Auteur : leventquisouffle

Textes et pastels de Françoise GÉRARD.

Trajet

   Après le déménagement, j’ai continué d’aller à l’école primaire de la ville de H. Le trajet était long, la sacoche était lourde. L’hiver, après la place de l’Octroi qui séparait les deux communes, la route du retour devenait sinistre. La rue des Murets était interminable avec sa rangée de maisons tristes trouée par des courées et, sur le côté opposé, son terrain vague aux herbes folles d’où pouvaient venir tous les dangers. Je préférais le côté des maisons, qu’un éclairage public faisait émerger de la nuit à intervalles réguliers. Dans les espaces non éclairés, je pressais le pas en guettant les ombres. Je commençais à me rasséréner quand j’apercevais l’angle que formait la boulangerie avec l’axe qui amorçait la rue où nous habitions désormais. La vitrine me semblait illuminée comme un phare. Courage ! Le port était en vue. Quand, enfin, je m’engageais dans notre nouvelle rue, le soulagement que je ressentais laissait de nouveau la place à un sentiment d’oppression au fur et à mesure que je m’éloignais du chaud rayonnement de la boutique. Il fallait encore marcher pendant plusieurs dizaines de mètres. Je m’enfonçais dans une espèce de couloir obscur en pente légèrement ascendante dont les parois reproduisaient à l’infini, jusqu’au point de jonction visuel de leurs deux lignes parallèles, les stries verticales correspondant aux portes et aux fenêtres. La rue, qui était pourtant longue, n’était éclairée qu’à ses deux extrémités et au milieu. J’avais pour ma part divisé le territoire de la rue en trois parties, de la plus familière à celle que je fréquentais le moins. Si je faisais souvent le trajet de la boulangerie à la maison, les deux autres tiers de la rue étaient le début d’un périple plus rare qui pouvait conduire jusqu’au centre de la ville d’A. Quand je jouais au Jokari, mon jeu se positionnait sur la fin du premier tiers et le début du second. C’était ce point-là que je fixais mentalement et que j’essayais de discerner dans la pénombre en tâchant d’oublier le poids de mon sac et la pesanteur de mon cœur. Je ralentissais le pas, je retrouvais de la force et du courage au moment de l’arrivée. La façade de la maison se rapprochait, me souriait. Quand je tournerais la clenche de la porte, je me glisserais dans son repli hospitalier, à l’abri du monde.

HAÏKUS

Poudre de soi

tendres pensées aux pétales fragiles

corolle de l’âme en prière

que butinent des ailes de lumière

——-

Z

pluie d’orage

lueurs orange

son du canon

_______

Pluie d’été

vapeur verte

gouttelettes dorées

brume festive dans le jardin

_______

Fête

parfum des aubépines

tous les arbres sont en fleurs

le hêtre achève de déployer ses feuilles

_______

L’été

chant d’un oiseau

frondaison douce

brise légère

_______

Changement d’ère

le vent

en rafales

déroule de noirs dessins

_______

Dans un creux de la nuit

lucarne ouverte aux étoiles

lune scintillante

chevauchée de nuages

_______

Idyllique

clarté de l’eau

de l’air

de la nuit sous la lune

_______

 

Haïkus de Bashô (absents de « L’intégrale » Kemmoku-Chipot). 1)

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(D’après BASHÔ, The Complete Haiku de Jane Reichhold, Éd. Kodansha International, 2008.)

53) kumo to hedatsu / tomo ka ya kari no / ikiwakare

séparée par les nuages / l’oie sauvage vit un moment éloignée / de son amie

Automne 1672. Certains experts assument que Bashô fait référence à son ami Magodayû, qui vivait à Iga. Le mot « kari » signifie soit « oie sauvage » soit « temporaire ».

237) shoshun mazu / saké ni ume uru / nioi kana

tout début du printemps / vendant du vin de fleurs de prunier / le parfum

À Take no Uchi, dans le comté de Kazuraki, vivait un homme. Il prenait grand soin de sa famille, employant de nombreux travailleurs qui cultivaient les rizières au printemps et récoltaient le riz en automne. Sa maison était emplie du parfum des fleurs de prunier, ce qui consolait et réconfortait les poètes affligés.

Printemps 1685. Ce brasseur de saké…

Voir l’article original 58 mots de plus

Glossaire de termes relatifs au haïku – 1)

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(cf pp. 411-420 de BASHÔ The Complete Haiku Ed. Kodansha Int., 2008 :)

AGEKU : Nom du dernier verset d’un renga. C’est le lien qui essaie de résumer le poème entier avec une référence qui renvoie au verset initial.

AWARE : La capacité d’un objet à toucher les émotions de quelqu’un, souvent avec du pathos ou de la tristesse. Votre drapeau natal possède « aware » ; celui, mieux conçu, d’un autre pays ne la possède pas.

BASHÔ : Bananier. Nom de plume du poète Matsuo Kinsaku, inspiré par son émerveillement devant cet arbre que lui avait offert un disciple. Il se situait à l’extérieur de la fenêtre de sa nouvelle maison, dans la banlieue de ce qui est aujourd’hui Tokyo, et il fut source de son inspiration. Bashô était Maître de renga, Poète des Poètes, Légende de la littérature japonaise.

CHÔKA : poème long, de structure en 5/7/5 – 7/7 unités…

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JAPON

FUKUSHIMA

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mont Fuji vu de Kanagawa

Mont Fuji

fête des cerisiers

Mont Fugi

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Temple Senso-ji

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Ginza

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Ueno

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le jardin de Rikugi-en

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rituel à Sugamo

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se déplacer à Tokyo

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ville-lumière

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tour Skytree

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Shibuya

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gastronomie

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Ikebukuro

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Kamakura, Bouddha Amida-Kannon

125_photo4 - Copie

Temple Kannon

photos JGG

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