se plaindre

L’injustice environnementale

Nous étions si fragiles…

    Le scandale de l’eau empoisonnée de Flint était un cas flagrant d’injustice environnementale. L’accès à un air respirable, à une eau potable ou à des aires de jeu sûres pour les enfants, était un droit que les groupes sociaux favorisés, aux Etats-Unis, tenaient pour acquis, mais pour les citoyens les plus pauvres et issus des minorités, il n’y avait pas d’accès assuré aux parcs, à l’éclairage public ou à l’eau potable, pas plus que de droit au logement! Il n’y avait pas d’impartialité pour les citoyens pauvres. Et quand les habitants de Flint s’étaient plaints de cette eau impure qui sortait de leurs robinets, on avait pensé qu’après tout, ce n’était pas grand-chose et qu’ils pouvaient bien s’en accommoder… Cette attitude conduisait à faire des quartiers où vivaient les populations défavorisées de véritables zones environnementales sacrifiées dans lesquelles étaient concentrées les installations polluantes. Comme les habitants y supportaient déjà les usines et les incinérateurs, un peu plus de pollution ne semblait sans doute pas devoir faire une grande différence aux yeux des décideurs, à la fois juges et partie puisqu’eux-mêmes habitaient dans des quartiers favorisés peuplés de familles qui n’hésitaient pas à mobiliser une armée d’avocats et d’experts à la moindre tentative d’implantation chez eux d’une infrastructure ou d’un équipement entraînant un quelconque désagrément…

Le scandale de l’eau empoisonnée à Flint, une discrimination raciale et sociale

Nous étions si fragiles…

    L’enchaînement de faits de violence policière envers des Afro-américains suivis d’actions de représailles commises par les plus radicaux d’entre eux n’était en réalité que la partie émergée de l’iceberg, l’aspect le plus spectaculaire des conséquences de la discrimination raciale et sociale renaissante. Le scandale de l’eau empoisonnée au plomb de Flint, dans le Michigan, avait dévoilé un aspect de l’injustice environnementale subie le plus souvent par les citoyens les plus pauvres. Ancien pôle industriel situé à une centaine de kilomètres au nord de Détroit, Flint avait subi de plein fouet les conséquences du déclin qui avait affecté le secteur de l’automobile et conduit à la fermeture des usines de Ford, Chrysler et General Motors; le taux de chômage y était deux fois plus élevé que sur le reste du territoire. En un demi-siècle, Flint avait perdu la moitié de ses habitants, et quarante pour cent de la population restante, majoritairement afro-américaine, vivait sous le seuil de pauvreté. Detroit et Flint étaient les deux villes les plus pauvres des Etats-Unis, et les plus endettées. En 2014, pour réduire ses coûts, la municipalité de Flint avait décidé de puiser son eau dans la rivière locale plutôt que de continuer de l’acheter à la ville de Détroit, et les habitants se plaignirent très vite de la qualité de l’eau après le changement d’approvisionnement. Ils souffraient de vomissements, de pertes de cheveux et d’éruptions cutanées depuis qu’ils la buvaient, mais la Ville se contenta de leur enjoindre, à chaque fois qu’elle était saisie d’une plainte, de faire bouillir l’eau avant de la consommer, afin de neutraliser des bactéries censées être à l’origine des troubles, l’usine d’épuration défaillante ne parvenant pas, manifestement, à les éliminer. Or, l’eau très polluée de la Flint River, dans laquelle les industriels déversaient leurs déchets depuis des décennies, était beaucoup plus corrosive que celle du Lac Huron, qui alimentait auparavant la commune. Cette eau acide attaquait les conduites en libérant le plomb contenu dans les vieilles canalisations qui constituaient l’essentiel du réseau de distribution, et les additifs chimiques injectés par la municipalité pour la décontaminer ne faisaient qu’aggraver la corrosion des tuyaux usagés, qui se délestaient de leur poison dans les flux desservant les habitations… Le plomb est un puissant neurotoxique responsable de troubles neurologiques graves et irréversibles en particulier chez les enfants, mais pendant plus d’un an et demi, malgré les plaintes réitérées, argumentées et convergentes d’un très grand nombre de personnes, les autorités avaient osé prétendre qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, et laissé pendant tout ce temps les cent mille habitants de Flint, dont vingt-sept mille enfants, huit mille six cents de moins de deux ans, s’empoisonner lentement en buvant chaque jour l’eau du robinet!

Selon que vous serez riche ou pauvre…

Page sombre

(Récit en cours d’écriture)

     Le scandale de l’eau empoisonnée de Flint était un cas flagrant d’injustice environnementale. L’accès à un air respirable, à une eau potable ou à des aires de jeu sûres pour les enfants, était un droit que les groupes sociaux favorisés, aux Etats-Unis, tenaient pour acquis, mais pour les citoyens les plus pauvres et issus des minorités, il n’y avait pas d’accès assuré aux parcs, à l’éclairage public ou à l’eau potable, pas plus que de droit au logement! Il n’y avait pas d’impartialité pour les citoyens pauvres. Et quand les habitants de Flint s’étaient plaints de cette eau impure qui sortait de leurs robinets, on avait pensé qu’après tout, ce n’était pas grand-chose et qu’ils pouvaient bien s’en accommoder… Cette attitude conduisait à faire des quartiers où vivaient les populations défavorisées de véritables zones environnementales sacrifiées dans lesquelles étaient concentrées les installations polluantes. Comme les habitants y supportaient déjà les usines et les incinérateurs, un peu plus de pollution ne semblait sans doute pas devoir faire une grande différence aux yeux des décideurs, à la fois juges et partie puisqu’eux-mêmes habitaient dans des quartiers favorisés peuplés de familles qui n’hésitaient pas à mobiliser une armée d’avocats et d’experts à la moindre tentative d’implantation chez eux d’une infrastructure ou d’un équipement entraînant un quelconque désagrément!…

     Le piano de Louis 

     2064

Un engrenage infernal

(Récit en cours d’écriture)

     Detroit et Flint étaient les deux villes les plus pauvres des Etats-Unis, et les plus endettées. En 2014, pour réduire ses coûts, la municipalité de Flint avait décidé de puiser son eau dans la rivière locale plutôt que de continuer de l’acheter à la ville de Détroit, et les habitants se plaignirent très vite de la qualité de l’eau après le changement d’approvisionnement. Ils souffraient de vomissements, de pertes de cheveux et d’éruptions cutanées depuis qu’ils la buvaient, mais la Ville se contenta de leur enjoindre, à chaque fois qu’elle était saisie d’une plainte, de faire bouillir l’eau avant de la consommer, afin de neutraliser les bactéries censées être à l’origine des troubles, l’usine d’épuration défaillante ne parvenant pas, manifestement, à les éliminer. Or, l’eau très polluée de la Flint River, dans laquelle les industriels déversaient leurs déchets depuis des décennies, était beaucoup plus corrosive que celle du Lac Huron, qui alimentait auparavant la commune. Cette eau acide attaquait les conduites en libérant le plomb contenu dans les vieilles canalisations qui constituaient l’essentiel du réseau de distribution, et les additifs chimiques injectés par la municipalité pour la décontaminer ne faisaient qu’aggraver la corrosion des tuyaux usagés, qui se délestaient de leur poison dans les flux desservant les habitations…

     Le piano de Louis 

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