινε να είναι μαζεμένοι

Έναν κόσμο που θα παραπάταγε, να δεις θα μπορούσες

Ο ένας στον άλλο πάνω ακουμπισμένοι.

Κίτρινο φως, πάνω στα μέτωπά τους,

όλες τις σκέψεις έδιωξε μακριά,

το κρασί τρέμει μες τα βλέμματα τους

και στα χέρια τους κρέμεται η βαριά χειρονομία

που μ’ αυτήν εννοούνε, όταν συνομιλούν,

όταν συνομιλούν, ο ένας τον άλλο και σ’ αυτό επάνω,

ολοένα λεν: Εγώ κ’ Εγώ και. Με το Εγώ, έναν άλλον,

οποιονδήποτε θεωρούνε.


*Μετάφραση: Άρης Δικταίος.
**Από τη σελίδα της…

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