éphéméride.20

Impressions du jour

Texte écrit en alternance avec Isabelle Pariente-Butterlin, que je remercie

de m’avoir proposé ce nouvel échange.

     « Il y a quelque chose qui se joue dans notre échange, autour de la vérité des jours, qui ne pouvait naître que […] de la sincérité de l’écriture dans l’échange. Il nous emmène très sûrement dans l’inexploré. »

     I.P., 2 mars 2015

13 mars

     Il n’y avait plus au-dessus de lui que le ciel, un ciel voilé, mais très haut, immensément haut, où flottaient doucement des nuages gris. « Où est-il, ce ciel sans fond qui m’était jusqu’alors inconnu? » La contemplation du ciel délivre soudainement de toutes ses préoccupations antérieures le prince André Bolkonski qui vient de tomber sur le champ de bataille. Laissé pour mort, il découvre avec une sensation d’apaisement extraordinaire que ce qu’il croyait important est en réalité inessentiel, j’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal. Il n’est pas si facile de se laisser emporter par des semelles de vent, de résister à l’air du temps, de refuser de se laisser dicter l’emploi du temps de sa vie. Nous sommes lourds, nous marchons avec des semelles de plomb car le poids du quotidien nous soustrait à nous-mêmes. Alors, quand survient une épiphanie, l’extase qui nous saisit nous remet paradoxalement au centre de notre être, comme si nous étions faits pour la joie, dans la lumière du monde. Et toi, ami(e) poète, tu déposes des mots ailés, des mots légers, sur mon coeur…

***

14 mars

     On marche sur une ligne ténue, on essaie de se tenir en équilibre, on se tient en vertige sur la possibilité de demain, parfois la main se crispe, et les tendons apparaissent sous la peau veinée de bleu, on se tient à cette affirmation, il y a un demain, les fleurs des amandiers se balancent dans le vent froid, on n’est plus sûr de rien, les pétales s’envolent sous le ciel blanc comme une neige, les pétales des amandiers, comme une neige, s’envolent vers le ciel blanc, on voudrait continuer à croire à la possibilité du renouveau, on regarde les narcisses qui oscillent, et s’abandonnent au souffle du temps, on s’en tient à aujourd’hui, comme la veille d’un autre jour, on le traverse, en regardant les motifs alternés de noir et de blanc sur les tours du clocher, on rêve des influences lointaines et de voyage, il y a un interstice dans lequel trouver du beau, encore une fois, dans chaque jour.

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éphéméride

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