lobby

Les consciences se réveillaient

     Le pouvoir prétendait qu’il n’y avait aucun lien entre ce type d’attentat et le fonctionnement d’une centrale, comme on avait pu dire en 2011 à propos de la catastrophe de Fukushima qu’il ne s’agissait pas d’un accident nucléaire mais d’un tsunami. Ce genre de discours, alimenté par les lobbys, n’était plus accueilli avec la même candeur. Il n’y avait pas eu de catastrophe naturelle à Versailles, la zone sinistrée et vidée de ses habitants disparaissait brutalement de la carte du seul fait de la radioactivité de la matière libérée au moment de l’explosion, le novlangue devait se reprendre, reformuler, reculer. L’aspiration des gens au débat démocratique semblait retrouver de la vigueur, les consciences se réveillaient, toutes les bonnes volontés réunies pouvaient encore faire échec au monstre doux qui tentait une nouvelle fois de les anesthésier et de les neutraliser.

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

Gestion calamiteuse du nucléaire

(fiction en cours d’écriture)

     Comme d’habitude, le pouvoir avait cherché à manipuler l’opinion et à lui cacher les aspects de la réalité gênants pour lui, tels que les carences pourtant manifestes des services de renseignement qui auraient dû prévoir et déjouer ce type d’attentat (l’augmentation du budget de la sécurité engagée en 2016 avait surtout profité aux policiers, les moyens alloués à la justice comme à la prévention avaient stagné…). Le lobby nucléaire, qui avait si bien réussi en France à neutraliser les tentatives d’instauration d’un débat national sur la nécessité de sortir du piège mortifère de la production d’électricité par la fission de l’atome, était aux abois. Areva, le soi-disant fleuron de l’industrie nucléaire française, venait de faire faillite, et la société distributrice d’électricité EDF (devenue ENEDIS) essayait de recoller les morceaux en courant à son tour dans le mur, le crash, à plus ou moins long terme, était prévisible. Comme l’État et le lobby nucléaire ne faisaient qu’un, l’argent des contribuables pouvait être facilement ponctionné pour renflouer les caisses! Hélas pour le pouvoir, les citoyens contribuables étaient aussi des électeurs souverains capables de le sanctionner. Or, la gestion calamiteuse du nucléaire commençait à apparaître au grand jour. L’opinion publique risquait de s’emparer des questions liées à l’attentat pour les relier à celle, plus vaste, du choix de société auquel elle avait consenti par omission depuis si longtemps, faute d’informations et de débat, depuis la construction des premiers réacteurs civils en 1976…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

En 2015

    

(fiction en cours d’écriture)

     En 2015, l’Humanité jouait son avenir. Certains hommes, certaines femmes d’Etat l’avaient compris. La chancelière Angela Merkel s’était appuyée sur la sensibilité des Allemands à l’écologie, après la catastrophe de Fukushima, pour sortir du nucléaire et accélérer le développement des énergies renouvelables. Le président nord américain Barack Obama ne manquait ni d’intelligence ni de volonté, mais se heurtait aux puissants lobbys du charbon qui répandaient dans l’opinion publique les poisons de l’idéologie climato-sceptique qu’ils finançaient et nourrissaient. La Chine, gros pollueur préoccupé de son essor économique récent, commençait à prendre la mesure du problème en voyant les brumes épaisses du smog asphyxier ses villes, mais de la prise de conscience à la mise en oeuvre d’un modèle de développement durable, le chemin serait long, il n’était pas réaliste de compter sur elle pour changer rapidement le cours des choses… La France aurait pu, aux côtés de l’Allemagne, jouer un rôle moteur. Mais la France était gouvernée par François le très petit… La grande conférence sur le climat était à peine terminée que le président de la République française, au lieu d’en exploiter les conclusions pour lancer le pays dans une dynamique vertueuse de relance économique par la transition écologique, avait sorti de son chapeau un projet de révision de la Constitution qui avait jeté le trouble dans l’opinion et déclenché la colère d’un très grand nombre de socialistes et/ou d’humanistes républicains…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064