intrusion

L’espérance d’un salut

Page sombre

(Récit en cours d’écriture)

     Il est plus de minuit, je suis de veille informatique avec Louis. Les images qui s’affichent à l’écran sont affectées de tremblements qui nous font craindre à tout moment une panne. Il est aberrant que nous ne recevions aucun message du monde extérieur, nous ne pouvons pas admettre que tous les réseaux du monde seraient out ou que nous serions les seuls rescapés, d’autres que nous sont évidemment à l’affût du moindre signe émis par des survivants!… Une idée folle me traverse parfois l’esprit, Jean-François avait raison de se préoccuper de mon état mental… l’espérance d’un salut (ma culture judéo-chrétienne refait surface, ne suffit-il pas d’être ici et maintenant?) qui nous parviendrait de ce lieu invraisemblable que Martin avait peut-être réussi à rejoindre après son évasion!?… L’état des connaissances scientifiques et le degré de sophistication technologique qui semblaient avoir été atteints dans ce monde que Martin avait presque réussi à me rendre palpable devraient lui permettre de tenter d’entrer en communication avec nous s’il est encore en vie!… Cette idée m’obsède… mais je ne peux m’empêcher de penser, à l’inverse, que les intrusions de Martin dans nos systèmes électroniques avaient pour but de permettre aux militaires de son pays d’organiser leur sabotage et qu’il avait peut-être, ou vraisemblablement, précipité ainsi notre perte!… Je ne peux arrêter le flux d’images atroces qui tournent en boucle dans ma tête, mêlées à des pensées confuses où se glissent des souvenirs d’anciens bonheurs, recouverts de cendres par l’enfer des dernières séquences vécues… J’ai les yeux fatigués à force de fixer des images mortes pixélisées sur l’écran de l’ordinateur comme des papillons épinglés dans les vitrines des musées, et la tension nerveuse provoquée par cette attente inutile est en passe de me rendre vraiment folle…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064


 

 

Raison d’Etat

Page sombre

(Récit en cours d’écriture)

     Martin ne reçut plus aucune visite pendant plusieurs mois. Le ministère de l’Intérieur rendait compte à intervalles réguliers de la progression de l’enquête en organisant des conférences au cours desquelles on demandait à des experts de décrypter les paroles sibyllines de l’espion et d’évaluer le degré de dangerosité auquel nous étions exposés du fait de ses intrusions dans les systèmes de défense. Les informations distillées reprenaient presque mot à mot les confidences que Martin avait bien voulu me faire!… Aucune allusion cependant à ce que j’appelais le mythe de l’Atlantide, les Autorités préféraient manifestement s’en tenir à une version classique ou réaliste d’agent téléguidé par une puissance étrangère ou de mercenaire sans scrupule vendu à une organisation hostile… Et si Martin n’avait été qu’un simple lanceur d’alerte pris la main dans le sac? Le sort de ces personnes qui plaçaient l’intérêt général avant leur intérêt personnel et la tranquillité de leur existence n’était pas enviable. Elles tombaient sous les coups de la vindicte des puissants dès lors qu’un paravent de légalité protégeait les actions dévoilées, toutes frauduleuses ou immorales qu’elles fussent en réalité. On ne rigolait pas avec la préservation du secret, encore moins au ministère de la Défense, ce qui, d’une certaine façon pouvait se comprendre mais autorisait des dérapages dangereux pour la démocratie. Martin risquait de toutes façons quinze à vingt ans de prison, ce qui expliquait peut-être son obstination têtue à ne pas sortir du bois, à rester camouflé dans le flou de ses déclarations fantaisistes qui avaient le mérite de nourrir un véritable feuilleton médiatique autour de lui et de susciter une curiosité qui pouvait se révéler salvatrice, en sensibilisant  l’opinion à de possibles abus qui seraient commis contre lui au nom de la raison d’Etat…

     Ecrit depuis l’avenir

     2064

    

Que recherchait-il?

     Le fait est que nous avions retrouvé dans ses affaires de drôles d’appareils miniaturisés qui avaient été démontés, analysés, décortiqués par les experts du Service, qui conclurent que ces objets n’étaient répertoriés dans aucun fichier listant les matériels en usage dans les différents pays espionnés, il s’agissait vraisemblablement d’un type nouveau de matériel informatique dont ils allaient essayer de percer les secrets. Les intrusions de Martin dans les bases de données avaient laissé des traces qui montraient de sa part un grand intérêt pour les conflits contemporains mais aussi, bizarrement, pour la période, qui nous semblait déjà appartenir à une quasi préhistoire, allant de la seconde guerre mondiale à l’intensification de la guerre froide. Que recherchait-il?… Quand je l’observais dans la salle de documentation où il paraissait mener une mystérieuse enquête, il me donnait l’impression de confronter ce qu’il découvrait à un savoir antérieur qu’il aurait eu du monde. Que nous cachait-il? Quel était cet Etat inconnu de nous auquel il avait fait allusion avant de se fermer comme une huître quand les agents de Jean-François l’avaient cuisiné pour obtenir les informations qui nous auraient permis de le localiser?

     Drôle d’Histoire

     2055